LETTRE DE BIADAME DE KRUDNER
la toucherait — Je n'ose rien ajouter : si r£ternel m'inspire, il aura soin de son ouvrage, et je n'ai pas besoin d'excuses. — Cette femme est madame G..., femme du ministre de... à Carslruhe. — Il y a six mois que j'ai ceci comme un grand devoir sur le cœur, n'osant écrire par la poste. Si vous me répondez là-dessus, Paul vous fournira des occasions.
Voilà douze pages, et j'écris encore. J'ai charge autrefois M . de Norvins de vous dire tant de choses! Ta-t-il fait? Que fait-il? Où allez-vous cet été? La santé de la reine est-elle meilleure? J'ai vu ici la jeune impératrice de Russie, belle, bonne et malheureuse. J'ai peint la reine à ses yeux comme ces beaux tableaux de Raphaël qui appellent les regards.
J'avais une malachite, magnifique déjà à Carlsruhe ; elle me parvint cassée, et je n'osai vous l'envoyer. J'en espère une de Moscou, que mon frère, qui a été prendre des bains en Asie, doit m'envoyer. Vous l'aurez, j'espère, avec le premier courrier. Parlez-moi un peu de la cour, si vous en avez le temps. — J'ai vu la princesse Wolkonski à Bade, *et lui ai beaucoup parlé de vous avec enivrement ; je vous écrivais une grande lettre à ce sujet ; elle est restée .
Que fait l'impératrice Joséphine? J'ai pour elle de cette inspiratioui de ce dévouement qui
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électrise ; j*ai le besoin de son bonheur. Parlez-moi de Navarre. Mademoiselle de Maceau est-elle avec elle? — J'ai vu un moment la charmante princesse Stéphanie... etnous avons parlé de la reine.
J'attends de vos nouvelles ; je vous conjure de m^en donner. Vivez heureuse, ma diarmante amie; peu d'êtres vous chérissent autant. Conservez vos bontés à Paul, ayez un peu d'amitié pour lui, pour sa mère et pour Juliette.
Puissé-jo vous revoir un jour, puissé-je renouveler à la reine ces hommages d'un profond respect, ce dévouement chevaleresque du moyeu âge que j'ai tracé dans mon Othilde.
Oh I que vous aimeriez cet ouvrage 1 il a été ' feit avec le ciel. Voilà pourquoi j'ose dire qu'il , y a des beautés.
Âdieuy adieu. Marie Stuart d'Ecosse disait en pensant à sa patrie : ce Tant doux pays de )) France I Mon cœur vous dit à travers les dis- ^ tances, vivez heureux sous ce beau ciel et X» vivez pour l'immortalité i commencez ici- » bas ces jours paisibles arrachés à la fragilité D humaine ; donnez à Dieu tout ce qui est ter- )> restre, et vivons de ces émotions heureuses y> qui vivent à jamais. » — Pressez pour moi respectueusement contre votre cœur ces mains royales que je voudrais arroser de reconnais-
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santés lannes. — Je tous embrasse mille et mille fois» aimable amie; à jamais votre toute dévouée.
Mille amitiés à M. de Norvins, «i vous le
voyez; rappelez-moi à M. d*Arjuzon. — Pardonnez-moi mon griffonnage. Juliette vient de eopier le passage de la lettre de la reine de Prusse. Je joins ici ce monument de sou âme angèlique.
Riga, 10 déeembie 1809.