‹ Valeur de la Néphrectomie: Dans la Tuberculose RénaleChapitre 64 sur 184 · ViGnERON. Loc. cit., p · texte numérisé non relu

ViGnERON. Loc. cit., p

8. Guyon. Cystite tuberculeuse. Annales des mal. des org. génit.-urin... 1886, p. 147. À

In. Tuberculose rénale. Annales gén.-urin., sept. 1888, y. 582.

Cette notion étant généralement admise, on conçoit que les chirurgiens aient hésité dans bien des circonstances à enlever un organe qu'ils supposaient malade secondairement, alors que les lésions de la vessie, atteinte, selon eux, la première, continuaient à évoluer.

De plus, à cette époque, on croyait encore à l'efficacité d’un traitement purement médical, et même à la possibilité de la guérison spontanée de la tuberculose rénale.

Les indications opératoires étaient de ce fait bien moins étendues que de nos jours. Seul le « rein chirurgical » de BrissauD et de Du PASQUIER était justiciable d’une intervention; cette forme était caractérisée par les grosses lésions de la tuberculose ulcérocaverneuse, arrivée à un stade avancé de son évolution. Tous les autres cas relevaient de la médecine interne (« rein médical » de BRissAUD).

« La tuberculose primitive du rein, écrivait LARoce’ en 1896, est une affection surtout médicale, qui demande un traitement médical... »; et, plus loin « Les grosses lésions : abcès tuberculeux, hydronéphrose, phlegmon périnéphrétique, sont justiciables de l'intervention chirurgicale ». En d’autres termes, seuls les cas avancés, c’est-à-dire défavorables, étaient réservés à la chirurgie.

Aussi n’y a-t-il pas lieu de s'étonner que les statistiques anciennes aient été assez peu brillantes.

Si la technique était moins perfectionnée, si les pré-

1. Larocme. De la tuberculose primitive des reins. Etude expérimentale et clinique. Thèse de Bordeaux, n° 84, 1895-96.

= ObS cautions d’asepsie et d’antisepsie étaient moins bien observées que de nos jours, il n’en est pas moins vrai que la manière d'envisager les indications opératoires de la bacillose rénale était, avec l'insuffisance des moyens d'exploration rénale, la principale cause des échecs de la néphrectomie.

Le diagnostic précoce de l'affection n'était alors pas possible, étant donné le manque de moyens permettant d'apprécier la valeur fonctionnelle des reins. Mais l’eût-il été, les interventions précoces n'auraient pas été beaucoup plus fréquentes pour cela. « L'intervention chirurgicale n’est pas légitime lorsqu'elle est pratiquée dans le seul but de supprimer le foyer tuberculeux avec la prétention d’enrayer la maladie », concluait LAROGHE (loc. cit.) dans sa thèse; autrement dit, la néphrectomie précoce systématique, sauf indications spéciales, telles que « hématuries abondantes menaçant la vie du malade » ou « douleurs violentes », n'était nullement admise.

La néphrectomie n'était pas la seule intervention pratiquée dans la tuberculose rénale, et la néphrotomie ou mieux néphrostomie, considérée aujourd'hui comme un simple palliatif ou une opération d'attente, occupait, vers le milieu de notre seconde période, une place importante parmi les modes de traitement de cette affection : elle avait la prétention d’être curative au même titre que l’ablation du rein.

La néphrotomie, conseillée déjà par HIPPOGRATE, fut proposée par Ta. Smiru! en 1869 comme traite-

1. Smir (Ta). Nephrectomy as a means of treating renal calcul chir. Transactions, 1869, vol. LII, PPT: S ee dE

RTE ment des calculs du rein et pratiquée pour la première fois pour cette affection par Durnam le 3 février 1850, puis par Moses-Gunv” en Amérique. Nous avons vu déjà que l'opération de Duran nécessita deux ans plus tard une néphrectomie qui fut suivie d’une issue fatale. Quant à celle de Moses Gun, elle fut purement exploratrice, et le malade guérit.

Bryant fit la première néphrostomie pour bacillose rénale le 27 juin 1870. Il ouvrit une volumineuse pyonéphrose qu'il croyait calculeuse et qui était en réalité de nature tuberculeuse; l'intervention, trop tardive, ne donna aucun résultat.

De 1870 à 1880, la néphrotomie ne fut pratiquée qu'environ une demi-douzaine de fois, si l'on en croit Dicrinson“. Car, chose bizarre, l’on craignait plus encore d'ouvrir le rein que de l’extirper. Il est vrai que, dans chaque cas, il y avait une grosse pyonéphrose, faisant plus ou moins saillie dans la région lombaire et accompagnée d’un mauvais état général. Dans la majorité des cas, il s'agissait de pyonéphrose calculeuse. »

Après 1880, la néphrostomie gagna du terrain et fut mise par plusieurs chirurgiens sur le même pied que la néphrectomie dans le traitement de la tubereulose rénale, même unilatérale.

Ses principaux champions étaient: GUYON,TUFFIER, Le Denru, Deswos, en France; Morris, GoLDING-BIRD, BarweLz, Lucas, CLARKE, Erper, en Angleterre;

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