‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 20 sur 184 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Étude clinique sommaire de la tuberculose rénale

Après avoir passé en revue les principales lésions anatomo-pathologiques de la tuberculose rénale et leur évolution habituelle, il nous reste à donner un aperçu sur l’évolution clinique la plus fréquente. Nous serons bref, car nous serons obligé de revenir sur cette question à plusieurs reprises au cours de notre travail, et nous voudrions éviter des redites inutiles.

Vox OPpEL' reconnaît au point de vue clinique quatre périodes : 1° la période de l’évolution latente (tuberculose corticale); 2° la périodé allant de l’infection des pyramides à celle de la vessie; 3° la période de l'affection déclarée de la vessie; 4° la période de l'atteinte bilatérale des reins.

Cette division nous semble exacte dans ses grandes lignes. Cependant nous ferons remarquer que la période de latence ne correspond pas toujours aux premiers stades de l'affection. Plusieurs auteurs — et parmi les publications récentes nous citerons celles d’'OraIsoN” et de WizpBozz — ont rapporté des cas

1. Vox OrPPez. Tub. der Nieren. Folia urologica, t. 1, 1907-1908, p. 438-516. 2. Oraison. XIIe session de l'Ass. franç. d'Urologie, Paris, 1908, p. 378.

dans lesquels un rein était complètement détruit sans avoir jamais donné lieu à aucun symptôme ou à des symptômes excessivement atténués.

A joutons que pareil fait est loin d’être exceptionnel lorsqu'il existe une oblitération de l'uretère.

D'autre part, dès le début de l'affection, il peut se produire des symptômes très sérieux; Nicoricn' signale un cas dans lequel il fut amené à une opération par des hématuries très abondantes et très graves.

Il pratiqua la néphrectomie d'un rein dont la seule lésion consistait en une petite ulcération au niveau d'une papille (voyez : forme « papillaire » de la tuberculose rénale).

Mais, dans les cas habituels, un petit foyer tuberculeux dans la zone corticale ne donne lieu qu'à des symptômes très estompés que le médecin doit connaître pour envoyer aussitôt le malade à un chirurgien urinaire. Celui-ci établira un diagnostic ferme après avoir pratiqué un examen instrumental et étudié l'exploration fonctionnelle des reins.

Parmi ces symptômes initiaux, très bien décrits par Braux et CRüET* dans leur excellente étude sur le « diagnostic précoce de la tuberculose rénale », certains, comme la cystalgie réflexe, l'incontinence nocturne d'urine, surtout chez les enfants (ALDIBERT”, Bazy), l'hématurie, la douleur, sont bruyants, tandis que d’autres, tels que la polvurie claire, puis trouble,

1. Nicoric. Folia urologica, t. 1, juin r907, p. 23-37. ». BRAUN et CRUET. Annales génilo-urinaires, 1900.

no . . . . > . + ALDIBERT. De la chirurgie du rein chez l'enfant. Revue des maladies de l'enfance, 1893.

re et surtout l’albuminurie prémonitoire (Bazy') sont extrêmement insidieux et ne sollicitent pas l'attention des malades (TrissiEr).

Il est des tuberculoses rénales, surtout au début, qui se manifestent par des symptômes trompeurs tels que des coliques néphrétiques, faisant croire à une lithiase (forme douloureuse de TUFFIER) ; d’autres ne sont révélées que par une lésion secondaire des organes génitaux (épididymite bacillaire le plus souvent) cachant une tuberculose rénale latente; CAME- LOT, Moscou, en ont cité des observations au Congrès d'urologie de 1910; DEsxos, à ce même Congrès, en a rapporté plusieurs autres faits; dans l’un d’eux la néphrectomie mit à jour un rein anciennement atteint renfermant des cavernes énormes et multi-

ples.

Symptômes vésicaux

Bien plus souvent la tuberculose du rein se manifeste par des symptômes vésicaux : troubles légers au début, mais révélateurs de la bacillose rénale, silencieuse par ailleurs.

Ces signes vésicaux sont excessivement fréquents, pour ne pas dire constants.

Habituellement d'origine réflexe tout au début de la maladie, ils correspondent plus tard à des lésions de cystite banale parfois, mais plus souvent à des lésions tuberculeuses de la vessie.

1. Bazyx. Albuminurie prémonitoire de la tuberculose rénale chirurgicale. Soc. de Chir. de Paris, 29 mars 1905.

Selon WacxEer’, dans la moitié des cas de bacillose rénale, la vessie serait tuberculeuse également.

ISRAËL, dans ses observations personnelles, à noté la bacillose vésicale dans 40,9 p. 100 des cas.

Cette proportion nous semble même trop faible si nous nous basons sur les observations de M. le Prof. agrégé ANpRÉ; car dans la majorité des faits la cys- Loscopie révélait des lésions sûrement tuberculeuses.

Dans les cas avancés non opérés, l'atteinte de la vessie est encore bien plus habituelle.

Cette fréquence extrême des symptômes vésicaux, bien connue des chirurgiens urinaires, l'est moins des médecins qui trop souvent croient à une cystite primitive et se contentent d'un traitement local, lequel peut tout au plus produire quelques améliorations passagères, mais est incapable de procurer la guérison définitive, puisque la vessie reste soumise à l'influence du rein malade.

Les récents travaux de Poussox, de LEGuEu, de CLÉMEXT, la thèse d'AGosriN® (inspirée par Poussow), venant après tant d'autres, ont bien contribué à répandre ces notions.

« Au début de l'affection, les troubles vésicaux traduisent la lésion rénale, absolument conime la douleur de l'épaule droite est révélatrice de certaines affections hépatiques » (Poussow).

Les urines étant claires, limpides, les troubles sont de trois ordres : 1° Troubles moteurs. La vessie est «<irritable » par crises brusques, passagères, intermit-

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