CHAPITRE II
Quelques méningites non tuberculeuses
Dans cette seconde partie de notre travail, nous présenterons quelques observations inédites, provenant des archives de la clinique neurologique. Elles ont trait à des états méningés presque toujours aigus, beaucoup plus rarement subaigus, comportant un abaïissement des chlorures tel, au moins lors de la première ponction, que le diagnostic de méningite tuberculeuse a pu être envisagé ou a été affirmé.
Disons encore que ces examens ont été pratiqués dans les meilleures conditions techniques, et qu'il ne peut y avoir là une cause d’erreur. Ces observations ne sent pas très nombreuses, elles représentent environ 5 % du fichier général des méningites. Dans la plupart des cas l’abaissement de la chlorurorachie a été notablement moins importante, ne dépassant guère 6,60 gr à 6,80 gr et confirmant les règles de MESTREZAT.
Méningite lymphocytaire aiguë curable, sans étiologie précise
Verd... 11 ans, sans antécédents, présente brusquement un syndrome méningé important, qui aug-
mente d’intensité en 24 heures avec une température de 39°. Le deuxième jour de la maladie, une ponction lombaire est pratiquée qui montre un liquide très hypertendu, une forte lymphocytose, 260 au mme, des chlores abaissées à 6,75 gr, mais un sucre normal à 0,60 gr. Pas de B.K. à l’examen direct.
Deux jours après, là température reste élevée à 38°, les céphalées sont moindres, le malade est peu touché et son aspect, dit le Professeur DALOUS, n’est certainement pas celui d’une méningite tuberculeuse car il n’y a pas la moindre obnubilation. Cependant, la lymphocytose est toujours élevée, de 130 lymphocytes; les chlorures ont encore baïssé et sont à 6,50 gr (Professeur VALDIGUIÉ). Par contre, le taux du sucre est normal. Après une semaine d’évolution, le syndrome méningé s’estompe considérablement et le malade rentre en convalescence; les chlorures remontent à 7 gr puis 7,30 gr quelques jours après.
Méningite lymphocytaire prolongée, de nature indéterminée
Marie M..., 19 ans. Etat méningé survenant sans antécédents particuliers, si ce n’est un chétivisme assez notable, de 8 à 13 ans, avec fébricule, cuti-réaction positive, charge hilaire, mais rien de plus. Amélioration générale à partir de 14 ans.
L’état méningé apparaît assez brusquement, le 12 mai 1936 ,et sans aucune cause apparente, la température ne dépasse pas 38°2. Le 18 mai, apparaissent une paralysie de la sixième paire, une très forte inégalité pupillaire avec déformation de la pupille gauche. Albumine du liquide C.R. 0,35 gr, sucre 0,60. gr, chlorures 6,75 gr: Deux jours après, la raideur méningée est plus importante: céphalées et vomissements; température toujours de 38°, 38°3. Dans le liquide C.R. l’albumine a augmenté: 1 gr, la lymphocytose est de 85
éléments, les chlores tombent à 6,25 gr et le diagnostic de méningite tuberculeuse paraît se confirmer; cependant la glycorachie reste de 0,50 gr. A partir du 3 juin, l’état clinique apparaît meilleur et il y a une détente assurée bien que la température persiste à 38° environ, mais on trouve 100 lymphocytes, les chlorures s’abaissent encore à 6,25 gr; par contre, la glycorachie est de 0,60 gr et dans ces conditions, le diagnostic de méningite tuberculeuse est écarté. (On n’a pas trouvé de B.K. après un examen minutieux et l’animal inoculé paraît en très bonne santé). A la fin de juin, l’amélioration clinique est vraiment très notable, l’inégalité pupillaire a disparu, la température ne dépasse plus 37°5, les chlores remontent et sont à 6,75 gr, l’albuminorachie est de 0,50 gr, avec 20 lymphocytes. Fin juillet, la malade peut être considérée comme guérie: apyrexie, aucun signe méningé clinique, 0,30 gr d’albumine dans le liquide, 7,40 gr de chlores, quelques lymphocytes; le cobaye sacrifié ne présentait aucune lésion.
Hémorragie méningée chez des jeunes
Les archives de la Clinique Neurologique et celles de M. RisErR comportent environ 200 observations d’hémerragies méningées avant 40 ans et après 18, en dehors de toute hypertension artérielle et de traumatismes.
Jusqu'en 1948, il n’a pas été pratiqué d’artériosraphie cérébrale, c’est dire qu’un grand nombre d’anévrysmes latents ont passé inaperçus.
D'une manière générale, la ponction lombaire a montré les caractéristiques bien connues des hémorragies méningées diffuses: présence de globules plus ou moins altérés dans le liquide, absence de coagulation, hyperalbuminose modérée ou très importante, glycorachie toujours normale et souvent augmentée, pouvant atteindre, comme l’a dit MESTREZAT, des taux de 1 er