LETTRE XXIV
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Je uo sais comment ]e vis, comment je puis vivre avec les violentes émotions que j'éprouve sans cesse. Etait-ce à moi d'aimer? Quelle âme ai- je donc reçue I Celles qui sont le plus sensibles, celle du comte mémoi qu'elle est loin de souffrir comme la mienne ! et cependant il l'aime bien cette même femme qui consume ma raison, mon bonheur et ma vie ; et qui, sans se douter de son empire, me verra peut-être niou- ' rir sans deviner la cause démon funeste sort. Cruelle pensée 1 Ah! pardonne, Valérie» ce n'est pas de'toi que je me plains, c'est moi que je déteste. La faiblesse seule peut être aussi malheureuse : toujours dépendante, elle a des tourmens qui n'osent aborder qu'elle ; je tratne à ma suite mille inquiétudes inconnues aux autres.
Mais j'oublie que tu ne sais encore rien;
non, tu ne conçois pas ce que j'ai souffert , Ernest ; j'ai si peu de raison, si peu d'empire