L. Cas améliorés d’une façon passagère
Sur les 51 opérés survivants, 3 ont bénéficié d’une amélioration passagère, mais inspirent des craintes pour l'avenir.
L'un d'eux (obs. XI), opéré dans de mauvaises conditions, a beaucoup bénéficié de l'opération et est resté très amélioré au point de vue général et vésical pendant 3 ans et demi: puis la plaie lombaire se rouvrait du côté opposé, el un abcès froid d'origine probablement vertébrale se formait du côté opposé. L'état général devenait mauvais. Bon fonctionnement du rein restant; inoculation toutefois positive.
Un autre opéré (obs. XI) est resté guéri pendant $ ans et demi; puis il vint à nouveau consulter pour un retour de cystite et une forte hématurie. Les lésions péri-méatiques constatées au Cysloscope, l’inoculation positive des urines font craindre une fuberculose du second rein, qui présente néanmoins un bon fonctionnement chimique.
Enfin, une femme opérée en mai 1910 (obs. XLVD), bien qu'améliorée, a été reprise d’hématuries: de plus, le fonctionnement du rein restant n'est pas très bon; l’inoculation, pratiquée à deux reprises différentes, a été chaque fois positive. Y a-t-il de la néphrite où de la tuberculose du second rein? Cette dernière hypothèse est la plus probable.
IT. Cas améliorés et guéris !
Il reste à considérer 48 opérés qui ont été très améliorés où même guéris complètement.
Tous ont été revus ou ont donné de leurs nouvelles à une date toute récente :
7 opérés de 5 ans à 10 ans après la néphrectomie.
1 — 5.ans à ,5 ans —
1/ — >ansà 3ans — S ee Mana moAANs —— À
AT
Les 7 derniers malades, opérés depuis moins d’un an, sont tous en bonne santé actuellement. Is ne sauraient cependant entrer en ligne de compte pour l'appréciation des résultats éloignés.
Notre étude portera donc uniquement sur les 41 néphrectomisés plus anciens et envisagera successivement les points suivants :
1° Etat général;
2° Etat de la vessie;
1. Noûs considérons ces cas en bloc, car les cas « améliorés », récents pour la plüpart, nous semblent encore susceptibles de guérison.
3° Modifications des urines;
4° Lésions génitales et pulmonaires;
5° Etat du rein restant:
6° Grossesse. — Interventions opératoires chez les sujets néphrectomisés.
1° État général
Les 41 opérés ont tous retiré un grand avantage de la néphrectomie à ce point de vue. La moitié d’entre eux présentait avant l'opération un état général mauvais ou médiocre; ils ont tous repris leurs forces; l'appétit est revenu assez rapidement.
Pour donner une idée de l'amélioration des phénomènes généraux, nous insisterons sur ce fait que fous ont gagné en poids après l'intervention.
Ce gainaété de 1 à 5 kil. dans 9 cas.
S opérés ont « engraissé » sans pouvoir préciser de chiffres.
Enfin une malade a gagné, dit-elle, 30 kilos (obs. XVIT). Deux néphrectomisés en pleine croissance lors de leur opération et revus longtemps après, ne peuvent pour cette raison entrer en ligne de compte (obs. XV et XLIT). Quatre opérés, enfin, ont acquis un poids supérieur à celui qu'ils avaient étant bien portants.
Beaucoup de malades ont pu reprendre leur travail, souvent fatigant, dans un délai assez court. L'un d'eux a accompli sans inconvénient une période militaire.
I convient de ne pas oublier que les néphrectomisés pour tuberculose sont des tuberculeux, et qu'il y à intérêt à les traiter pendant un certain temps
Comme tels, Nous n’insistons pas sur le traitement général de la tuberculose auquel on pourra adjoindre la tuberculinothérapie. Les résultats éloignés sont oujours meilleurs chez les malades de clientèle que chez ceux du milieu hospitalier, à cause de la facilité plus grande qu'ont les premiers à suivre un traitement post-opératoire prolongé.
2° État de la vessie
La grande majorité des malades présentait avant l'opération des troubles vésicaux très pénibles, correspondant le plus souvent à une tuberculose vésicale avec infection secondaire.
La douleur à la miction est le symptôme qui disparut le plus vite et le plus fréquemment après l’opération.
Dans 31 cas sur 4r, les douleurs cédèrent complètenent: dans 8 cas eut lieu une atténuation très sensible des phénomènes douloureux: dans 2 cas seulement, les malades ne furent que légèrement améliorés.
En ce qui concerne la pollakiurie, nous notons les résultats suivants :
Amélioration légère dans.......... 6 cas. Amélioration nette dans........... 17 — Guérison complète (mictions norma-
EI AG ETS LES D ES RE SEE To
Ces résultats furent obtenus au bout d'un temps variable.
Il y eut amélioration rapide (en quelques jours à 3 mois après l'opération) dans 15 cas: amélioration moyenne (3 mois à 1 an après l'opération) dans 18 Cas; amélioration tardive (plus de r an après l'opération) dans 7 cas.
Dans quelques cas (ainsi dans l’obs. XLVII), des troubles fonctionnels intenses cédèrent aussitôt après l'intervention: il s'agissait de troubles vésicaux ré- TErESr | Chez 2 opérés par contre, la pollakiurie ne s’améliora qu’au bout de plus d’un an et demi!
Il était intéressant de savoir si à une diminution des troubles fonctionnels correspondait la régression des lésions anatomiques. Aussi M. ANDRÉ et nousmême avons-nous examiné récemment 27 opérés au cystoscope. Chez 4 d'entre eux, nous avons constaté la persistance ou l’aggravation des lésions tuberculeuses vésicales. Mais ces 4 cas concernent des opérés morts ultérieurement ou améliorés passagèrement.
Restent 23 examens cystoscopiques qui se rapportent aux 41 opérés « améliorés » ou « guéris ».
Chez presque tous, les chiffres comparatifs indiquent une augmentation de la capacité de la vessie. Ceux qui avant l'opération n'avaient pu être examinés à cause de leur intolérance vésicale, admettent facilement 100 à 200 grammes de liquide; les autres ont une capacité normale.
Dans beaucoup de cas, parmi les plus anciens, nous avons constaté que les lésions tuberculeuses ont complètement disparu; tantôt la région du méat urétéral du côté opéré présente un aspect cicatriciel; tantôt la vessie paraît absolument normale.
Souvent nous avons observé des lésions vésicales en voie de régression offrant l'aspect des images représentées sur les planches cystoscopiques A (fig. IV) etB (fig. VIT et VI. :
Dans d’autres cas, les ulcérations tuberculeuses constatées avant l'opération ont bien guéri, mais la vessie présente encore de la congestion au niveau du col et du méat urétéral.
Enfin, dans les cas moins favorables, la vessie, Sans présenter de lésions tuberculeuses, est encore rouge dans toute son étendue.
Dans cette dernière catégorie figurent plusieurs des derniers opérés de M. AnDpré. Tous suivent un traitement post-opératoire qui, nous l’espérons, améliorera encore l’état de leur vessie.
On voit donc d’après les données précédentes quelle heureuse influence la néphrectomie exerce, dans la grande majorité des cas, sur les symptômes vésicaux, surtout lorsqu'on lui adjoint un traitement local; le meilleur, selon nous, consiste à pratiquer des injections intra-vésicales d'huile goménolée ou gaïacoléeiodoformée, qui nous a toujours donné les meilleurs résultats. Aussi ne voyons-nous pas l'avantage du trailement si douloureux de Rovsiné par les injections d'acide phénique, qui n’est pas plus efficace. Disons toutefois que, dans des cas heureusement fort restreints, la néphrectomie est impuissante à guérir la cystite, l’affection vésicale étant alors entretenue par une tuberculose du second rein, par un moignon urétéral infecté, par des lésions génitales, enfin par des lésions vésicales trop invétérées pour être encore curables.
D'où la nécessité de pratiquer la néphrectomie à un stade précoce, pour ne pas en être réduit à recourir à des interventions telles que l’erclusion vésicale.
sur laquelle nous avons tout récemment attiré l’attention”, après Wizzeus, Lecueu et Di CuraRA.
3° Modifications des urines
Les urines macroscopiquement très troubles avant la néphrectomie dans la grande majorité des cas sont devenues complètement claires après l'opération dans 24 cas sur 4r. Dans 9 cas, elles sont restées légèrement troubles, dans 8 cas seulement un peu louches,
La durée de la clarification a été souvent fort longue (1 an et demi dans 3 cas).
Hématuries. — Dans 3 cas (obs. IV, VII, XXVIID), les urines ont contenu, d’une façon intermittente, du sang pendant environ 2 ans; puis les hématuries ont disparu. Dans 2 autres cas (obs. XXII, XLVIT), ont persisté de légères hématuries terminales. Dans tous ces faits, la vessie nous semble seule devoir être incriminée.
Dans quelques rares cas, le microscope seul décela quelques hématies.
Sable urinaire. — PoussoN? a signalé que parfois des néphrectomisés pour bacillose rénale rendent par la suite de grandes quantités de sable dans leurs urines, alors qu'avant l’extirpation du rein celles-ci n’en Contenaient pas traces. Ce fait serait dû à la suralimentation et à la médication reconstituante et tonique auxquelles on soumet les opérés. Pour notre part, nous n'avons pas observé pareil phénomène. Cependant une de nos malades (obs. 11), qui présente dans ses urines de notables quantités d'urate ammoniaque,