‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 174 sur 184 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — La tuberculose rénale est une affection à évo- Jution progressive, qui peut subir parfois des temps d'arrêt, mais qui finit tôt ou tard par enlever les malades, soit par elle-même, soit par ses complications.

La seule forme de « guérison » est la tuberculose massive avec oblitération de l’uretère qui aboutit à la destruction complète du rein, à une véritable « auto-néphrectomie ».

Cette éventualité, rare d’ailleurs, ne peut nullement être escomptée à l'avance; elle ne se réalise qu’à la suite d’une longue évolution morbide échelonnée de souffrances et de dangers.

On peut donc dire que pratiquement la guérison spontanée de la bacillose du rein n'existe pas.

Le traitement général de la tuberculose, la tuberculinothérapie peuvent procurer des améliorations passagères, mais sont incapables d'amener la guérison radicale, définitive. Celle-ci n’est possible qu'après une intervention chirurgicale : la néphrectomie.

IT. — L'étude des théories pathogéniques de la tuberculose rénale démontre que, presque toujours, cette affection est d’origine sanguine, hématogène.

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Toutes les autres théories peuvent être invoquées, chacune dans tel cas particulier; mais, contrairement aux idées des anciens auteurs, c’est le processus descendant qui est de beaucoup le plus fréquemment réalisé : l'infection arrive au rein par voie sanguine; de là, elle s'étend aux uretères et à la vessie.

Cette notion essentielle a révolutionné la thérapeutique de la tuberculose rénale: la pathogénie descendantè légitime la néphrectomie dans la plupart des cas où l’affection est unilatérale — ce qui est la règle au début — et (tout au moins cliniquement) primitive.

L'opération devra être aussi précoce que possible: si le chirurgien temporise, il risque de se trouver en présence de cas inopérables, principalement du fait de l'atteinte du second rein. L'opération retardée est presque toujours plus difficile, plus grave, moins efficace.

Le diagnostic précoce est possible aujourd’hui, grâce aux procédés modernes d'exploration fonctionnelle des reins, grâce surtout au cathétérisme urétéral.

[IT — La néphrectomie sera effectuée par voie lombaire dans la très grande majorité des cas: l’urétérectomie totale n'est indiquée que dans des cas exceptionnels.

De l'étude d'un grand nombre de statistiques, globales et particulières, on peut tirer les conclusions suivantes

La mortalité opératoire de la néphrectomie pour

tuberculose est très faible. M. le Professeur agrégé ANDRÉ ne compte, en effet, que 2 décès immédiats sur 66 cas personnels.

La mortalité ultérieure est un peu plus chargée. Elle est due surtout à la tuberculose pulmonaire, beaucoup moins souvent à la tuberculose du deuxième rein (préexistant presque toujours à l’opération). L'anurie post-opératoire a disparu ou à peu près depuis l'emploi du cathétérisme urétéral.

Pour l’étude des suites éloignées de la néphrectomie, la statistique intégrale de M. ANDRÉ est parfaitement utilisable, puisqu'elle comprend des opérés revus à très longue échéance, plusieurs de 5 à 10 ans après la néphrectomie.

L'opération exerce une influence des plus heureuses sur l’état général qui se relève, sur l’état de la vessie : les symptômes fonctionnels de cystite régressent; la cystoscopie permet de constater, dans un très grand nombre de cas (cas précoces surtout), la œuérison anatomique des lésions vésicales.

Les urines s’éclaircissent après un temps variable, quelquefois fort long.

Les lésions génitales et pulmonaires, lorsqu'elles sont légères, régressent parfois après l'intervention.

L'analyse histo-chimique de l'urine, son inoculation au cobaye, permettent de se rendre compte de l'intégrité fonctionnelle du rein restant dans la grande majorité des cas; les lésions légères de néphrite s’améliorent le plus souvent.

La grossesse évolue en général normalement chez les anciennes néphrectomisées; les maladies infec-

tieuses n'ont qu'un faible retentissement sur le rein unique.

Quant aux interventions chirurgicales, elles sont en général bien supportées, même lorsqu'elles portent sur ce rein (néphrotomie, néphropexie).

La néphrectomie précoce constitue le traitement de choix de la tuberculose rénale, hormis quelques contre-indications spéciales tirées d’un état général particulièrement mauvais, de localisations tuberculeuses multiples, et surtout de l’état du second rein lorsqu'il est atteint de néphrite grave ou de tuberculose; cependant une atteinte tuberculeuse légère du rein adelphe n’est pas une contre-indication absolue.

Vu:

Nancy, le 1° juillet 1972.

Le Président de la thèse, GROSS.

Vu :

Nancy, le 1% juillet 1972.

Le Doyen, GROSS.

Vu et permis d'imprimer :

Nancy, le 2 juillet 1912.

Le Recteur de l’Académie, Cu. ADAM, Correspondant de l'Institut.

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