‹ Valérie (volume 2)Chapitre 18 sur 30 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

HENRI, qui regarde sortir le comte ; VALÉRIE.

henri, à paît.

Il nous laisse, c'est fort heureux. (Haut.)

Ah! Valérie, je vous cherchais... rien n'égale

u. fatalité qui me poursuit.

VÀLÉlUE.

Quel dommage! je suis si heureuse, je voudrais que tout le monde le fût... Dites-moi vite votre chagrin.

HENRT.

J'ai vu Caroline... je lui ai parlé, et, après avoir bien hésité, je lui ai déclaré mon amour-

Valérie , souriant.

La belle avance ! Je le lui avais déjà dit....

HENRI

Je le sais, mais c'est égal.... j'ai eu le courage de le lui répéter.

TALÉRIE.

Eh bien?...

HENRI

Elle a ri d'abord mais elle paraissait

émue... Je sollicitais un aveu. ..je voulais savoir si j'étais aimé.... Enfin, elle m'a promis de me le dire après le départ de M. de Halz-

bourg.

Il me semble que c'est déjà quelque chose.

Mais c'est que le comte ne part pas ; il ne partira jamais. Il aime madame de Rlumfeld.. il veut l'épouser ! Elle convient elle-même qu'en restant dans ces lieux il le lui a déclaré formellement... Et le plus terrible, c'est qu'il est fort aimable... du moins à ce qu'elle prétend.

Vraiment!...

HENRI

Mais vous devez le savoir aussi bien qu'elle..

Non, je ne lui ai pas parlé.

HENRI

Il vous quitte dans l'instant. Ce jeune seigneur que j'ai vu sortir d'ici...

Valérie, avec joie.

Vous ne savez pas?... C'est Ernest !

HENRI

C'est le comte de lia zbourg.

Que dites-vous ?

HENRI

Je n'en saurais douter; j'étais présent à son arrivée.

Lui!... vous vous trompez; il n'a point de litres... de richesses... il me rauraitdit.

Qu'il vous l'ait dit ou non, c'est le comte de Halzbourg ; et c'est là celui que vous aimiez?

Oui; et quel qu'il soit , il est digne de ma tendresse: c'est le plus noble, le plus généreux des hommes ! Si vous saviez quel moti le ramène ici!. .. C'est pour moi.... pour mo seule qu'il revenait...

HENRI

Plût au ciel !... Mais malheureusement , je suis certain que c'est pour madamede Blumfeld... Car vous. Valérie, il ignorait que vous fussi z en ces lieux, et il devait toujours vou? croire à Olbruk.

Il connaissait Caroline... et il ne m'en a pal parlé... Et cet amour, ce mariage... Cela u'est

pas possible.;; puisque tout à l'heure encore il m'offrait sa main.

HENRI

Je ne vous comprends pas; vous doutez de tout.. Vous ne savez donc pas, Valérie, quels desseins peut concevoirun homme riche, qui «e croit sûr de l'impunité !... Pourquoi vous tacher et son nom et son rang, quand il ne Je laisse point ignorer à madame deBlumfeld? il est donc certain que j'ai raison, et que c'est elle qu'il a l'intention d'épouser.

Eh! de grâce, dispensez -vous de m'en donner tant de preuves !

HENRI

Pardon !... Mais c'est que vous n'êtes pas, comme moi, à même de tout observer... On dit qu'il est fort bien.... fort agréable... D'abord, il n'a pas produit sur moi cet effet-là. Il ne m'a pas paru bien du tout; mais ce qu'il y a de certain c'est qu'il y a dans sa physionomie un air de fausseté et de mystère.... et vous seriez de mon avis... si vous pouviez en juger...

Attendez... Au moment de me quitter, il a hésité... Je me rappelle qu'il tremblait... Oui... j'en suis sûre, il était troublé Mais comment soupçonner sa perfidie?... Sa voix était toujours la même... J'avais toujours le même plaisir à l'entendre... Non, mon ami, non, rassurez-vous, il ne voudrait pas me tromper.... Ce serait trop facile.

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