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rectomie pratiquée après irradiation, de n’enlever que ce que les rayons viennent de stériliser. Mais, conime MM. Robert et Octave Monod, viennent de le montrer dans l'exposé de deux observations typiques, nous sommes encore trop ignorants sur la valeur réelle du radium pour ne pas nous couvrir de toutes les précautions nécessaires. Nous pouvons dire à l’heure actuelle qu'irradier un cancer du col au début, c’est le faire disparaître.
La littérature médicale possède assez de preuves à l’appui de cette ‘affirmation: nombreuses sont les observations d’utérus cancéreux, traités par le radium, amputés ensuite et qui, macroscopiquement et histologiquement, ne présentaient plus aucune trace de néoplasme. Pourquoi avoir enlevé ces organes? Parce que nous ignorons jusqu'où va la malignité du cancer. Nous ne sommes jamais sûrs de sa guérison, et c’est pour nous une satisfaction morale d’avoir supprimé le centre d’évolution du mal. : +
Le jour où nous serons certains du genre d'action du radium, où nous pourrons mesurer mathématiquement ses zones d’action, ce jour-là, l’hystérectomie pourra être abandonnée. 3
Mais, actuellement, même lorsque l’opération n’enlève que ce que le radium vient de stériliser, elle n’en garde pas moins toute sa valeur morale: elle est une garantie de plus.
Quant à ces loges sclérèuses pleines de cellules cancé-
reuses qu'Hartmann a peur de hbérer, ce semblent être des craintes toutes théoriques. Cemme nous l’ayons meu-
tré, au contraire, le tissu irradié dcit être moins dange-
reux à mutiler et l’existence de telles loges ne semble pas logique avec l’action nécrosante des rayons sur les cellu-
les cançéreuses, Peut-être une application mal dirigée
es
contre ün cancer très infltré pourrait-elle amener de tels foyers. Mais alors nous sortons du domaine de l’opérabhilité et le radium, éomme palliatif conserve Ià toute sa valeur. |
M. Bégouin, de Bordeaux, reprenant les idées de M. Hartmann, affirme non seulement l’inutilité, mais encore le danger de l'association de la chirurgie et du radium. Il ne semble pas avoir assez pesé les avantages de l’irradiation pré-opératoire, ne s’arrêtant qu’à la curiethérapie post-opératoire que nous étudierons dans le chapitre suivant.
Nous croyons avoir assez montré les avantages de cette méthode pour pouvoir essayer d’en poser les indications suivant l’étendue de la masse cancéreuse.
a) Cancer du col au début: bonne méthode.
b) Cancer du col à la limite de l’opérabilité: seule méthode.
c) Cancer du col inopérable: quelques résultats.
a) Combien de chirurgiens, en présence d’un cancer du col tout au début, rejettent encore le radium, pour s’en tenir à l’hystérectomie élargie. Pourquoi cette mutilation si dangereuse, à mortalité si élevée, tandis que la science met entre nos mains un moyen de traitement efficace et
| presque inoffensif. Les vieux adeptes de l’opération ne veulent pas croire à l’action des rayons pénétrants; les cancers au début leur ont donné les meilleures statistiques et ils s’en tiennent à leur vieille méthode. Et pourtant le radium ne demande qu’à répandre ses bons effets; il ne demande qu’à s'associer à la chirurgie pour faciliter son œuvre, en lui livrant un terrain plus propice et moins dangereux. | |
Dans un avenir tout proche, le radium aura ravi à l’hystérectomie son champ d’action préféré: le cancer du col
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MES limité. Mais aujourd’hui déjà, nous devons chercher à compléter ces deux méthodes l’une par l’autre; l’hystérectomie suivant l’irradiation nous apporte la tranquillité morale, et le domaine d’expérimentation anatomo-pathologique qui nous permettront de pénétrer les mystères de la radiumactivité.
b) Nous arrivons dans le domaine où le radium a déjà fait ses preuves et où il s’est imposé. Nous voulons parler du cancer du col de l’utérus ayant atteint ou quelque peu dépassé la limite de l’opérabilité Dans ces cas, le chirurgien avait autrefois à prendre une énorme responsabilité. Cliniquement, il est impossible d’affirmer qu’une masse néoplasique étendue n'’infiltre pas le paramètre d’une façon telle que l'intervention la plus audacieuse restera insuffisante.
Combien de ces cancers qui auraient peut-être bénéficié d’une hystérectomie hardie, ont été abandonnés par la crainte de la récidive brutale; combien de ces néoplasmes enlevés, ont donné des désastres opératoires.
Aujourd’hui le médecin n’a plus le droit d’hésiter, En présence d’un cancer étendu, à la limite de l’opérabilité, il doit chercher de suite dans le radium l’arme puissante qui lui permettra de remanier le terrain et de le rendre propice à l’intervention chirurgicale. :
c) Nous ne voulons pas sortir du sujet de cet ouvrage en nous arrêtant aussi longtemps qu'il le faudrait à l’étude du radium dans le cancer du col inopérable. Rappelons seulement que quelques cas ont été publiés, de ces masses néoplasiques infiltrées, fongueuses, à hémorragies incessantes, à ichor d’une fétidité intenable pour la malade et ceux qui la soignent, dont les masses bourgeonnantes ont rapidement disparu, supprimant avec elles hémorragies et fétidité, et faisant souvent place à une tu-
meur opérable.
RTS