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Rappel des conditions de détermination des deux réactions étudiées
Très rapidement, cependant, nous rappellerons tout d’abord les grandes lignes des techniques utilisées pour les deux déterminations : Pour la réaction de Floculation à la Résorcine, de VERNES : on part de 6 cmc 6 de sérum frais parfaitement clair (nécessité donc, pour le malade, d’être à jeun lors du prélèvement). On y ajoute O0 cmc 6 d’une solution de résor- * cine à 1 gr. 25 % dans l’eau bi-distillée ; on mélange et lit de suite la « densité optique » au photomètre de Vernes gradué de 0 à 250.
Quatre heures après, une nouvelle lecture est effectuée ; la différence entre le second et le premier chiffre considéré comme témoin, donne la valeur de Ja réaction.
Cette réaction, utilisée au début surtout dans la tuberculose, est considérée comme négative si elle aboutit à une valeur inférieure à + 15. La vitesse de Sédimentation Globulaire peut être évaluée suivant diverses méthodes. Ici les chiffres auxquels nous nous référons ont été obtenus avec la technique indiquée par WESTERGREEN :
NE RS à FLE
Le sang est recueilli à volume voulu dans une seringue contenant une proportion donnée de solution de Citrate de Soude anti-coagulante. Dès le mélange effectué on transvase dans une pipette spéciale graduée de 0 à 200 mm. La sédimentation des hématies se fait progressivement. On la mesure en notant après une heure, et souvent 2 heures et 24 heures, la hauteur du plasma surnageant. Normalement, elle ne Moit pas dépasser :
3 à 5 mm. chez l’homme, 4 à 8 mm. chez la femme,
après la première heure. DEN RE
Interprétation physico-chimique des deux réactions
Ces tests, apparemment bien différgnts, traduisent tous les deux des modifications se produisant dans l'équilibre physico-chimique des’ Humeurs; sérum ou plasma, sous l’influenté des divers états, évolutifs, inflammatoires. ;
C’est ainsi que certaines des protéines dés sérums correspondant à ces états présentent une labilité particulière, mise en évidence dans la réaction de VERKNES par leur floculation en présence de résorcine, qui ne se produit pas chez les sujets normaux.
Par contre, on avait pu se demander si la variation de vitesse de sédimentation était bien un phénornène d'ordre humoral. Mais J. BARBIER constate qu’il faut déjà des anémies assez sévères pour en modifier ja valeur de façon importante ; et LINZENMEIER et Bu- CHER obtiennent des rapidités différentes de dépôt de mêmes hématies soigneusement lavées, en les mettant en suspénsion successivement dans du sérum physiologique et dans des plasmas provenant de plusieurs sujets.
Serrant le problème de plus près, DEUTSCH ‘a d’ailleurs montré l’accélération de la sédimentation
Sérine lors de l’inversion du rapport == et LonGsé Globuline
ie (| auee
WORTH établit le parallélisme entre cette accélération et la concentration en globulinés. Enfin JAYLE
‘ montre chez une centaine de malades (des tubercu-
leux) que l'indice d’haptoglobinémie devient une fonction linéaire de la vitesse de sédimentation, « à ce point que l’on peut établir entre les deux réactions un rapport de cause à effet ».
Il s’agit donc, dans le cas des deux réactions, de modifications surtout humorales, étant d’ailleurs bien entendu que ces modifications ne sont pas forcément dans les deux cas entièrement superposables :
ADLER a montré ainsi que la vitesse de sédimentation
est fonction, non seulement de l'augmentation du taux des globulines, maïs aussi de celles du fibrinogène. J. BARBIER souligne, d'autre part, le rôle du cholestérol en même temps que celui du fibrogène. Or, pour ne s'occuper que de ce dernier constituant sanguin, la réaction de VERKES se pratique sur sérum, donc en dehors de sa présence. Enfin, il paraîtrait déraisonnable de nier aux hématies elles-mêmes (nombre, charges électriques.) toute action sur la vitesse de sédimentation globulaire.
Et nous voyons là au moins une des explications des différences signalées comme se produisant parfois entre les deux ordres de réponse ; différences u’allant que d’une facon très exceptionnelle jusqu’à la véritable divergence et qui, comme nous essaierons de Je voir chiffre en main, ne doivent pas représenter une gêne dans la pratique, mais, au contraire, permettre souvent une appréciation clinique plus fine.
LS
Les affections rhumatismales objet de l'étude : intérêt des deux réactions dans ces affections
Ce que l’on entendait, autrefois, sous le nom de rhumatisme chronique est, actuellement, en plein démembrement et comporte un certain nombre d’afiections désormais bien individualisées, parmi les-: quelles la Polyarthrite chronique évolutive, la Spondylose rhizomélique et les Arthroses, objets de notre étude. La Polyarthrite chronique: évolutive, à laquelle se rapporte le plus grand nombre des cas que nous envisagerons, atteint le plus souvent le sexe féminin.
‘ Elle évolue par poussées successives, la première se situant presque toujours avant trente ou quarante ans. \
Elle débute fréquemment par des troubles circulatoires cutanés : acrocyanose, érythromélalgie : parfois par de la sclérodactylie ; parfois aussi par une véritable maladie de RAYNAUD.
Puis, accompagnées de fortes douleurs qui peuvent être très vives, se constituent les déformations, avec ankwlose progressive, des articulations intéressées. Il y a atteinte primitive des synoviales, suivie plus
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tardivement de lésions des épiphyses et des surfaces. articulaires en particulier. C’est la décalcification qui domine à l’examen radiologique, plutôt que la déformation. Il n’y a pas de productions ostéophytiques.
Ces divers symptômes s’accompagnent de tout un cortège inflammatoire avec poussées de température en général modérées, fluxion, rougeur et chaleur locales, adénopathies fréquentes des territoires correspondant aux articulations touchées. La Spondylose rhizomélique, au contraire, atteint les individus jeunes du sexe masculin. Ces malheureux sujets, après un début intéressant souvent les articulations sacroiliaques, voient leur rachis progressivement envahi de la région sacro-lombaire à la région cérvicale. Enfin, il y a extension aux articulations supérieures des membres, d’où le nom de la maladie.
On retrouve à l’examen radiologique une ostéoporose des corps vertébraux, s’opposant à une calcification ligamentaire qui engaine le rachis.
L'ensemble de ces symptômes s'accompagne du même caractère inflammatoire et évolue également par poussées progressives comme dans la Polyarthrite évolutive. Et, c’est par opposition à ces arthrites inflammmatoires et aux autres rhumatismes infectieux, que l’on classe sous le terme générique d’Arthroses les atteintes articulaires chroniques froides, de caractère dégénératif, avec craquements à la mobilisation, hypertrophie irrégulière des extrémités osseuses, production de nodosités, d’ostéophytes divers, sans grosses décalcifications. |
Entre ces deux grandes classes de « rhumatismes » ies: thérapeutiques sont essentiellement différentes :
— ce seront le repos, les anti-infectieux, la chrysothérapie surtout, dans les types inflammatoires ;
__ Ja mobilisation, l’iode, le soufre, la révulsion iocale, la physiothérapie, dans les arthroses.
(La crénothérapie est employée avec d’heureux résultats dans les deux types d’affections, mais avec des indications particulières à chacun d’entre eux pour le choix des stations thermales et les modalités des traitements).
C’est dire toute l’importance du ice différentiel entre les deux classes de rhumatismes. Or, la pratique: est malheureusement loin de montrer toujours des types aussi individualisés que ceux que nous ‘avons présentés, en particulier dans certaines formes frustes ou complexes et aussi lors du début des atteintes, alors qu’il est si important d’entreprendre un traitement rationnel susceptible d’enrayer une évolution qui peut être fort grave, au moins au point de vue fonctionnel,
Aussi, pour départager ces cas difficiles, les réactons de floculation à la résoreine et de vitesse de sédimentation globulaire sont-elles particulièrement utiles au praticien de rhumatologie et leur emploi se répand-il dans cette spécialité depuis plusieurs années. |
Déjà dès 1926 VERNES avait signalé Papplication possible de sa réaction, en dehors de la tuberculose, aux rhumatismes,
À. VANDEUVRE et P. MILLISCHER (1930), E. TEcHoOt-
D 1,1 De
EYRES (1931), COSTE et LACAPERE, montrent l'intérêt révélateur des deux réactions dans les états inflammatoires en général et leur intérêt particulier dans le cas de rhumatisme chronique.
J. Mionr (1940), dans la thèse inspirée par M.P. WEILz, dit « qu’il n’est plus permis à l’heure actuelle de se passer de la mesure de la vitesse de sédimeniation globulaire pour .étayer un diagnostic précoce d’arthrite chronique évolutive ».
FORESTIER et CERTONGINY indiquent (1944) que 82 ° des polyarthrites évoluant depuis moins d’un an ont une sédimentation globulaire au-dessus de 10 mm. pour la première heure, 8 % seulement sont. audessous de 5 mm, dans le quart des cas l’élévation: est entre 30 et 50 mm., dans un autre quart au-dessus de 50 ». |
Les mêmes auteurs rapportent que la floculation à la résorcine présenterait « un certain retard » dans V’élévation de ces chiffres par rapport à la vitesse de sédimentation globulaire, ceci à la période de début des arthrites inflammatoires. Mais au cours même de l’évolution de ces affections, les deux valeurs sont constamment trouvées au-dessus de la normale:
Coste (1931) écrit ainsi à propos du rhumatisme chronique : « il paraît acquis que les deux réactions donnent des chiffres supérieurs à la normale dans la plupart des maladies inflammatoires, évolutives, à lésions productives ». Lors du traitement maintenant, et parallèlement à l’amélioration clinique, les valeurs de la vitesse de sédimentation et de la flocplation à la résorcine, s’abaïissent assez rapidement, ou au moins progressivement :
le — 10
Gasson et GOLDIE rapportent la diminution de læ
- vitesse de sédimentation globulaire, dès après six se-
maines à deux mois de traitement Chrysothérapique.. FoREsTIER et CERTONCINY considèrent comme un axiome «< qu'aucun traitement de fond des polyarthrites n’agit sur l’évolution de la maladie s’il n’eniraîne pas une descente de la courbe des réactions: d'évolution ».
Tandis que J. Mioni écrit que tant que la vitesse: de sédimentation se maintient au-dessus de 10 mm., on ne peut parler de guérison, mais au maximum. d'arrêt de la maladie. L'intérêt général des deux réactions d'évolution est done, à l'heure actuelle, ad-mis dans le rhumatisme chronique.
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