CHAPITRE IV
Résultats éloignés de la néphrectomie
Mortalité secondaire
D'une façon générale la mortalité secondaire est plus forte que la mortalité immédiate.
IsRAËL, en se basant sur sa stastistique globale, indique comme cause de mort la plus fréquente la tuberculose pulmonaire et la cachetrie tuberculeuse (43,2 p. 100 de mortalité). Viennent ensuite les affeclions rénales (surtout la tuberculose du rein restant) avec une mortalité de 40,5 p. 100; enfin la fuberculose miliaire aiguë avec43,2 p. 100; celle-ci survient presque deux fois plus souvent dans les premiers six mois que dans la totalité des autres années de survie.
Plus de la moitié des cas de mort éloignée atteignent la fin de la deuxième année.
D'après Lecueu et Cuevassu, les morts lardives s'observeraient surtout dans l’année qui suit la néphrectomie. Le plus fort contingent serait également fourni par la bacillose pulmonaire; puis viendraient par ordre de fréquence : la tuberculose du rein con-
servé, la granulie, la méningite, enfin quelques causes banales.
Dans la statistique de RArIN, la tüberculose du rein restant vient en tête. Dans bien des cas elle existait déjà lors de la néphrectomie.
En ce qui concerne la statistique de M. AnDRé, sur 64 opérés, il nous faut signaler 11 cas de mort, soit 17,2 p. 100 de décès secondaires", concernant presque tous des sujets atteints de lésions déjà fort avancées au moment de leur entrée à l'hôpital.
4 malades moururent quelques années après l’opération, qui avait notablement amélioré leur état.
Deux d’entre eux succombèrent au bout de 2 ans et demi : l’un, de tuberculose pulmonaire et intestinale (obs. XXIID. L’autopsie ne put être faite, le malade étant mort dans sa famille. L'inoculation au cobaye, pratiquée peu de temps avant sa mort, s'était
révélée positive. Le rein restant était sans nul doute
tuberculeux; ce sujet présentait, en outre, de nom-
breuses complications génitales. Quant au deuxième:
malade (obs. XX VID), il succomba à la cacherie tuberculèuse.
Le troisième et le quatrième opérés moururent tous
deux d'urémie; l'un d'eux (obs. XXVIT) au bout de
8 ans après une anurie lotale de 48 heures. Pas d’autopsie. Chez ce malade, la bacillose du rein restant n'était pas douteuse.
Chez l’autre (obs. ID, mort au bout de 5 ans, l’autopsie révéla une néphrite atrophique du rein restant
qui, de même que la vessie, était indemne de tuber-
culose.
1. LeGueu et Cnevassu comptent 18 P. 100 de mortalité tardive
Les 7 autres opérés moururent tous dans l’année qui suivit l'opération (2 mois et demi à 1 an après). Chez tous la maladie avait débuté longtemps auparavant (6 ans dans le cas LID: il s'agissait donc de cas défavorables.
Un seul d’entre eux fut autopsié (obs. XLIV). On trouva de la fuberculose pulmonaire. Rein restant sain.
On ne peut qu'émettre des hypothèses sur la cause exacte de la mort des 6 autres et sur l’état du rein restant. Ce dernier était probablement tuberculeux dans le cas LIT (opérée morte de Cachexie tuberculeuse). Cette malade, qui souffrait beaucoup de son rein droit, avait été opérée malgré son mauvais état général. L'opération était du reste sa seule planche de salut.
La plupart présentaient, au moment de leur mort, de la tuberculose pulmonaire très avancée. Le malade de l'observation XVI succomba à la granulie.
Analyse des cas de survie (Statistique de M. André)
Pour l'étude de la mortalité opératoire et tardive de la néphrectomie, nous avons utilisé la statistique globale que nous avons détaillée plus haut.
Les détails qui vont suivre se rapportent exclusivement aux observations de notre Maître.
Deux raisons nous ont incité à procéder de cette façon : la première, c'est que la plupart des statistiques qui nous ont élé confiées manquent des détails
voulus; la seconde, c'est que nous possédons un nom-
bre de cas suffisamment élevé pour apprécier à leur Juste valeur les résultats lointains de la néphrectomie. D'autre part, une étude basée sur une statistique intégrale et bien homogène a plus de poids — nul ne le contestera — que l'analyse de statistiques multiples, forcément disparates.
Les cas de survie comprennent deux catégories L. les cas améliorés seulement d’une façon passagère; IT. les cas améliorés et guéris.