‹ Valérie (volume 2)Chapitre 9 sur 30 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Caroline, à la cantonade, (par le môme cabineM Qu'on mette des fleurs *îanp le salon, ej, qu'avant tout, on débarrasse la première cour. Dans l'état où elle est, il est impossible qu'une voiture puisse y entrer.

Ka mon Dieu, cousine, tu attends donc des gens à équipage?

CAROLINE

Oui, la personne avec qui je plaide.

quel est le but de celte visite 1

tfn arrangement à l'amiable!... Et que saitn? Il a le bon droit de son côté; mais je suis eune, jolie...

Jolie... Dis-moi, cousine, qu'est-ce que c'est que d'être jolie?

CAROLINE

Mais c'est... de plaire.

Et moi, suis-je jolie?

CAROLINE

Ordinairement, entré femmes, on n'en convient pas; mais avec toi, c'est sans conséquence, et je puis te l'accorder.

Valérie, avec satisfaction.

Ivint mieux. J'ignore pourquoi... mais ce que tu me dis là me fait plaisir... Eh bien donc, ontinue.

CAROLINE

Il est même déjà question de mariage... Je n'en serais pas éloignée ! Moi, je ne m'en cache pas, j'ai un faible pour la richesse, peut-être

parce que tout le monde en médit, et que ma générosité naturelle me porte à me ranger du parti des opprimés... Enfin je l'aime d'inclination... non pour elle-même, mais pour la considération et surtout pour les envieux qu'elle procure. Je ne veux pas souffrir qu'on me plaigne; et quand j'entends dire tous les jours avec une pitié maligne : Cette pauvre madame Blumfeld, se trouver sans prolecteur... sans fortune... quel dommage! Quand j'y pense, je deviendrais millionnaire... ne fût-ce que par dépit !

Et c'est pour de pareils motifs que tu veux vendre ton bonheur ?

CAROLINE

Non... mais je veux assurer le tien. Si j'épouse le comte de Halzbourg, Valérie, nul événement ne pourra plus nous séparer; rien au monde ne m'empêchera de passer ma vie avec toi... Tu vois donc bien que, quoi qu'il arrive, je suis certaine d'être heureuse.

Chère Caroline, combien je te remercie! .. Mais tu es dans l'erreur, et ce serait au contraire si tu épousais le comte de Halzbourg, qu'il faudrait nous quitter à l'instant même.

CAROLINE

Et pourquoi donc?...

Si je m'étais chargée de défendre un ami... un ami qui t'aime réellement... serait-il con venable que je devinsse la première cause de son malheur?...

CAROLINE

Eh mon Dieu !... quelle est donc la personne à qui tu t'intéresses si vivement? J'y suis : le colonel Saldrof?...

Du tout...

CAROLINE

L'intendant Kelmann?

Encore moins... Faut-il que ce soit moi qui te l'apprenne !

CAROLINE

. Écoute donc... je vois tant de monde!

Je suis donc bien heureuse de n'y pas voir, car j'ai découvert sur-le- champ le seul de tous ceux-là qui t'aimât sincéremenî; et quel aujre serait-ce que le bon, l'aimable Henri Milner.

CAROLINE

Ah ! le pauvre jeune homme ! C'est justement lui que j'ai pris peur confident et à qui tout à l'heure encore j'ai demandé conseil; j'ai toujours eu tant d'amitié pour lui l

Il t'en aurait bien dispensée dans ce moment-là.

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