VONS
ANT BETÉ
Hémorragie. — Infection Ogs. XXXIX (inédite)
La nommée D. Ipare, âgée de 21 ans, entre à la Maternité de Lariboisière le 7 janvier 1905 accouchée en ville et non délivrée. Au début de sa grossesse elle aurait eu des taches roses sur le corps, surtout aux cuisses ; depuis 15 jours elle dit perdre ses cheveux en proportion notable et depuis 8 jours elle tousse et est presque aphone.
Le 7 janvier au matin, elle ressentit de violentes dourleurs dans les reins et dans l'abdomen. Elle était seule dans sa chambre, sans feu. À 5 heures de l'après-midi elle se leva croyant avoir envie d'aller à la selle : elle perdit subitement les eaux et accoucha aussitôt d'une
‘fille de 3.300. Elle coupa elle-même le cordon et se re-
coucha, absolument gelée. Elle perdit alors abondamment d’après ce qu'elle dit, jusqu’à l’arrivée de son mari, à 8 heures du soir. Une sage-femme Ia vit et lenvoya à Lariboisière où nous la recevons à 10 h. 40.
Elle est presque froide, a 35,5 de température, n'a pas de pouls, est très pâle et semble exangue. Elle à perdu un peu dans la voiture d’ambulance mais ne perd pas.
Pendant qu’on lui fait une antisepsie vulvo-vaginale soignée, nous Ross une prise de ne et nous trou.
Hémogl. 65 — 9.5 GI. R. 4.130.000 Re ; GI. BL. 10.750. | En dépit de l'apparence très grave de l'état général, la femme ayant insisté sur ce fait qu'elle avait eu très froid chez elle toute la journée (7 janvier), le dosage de l'hémogiobine nous donnant 65 au Gowers et 9,5 au Malassez nous voyons que la femme n'est pas
irès saignée et ordonnons qu'on la réchauffe et lui.
fasse boire un todd pendant que nous allons faire la numération globulaire qui achève de nous renseigner. Nous faisons ensuite chez cette femme réchauftée,
ranimée en quelque sorte, la délivrance artificielle ren-
due un peu difficile par la rétraction de l’anneau de Bandi. Aussitôt après l'évacuation de l'utérus, nous faisons une injection d'ergoline, une injection intra-
utérine iodée, puis une à l’eau très chaude. L'utérus
se rétracte. Nous faisons une injection sous-cutanée de 1.200 gr. de sérum et tout le grand jeu habituel: linges chauds, briques chaudes, todd, thé au rhum (la malade a très soif), caféine, éther, oxygène. Aussitôt après le. séii le pouls est dat mais bien frappé et régulier, il bat à 144.
Deux heures PRTCE la femme est tout à fait bien: elle a 36,5 et 96 pulsations.
Le 8, 37.4. Injection re iodée. Utérus mou, un peu douloureux.
Le 9, 38.4 et 39. 2 injections utérines iodées, 300 gr.
| de sérum ; 0 gr. 50 de quinine.
Le 10, 38 — 39. Même traitement. Lochies légèrement fétides. æ
Le 11, 38,2 — 39. Utérus douloureux. Injection utérine à l’eau oxygénée. Le soir : curettage, écouvillonpage : nous ne ramenons que de petits débris.
Les jours suivants la femimne guérit progressivement de cette infection légère. Elle prend un régime reconstituant dont la viande crue fait la base.
Le 21 janvier, la femme encore faible veut sortir en
dépit de nos conseils. Nous lui Éna un examen de
sang :
pe Hémoglobine 50 — 7,5
GL rouges 2.650.000 G1.-blancs 10.833.
. Nous revoyons la femme le 3 février. Elle est tou
jours assez faible, dit-elle, et ne peut pas se fatiguer.
Nous trouvons :
Hémoglobine 50 — 7 Globules rouges 2.347. 000 GI. blancs 1083
HÉMATOMES RÉTRO-PLACENTAIRES | O8s. XL
Il s'agit d'une quartipare ayant eu de l'éclampsie !
à ses premières gTOSSsesses, une troisième grossesse
normale ; au début de la grossesse actuelle, elle
avait été mise au lait par son médecin pendant 3 semaines. Elle entrait le 9 mai à 6 heures
du matin dans le service de M. le D' Bonnaire pour
début de travail. Elle était à 7 mois 3 semaines envi-
ron ; il n'y avait pas trace d’albumine. Le pouls était
à 7, la température de 36,8. La sage-femme de garde
qui examina cette femme fut tout de suite frappée par
l'extrême tension presque continuelle du venire je rendait le palper impossible. |
M. Bonnaire vit la femme à 10 heures et Ru à atteindre les parties fœtales par le palper ; celui-ci était très douloureux. Au toucher, M. Bonnaire trouva un col entr'ouvert, à bords œdématiés. En dépit des douleurs accusées par la femme et de la dureté de l'utérus, les membranes restent flaccides, l'œuf n’est pas tendu. Le doigt perçoit cependant à
travers le segment inférieur une tête qui ballotte avec
la plus grande facilité. A l’auscultation on n'entend
pas de bruits du cœur. Le pouls bat 90 et est bien
frappé.
M. Bonnaire, éliminant d'emblée le diagnostic de rupture utérine, discute les deux diagnostics. d' hydram-
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nios avec enfant vivant et d'hématome rétro-placentaire avec enfant mort. Dans le doute, notre maître nous prie de faire le dosage de l'hémoglobine de la parturiente, A l'aide de l'hémoglobinomètre de Gowers, nous savons 3 minutes après que cette femme n'a plus que 65°], d'hémoglobine. Comme il y na pas eu d'hémorragie externe ni en ville ni dans le service, nous concluons, en dépit du bon état général de la femme, à une hémorragie interne, M. Bonnaire affirme alors le diagnostic d'hématome rétro-placentaire.
Nous surveillons la femme tout spécialement.
A 7 heures, le col présente une dilatation de D francs. Nous faisons prendre à la femme un bain d'une heure. À 11 h. 30 la rupture spontanée des membranes se produit. À 1 h. 35 la femme accouche d’une fille morte de 1.730 grammes. Cinq minutes après, la délivrance naturelle et complète se fait. Le placenta sort pesant 400 grammes, et est suivi aussitôt de 270 grammes de sang liquide et de 630 grammes de caillots. Les suites furent normales, il n'y eut pas d'hémorragie après la délivrance.
Nous avons communiqué cette observation à la Société d'obstétrique de Paris, le 15 juin 1905. Le diagnostic clinique positif était très difficile : l'hémoglo- ’binométrie le facilita. Le Gowers ne sera peut-être pas toujours aussi complaisant ; mais cependant il est toujours bon de l’'employer dans les cas où l'on soupçonne une hémorragie interne. Il a encore donné des résultats positifs dans l'observation suivante.
Bandl,est complète à 2
. Hématome rétro-placentaire
Ons. XLI (inédite)
(Due à l'obligeance de notre collègue Clément)
Mme M., 38 ans, ménagère, Ilpare, arrive en ambulance le 3 octobre à . minuit à la Maternité de Lari-
boïsière.
La malade est très pâle. Pouls 95. L'utérus cos dur,
ligneux, douloureux au palper.
Le col ramolli, non effacé, permet d'arriver sur la tête dont les os chevauchent facilement. La poche des : eaux est intacte, tendue; le segment inférieur est épais. Les bruits du cœur sont nuls. La malade ne’ perd pas.
D'après les renseignements qu'elle donne, elle. ne tend avoir eu aujourd'hui une hémorragie assez abondante survenue lorsqu'elle était au lit, sans douleurs.
Elle a constaté que son ventre avait augmenté immédiatement de volume et était devenu dur, douloureux ; elle se plaint de douleurs dans les reins, de troubles de la vue. À
Les urines renferment e l'albumine. L'éramèn au Gowers donne 59. Le diagnostic d'hématome rétroplacentaire est posé et, vu l’état de la malade, On intervient immédiatement. |
La dilatation bimanuelle commencée à L'heure du matin, très pénible par la rétraction ‘de’ l'anneau de
un enfant mort pesant. 1.650 gr. par le forceps. à
La malade expulse des cailiots: dix minutes après l'extraction de l'enfant, délivrance “naturelle complète avec membranes déchirées ; le placenta pèse 380 gr ; derrière sortent de nombreux et volumineux caillots.
h. 45: X ce moment on extrait
re LE
man 4 4 # la malade est calme, tégérement colorée ; les su mn KR Rent sont réchaultées ; elle ne perd pas. P.—140. RAT A4 b. 40, la malade se décolore et s’agite en même Le temps qu éclate une hémorragie. assez abondante: - * P. — 150 — Respiration = 83. L'utérus est ramolli, à : peine perceptible, remonté au-dessus de lombilic; î AD lorsqu'on le presse, il sort un flot de caillots. On faitle Le massage utérin ; la malade continue DETTE. he, & +4 & Le tamponnement intra-utérin est pratiqué; il est a 1 immédiatement traversé ; le sang coule en nappe EN CRE même temps que la malade s’affaiblit malgré une in Le Se jection intra-veineuse de 1 800 gr. de sérum, et des; ; 10 AE . piqûres de caféine, d’éther et d'ertphte. >" mu cs fe Fa A5h. 50 la malade meurt. dE ARR nt.
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