‹ Valeur sémiéologique de la flexion combinée de la cuisse et du troncChapitre 6 sur 29 · AR TE · texte numérisé non relu

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Après quelques notions sur la conception du « pithiatisme », dans une première partie, nous exposerons brièvement et par ordre chronologique, les principaux travaux consacrés à l'étude du syndrome qu’on appelait autrefois « l’hémiplégie » (tout court).

Pour rendre cette énumération moins confuse,

nous envisagerons successivement :

1° Les divers troubles moteurs se manifestant : a) dans la démarche; b) au niveau de la face; c) dans le langage; d) se traduisant enfin par les syncinésies;

2° Les réflexes ;.

3° Les troubles sensitifs et vaso-moteurs.

Dans une deuxième partie, nous nous occuperons des nouvelles hémiplégies et par là, nous entendons les hémi-parkinsoniens et les troubles moteurs à topographie hémiplégique dont l’origine extra-pyramidale paraît certaine et qui sont caractérisés par l’hypotonie musculaire, la prédominance des troubles aux extrémités, l’abolition du réflexe cutané-plantaire, l’exagération de la sécrétion sudorale, l'instabilité vaso-motrice, l’atténuation des troubles moteurs et la réapparition du réflexe cutané-plantaire sous l’influence du réchauffement.

Vers 1880, avec Charcot et l’école de la Salpétrière, l’hystérie connut son heure de triomphe. Selon l’expression de Lasègue, elle était devenue « une corbeille dans laquelle on jetait les papiers que l’on ne savait où classer ». Les sphacèles, les ecchymoses, les ulcérations, les œdèmes, des hémorragies multiples,

la fièvre même trouvaient dans « l’ancienne névrose » une interprétation nosologique.

Bernheim et l'Ecole de Nancy, Grasset, Janet, Sollier, s’élevèrent contre les théories de Charcot. Mais c'est surtout à M. Babinski que revient le mérite d’avoir donné de l’hystérie une conception forte et homogène. « Observateur impartial, il ne se laissa pas entraîner par l'influence envahissante de la névrose. » À l’ancienne hystérie, il substitua la conception du « pithiatisme « L’hystérie, dit-il, est un état psychique spécial qui se manifeste principalement par des troubles primitifs et, accessoirement, par des troubles secondaires. Ce qui caractérise les troubles primitifs, c’est qu’il est possible de les reproduire par suggestion chez certains sujets, avec une exactitude rigoureuse, et de les faire disparaître sous l’influence de la persuasion. » de

Dès lors, la pathogénie des hémiplégies fonctionnelles se trouvait expliquée. Par contre-suggestion, on pouvait guérir les sujets atteints de ce trouble. Mais il fallait, au préalable, en s’appuyant sur des signes indiscutables, établir un diagnostic différentiel exact. L'œuvre toute entière de M. Babinski est empreinte de cette idée. Presque tous les anciens symptômes des hémiplégies organiques ou fonctionnelles ont été attentivement examinés par cet éminent neurologiste que nous verrons, au cours de cet historique, souvent intervenir dans les discussions ou décrire de nouveaux signes.

Hérhiplégie pyramidale

1° TROUBLES MOTEURS. — a) Démarche. Le premier auteur qui s'en est occupé est Todd (1856) et cette étude a été plusieurs fois reprise par Charcot (1887- 1889. Leçons du mardi).

Gilles de la Tourette (1888) avec la méthode des empreintes et à l’aide des tracés, Marinesco (1900), à l’aide du cinématographe étudièrent cette question.

Schüller (1903), Crouzon et Campbell (1903), attirèrent l'attention sur les caractères de « la marche de flanc » dans les hémiplégies organiques et hystériques.

Vincenzo Néri (1908-1909), à l’aide du cinématographe, reprit les travaux de Marinesco et aboutit à la conclusion que le vrai caractère de la démarche hystérique est la « paradoxalité ». |

A l'heure actuelle, tous les auteurs se rangent à l’avis de Neri et la « démarche dite de Todd » pour les hémiplégies hystériques, et la « démarche hélicopode » de Charcot pour les hémiplégies pyramidales, sont devenues classiques. fs :

b) Face. — Les troubles moteurs de la face furent l’objet d’assez vives discussions. Todd, en 1856, admet la non-existence de ces troubles dans les hémiplégies hystériques. Ses idées ne furent pas acceptées par tous et Briquet, dans son « Traité de l’hystérie », cite des observations de paralysie faciale.

Charcot (1887), reprenant les idées de Todd, montre que les déviations de la face sont dues, non pas

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à une paralysie du côté de la lésion, mais à un spasme qu’il appelle « spasme glosso-labié ». Un grand nombre de cas « d’hémispasmes » furent alors publiés.

Chantemesse (1890), Decoux (1891), Ballet (1892), citent de nombreux cas d’hémiplégies hystériques avec paralysie faciale. M. Babinski (1892) en rapporte d’autres observations et pour cet auteur, la paralysie faciale d’origine hystérique présente un caractère qui la différencie toujours d’une paralysie organique : c’est l’absence de flaccidité. |

L'état des nerfs oculo-moteurs a été étudié par Mirallié, Desclaux (1904) et par Wilson (1904).

Actuellement, les auteurs admettent que « la face est ordinairement respectée dans l’hémiplégie hystérique; mais la paralysie faciale est simulée par un spasme glosso-labié. > (Collet).

c) Troubles du langage. —- Le mutisme hystérique, anciennement connu, fut décrit par Charcot dans ses « Lecons du Mardi >» (1888-1889) et sa description en est restée classique. J. Lépine (1891) en donne une très belle observation.

Divers auteurs avec Legroux, Serres, Fabret montrent qu’à côté du mutisme, l’hystérie était capable de donner des troubles rappelant l’aphasie et Raymond, dans la thèse de Gita Aron (1900) en rapporte des observations.

P. Courmont, dans la thèse de son élève Saupiquet (1904), ne reconnaît que l’aphasie hystérique dans laquelle il fait rentrer le mutisme.

Signalons les articles de P. Marie sur la « Revision

de la question de l’ « aphasie » (1906) et la thèse de son élève Moutier (1908), où ils critiquent l’ancienne classification.

MM. J. Froment et O. Monod (1913) étudient au point de vue clinique ét physiologique le « langage articulé chez l’homme normal et chez l’aphasique ».

P. Marie et Ch. Foix (1917) rapportent des observations d’un certain nombre d’aphasiques par blessure de guerre.

d) Syncinésies. — A l'étude des troubles moteurs créés par l’hémiplégie organique, se rattache tout un ensemble de mouvements qui s’observent lors des mouvements volontaires ou provoqués, et que lon appelle pour cette raison, mouvements associés ou syncinésies.

C’est Vulpian qui, le premier, en 1822, en créa le terme. Vers cette même époque, Ch. Bell aurait étudié les mouvements associés automatiques. L

Puis, vinrent les observations de Marshall Hall et J. Müller. En 1850, Duchenne de Boulogne mit en valeur la contraction synergique des muscles antagonistes dans l’accomplissement des mouvements. Hitzig, en 1872, émet sa théorie physiopathologique que nous retrouverons énoncée plus loin. Deux ans plus. tard (1874), Westphal en donne une nouvelle. De Renzi (1884) publie un fait rare des mouvements associés hémiplégiques provoqués par des mouvements passifs. Le 30 juillet 1887, M. Babinski décrit la flexion combinée de la cuisse et du tronc. |

De 1887 à 1911, citons les travaux de Bertolotti,

Curchman, Fôrster, Raïmiste, Thomson sur les syncinésies chez les hémipiégiques.

En 1914, M. Babinski abordant leur physiopathologie en donne sa théorie mécanique.

En 1916, MM. P. Marie et Ch. Foix classent les syncinésies en trois groupes. Dans un deuxième article, ils en font l’étude physiologique.

M. Bard, dans l’Encéphale du 10 mai 1927, s’occupe à son tour de cette importante question dont il discute la classification.

Si les divers auteurs ne sont pas d’accord sur le mécanisme et sur Îa classification des syncinésies, tous admettent, à l’heure actuelle, que ces phénomènes se rencontrent dans les hémiplégies organiques et par là ils entendent « les hémiplégies pyramidales ». |

2° RÉFLEXES. — L'histoire des réflexes peut être divisée en deux périodes : la première, avec Charcot, qui va de la fin du dix-neuvième siècle jusqu’à 1893; la deuxième qui part de 1893 jusqu’à nos jours.

Première période. — Charcot, dans ses Leçons du Mardi, déclare que dans l’hémiplégie hystérique, les réflexes tendineux sont moins accentués du côté paralysé que du côté sain. Guinon, dans la « Revue générale sur la séméiologie des réflexes >» admet cette diminution.

Grasset, Souques, Brissault (1887), Rendu (1893) signalent au contraire des cas d’exagération.

Deuxième période. — M. Babinski, en 1893, dans une importante communication à la Société médicale

des Hôpitaux de Paris, s'élève contre l’ancienne conception des réflexes tendineux dans l’hémiplégie hystérique. Il pose dès lors un principe qu’il confirmera dans toutes les occasions : l’hystérie ne modifie pas les réflexes.

En 1896 (Société de Biologie), il décrit le « phénomène des orteils >» qu’il considère comme pathognomonique des hémiplégies pyramidales.

Ganault (1898) étudie les réflexes cutané-abdominaux. En 1898, Babinski décrit à nouveau d’une façon détaillée « le phénomène des orteils >» et en considère la valeur séméiologique. Van Gehuchten (1898), Ganault (1898), Boéri (1899), Cestan et le Sourd (1899), Schüller (1899) reconnaissent que ce signe est l'indice d’une lésion organique. M. Babinski (1900), passant en revue les principaux signes de l’hémiplégie organique, attache une grande importance à l’exagération des réflexes, au phénomène des orteils, au signe du peaucier et à la flexion combinée de la cuisse et du tronc. En 1903, il décrit un autre signe : le phénomène de l'éventail.

Souques (1907) attire l'attention sur le phénomène des interosseux. :

Déjerine, Raymond (1903), Crocq (1904), Van Gehuchten (1908) persistent à admettre l’exagération des réflexes tendineux dans l’hémiplégie hystérique. A la Société de Neurologie en 1908, cette question fut à nouveau discutée et la majorité des auteurs se rangea à l'opinion de M. Babinski : toute hémiplégie s’accompagnant d’une modification des réflexes tendineux est d’origine organique. Vers 1910, P, Marie

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décrivit le retrait réflexe du membre inférieur provoqué par la flexion des orteils, lorsqu'il existe des signes de perturbation pyramidale. Vers cette même date, Henri Claude groupe, sous le nom « d’hyperkinésie réflexe », une série de signes observés chez les hémiplégiques pyramidaux. MM. Babinski et Froment (1927), dans leur livre « Hystérie, Pithiatisme et troubles nerveux d’ordre réflexe », condensent Îles travaux faits jusqu’à nos jours et donnent la valeur séméiologique des principaux réflexes que nous venons d’envisager. {

3° TROUBLES SENSITIFS ET VASO-MOTEURS. — Les troubles sensitivo-sensoriels avaient été constatés depuis longtemps dans les hémiplégies hystériques et l’opinion classique les avait considérés comme un des stigmates de l’hystérie .

« À Ja Société de Neurologie du 9 avril 1908, les troubles sensitifs de l’hystérie ont fait l’objet d’une discussion à la suite de laquelle est né un principe que l’on peut ériger en règle générale: Il n'existe pas de troubles de la sensibilité ayant une existence réelle, dans l’hémiplégie hystérique. » Les troubles sensitifs que l’on signale dans ces cas sont créés, ou par le malade qui pense qu’un bras paralysé ne doit pas sentir, ou par le médecin qui est arrivé à suggestionner son malade.

À cette même séance, au sujet d’une observation rapportée par Raymond sur l'apparition des troubles vaso-moteurs dans une hémiplégie hystérique, à la suite de l'intervention de M. Babinski, l'absence de ces troubles chez les pithiatiques fut admise,

Hémi-Parkinsons

C’est en 1817 que, pour la première fois, James Parkinson publia un mémoire sur la « paralysie agitante » appelée depuis: maladie de Parkinson. Un demi-siècle plus tard, Trousseau (1859) et surtout Charcot (1888) firent connaître cette affection dans notre pays.

La connaissance nouvelle de l’encéphalomyélite ‘aiguë signalée pour la première fois en France par MM. Cruchet, Mouttier et Calmette et onze jours plus tard par Van Economo à Vienne, contribua à éclairer d’un jour nouveau l’étiologie de cette affection, dont on tend aujourd’hui à faire une manifestation d’une encéphalite ancienne passée souvent inaperçue. Souques, en juillet 1921, dans la Revue Neurologique, résume les principales formes cliniques des séquelles de la névraxite épidémique et parmi cellesci, cite la forme unilatérale déjà connue.

Parmi les nombreuses observations publiées, citons celle de M. Tinel (1921) et celle de M. Claude (1921), dans lesquelles sont résumés les principaux signes de cette nouvelle hémiplégie.

Syndromes moteurs atypiques à forme hémiplégique

Dernièrement, M. Rouquier, dans la Revue Neurologique de Mars 1928 et d'avril 1929, a attiré l'attention sur certains troubles à topographie hémiplégique, qui seraient dus à une lésion mésencéphalique et dont on retrouvera plus haut les principaux caractères,

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