‹ Vampirisme: Nécrophilie, Nécrosadisme, NécrophagieChapitre 35 sur 49 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

NÉCROPHAGIE

L’anthropophagie est restée dans le domaine de l’histoire et de l'anthropologie sans guère entrer dans celui de la médecine légale. Browne lui-même, qui a colligé dans le Journal of mental science de janvier 1875 bon nombre de faits intéressants de cannibalisme exercé sur des cadavres, avoue qu'il n’est pas prêt à entrer dans une généralisation philosophique de matériaux aussi variés et hétérogènes. Il applique au cannibalisme des cadavres le terme de recrophagism, mais n’entrevoit de perversion sexuelle en aucun cas.

Aussi, les faits que j'ai nommés de nécrophagie, c’està-dire dictés par la perversion sexuelle sont-ils difficiles à dégager d'observations confuses.

- Le cannibalisme religieux est encore fréquent. Sir Spencer Saint-John, dans son ouvrage sur Haïti, a donné de curieux aperçus sur le culte du Vaudoux. On y voit que les scènes de cannibalisme se combinent à des scènes de débauche. Ce qui se passe à Haïti se passe encore en Afrique et dans les îles du Pacifique. Nous savons, et le

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D" Pierre Gannouchkine, de Moscou, vient de le résumer fort habilement dans le numéro de novembre et décembre 1901 des Annales médico-psychologiques, quels liens étroits rattachent cruauté, religion et volupté. La nécrophagie se retrouve donc probablement dans le cannibalisme religieux. | Les superstitions également nous offrent des exemples de cannibalisme. Calmeil, dans son ouvrage sur la folie, s'étend longuement sur la lycanthropie, fréquente au xvI° siècle. Certains hommes se croyant commués en bêtes féroces, en loups-garous, égorgeaient des enfants pour les dévorer ensuite. Aucun document ne nous permet malheureusement de retrouver là des traces de perversion sexuelle. L L’aliénation mentale mène au cannibalisme. Casper (1) nous cite le cas d'un idiot qui mangeait un enfant pour prendre des forces, semblable en cela à certains guerriers barbares qui dans l’antiquité mangeaient le foie de leur ennemi, organe qu ils pensaient être le siège du courage. Browne raconte: « Je fus très frappé, lorsque je fréquentai les asiles de Paris comme étudiant, du nombre de femmes anémiques et hypocondriaques qui en venaient à me faire la confession lamentable d’avoir mangé de la chair humaine, dévoré des corps, et d’être des vampires, etc. » Browne ne fut-il point trop crédule? Aétius, médecin byzantin du v° siècle, parle dans son Tetrabiblos d'hommes qui rôdaient ainsi que des loups autour des cimetières pour déterrer des cadavres. Forestus (Peter van Foreest), médecin hollandais du

(4) Caspers Vierteljahrschrift, VII, p. 163.

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xvi® siècle, parle également d’un paysan qui la nuit déterrait les cadavres et les mangeait Gp

N'ayant pu me reporter aux textes j'ignore s’il y a rien de sexuel à ce propos.

.. Je donne trois observations que l’on trouve citées dans les traités. Dans la première, le nécrophage n’a pas mangé de cadavre, mais il avoua l’impulsion qu’il ressentait.

Quelques auteurs citent le cas de cannibalisme de Tirsch, d’après Krafft-Kbing dans sa Psychopathia sexualis..Je crois qu’il doit être imputé plutôt à la férocité qu'à la perversion sexuelle. .

En somme, Browne a toujours raison de dire: « Le nécrophagisrmne en général se trouve dans tant de formes d’aliénation que cela rend difficile d’en définir l’origine ou de débrouiller les sentiments et les idées auxquels il s'associe. »

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