Scène IX
LES MÊMES J VALÉRIE, qu' AMBROISE Suit de loin .
Valérie. ( Elle s'élance rapidement de la porte de côte.) Laissez-moi, laissez-moi; je vois ! je vois ! {Elle fait quelques pas au milieu du théâtre; puis s'arrête en chancelant et comme éblouie du rayon de lumière qui la frappe.) Qui m’a touchée ? qui m’a arrêtée ? ( Ouvrant de nouveau les yeux et étendant la main comme pour saisir l'air et la lumière.) Où suis-je ? quel est ce monde nouveau ? ces objets inconnus qui m’environnent, qui me touchent et que jé ne puis saisir ? {Se regardant et regardant autour d'elle.) Dieu ! je ne suis pas seule! O merveille que je ne puis comprendre! ô spectacle éblouissant qui confond ma raison ! Oui, c’est là le jour, c’est la lumière, c’est la vie ! {Croisant les mains et tombant à genoux .) O mon Dieu ! je te rends grâce, je sors de ma prison, j’existe!...
Caroline, allant à elle . Valérie, mon amie !
Valérie. Dieu, quelle voix ! c’est toi, Caroline ; laisse-moi te connaître, que je te regarde ! Que tu es belle! autant que tu étais bonne... {Elle se retourne , aperçoit Henri et le comte qui sont l'un à côté de l'autre .) Ah! {EUe les regarde , hésite un instant , puis va droit à Ernest. Arrivée près de lui , elle s'arrête , détache son bouquet et le lui présente.) Tiens, Ernest !
Le Comte, se jetant a ses genoux. Ah! je suis trop récompensé.
Ambroise, à Valérie , lui présentant un bandeau 1