‹ Vampirisme: Nécrophilie, Nécrosadisme, NécrophagieChapitre 40 sur 49 · LES · texte numérisé non relu

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Nous entrons dans la nécrophilie véritable par les pervertis que Thoinot (1) a nommés les Nécrophiles platoniques.

( I se produisit à la morgue de Paris, dit cet auteur, il y a quelques années, une série de faits scandaleux bien. vite réprimés et dont une surveillance attentive bien dirigée empêcha le retour. Un certain nombre d’individus furent surpris, à diverses reprises, à se masturber devant la vitrine où les cadavres sont exposés. »

Un pas de plus, et nous arrivons à la profanation directe du cadavre:

Un homme voit un corps privé de vie. Pour des raisons diverses que nous analyserons ultérieurement, il pratique sur lui le coït ou toute autre manœuvre génitale (acte sodomique, succion mammaire ou clitoridienne). voilà le nécrophile.

Le cadavre peut se trouver à portée de son violateur, qui profite de l’occasion. Ainsi firent les nécrophiles qui profanèrent la morte qu'ils avaient charge de garder (obs. III et VII), celui qui réalisa un stupide pari de pratiquer le coït sur un cadavre d’amphithéâtre (obs. VI), etc. |

Mais il arrive que le nécrophile cherche des corps de femmes. L'un soudoie les gardes {obs. IV); l’autre s’introduit, malgré son peu d'intelligence dans la salle des morts

“par ruse (obs. V); les autres enfin, grâce aux facilités que

leur donnait leur métier de fossoyeur, vont jusqu’à déterrer (obs. VIII, Henri Blot; obs. X, Ardisson) des cadavres.

(4) THoinor : Attentats aux mœurs et perversions du sens génital. Paris, 1898.

Bien que les observations ne soient pas très probantes,

il est à croire que certaihs meurtres de femmes suivis de

manœuvres impudiques furent commis par des nécrophiles que leur passion poussait à polluer des cadavres . plutôt que des femmes vivantes. Si toutefois il est diffcile de dépister la nécrophilie d'intention dans de semblables crimes, il existe une nécrophilie d'occasion.

Lorsque la vue seule du cadavre ne suffit pas à porter à son maximum l'éréthisme sexuel, qu'il faut encore la mutilation, nous nous trouvons en présence du nécr'osadisme.

De même que le nécrophile, le nécrosadique peut profiter des cadavres qu'il trouve à sa portée. Je n'ai pas d'observation confirmative, mais je ferai remarquer que Bertrand, avant de mutiler des corps humains, mutilait des cadavres d'animaux certainement trouvés par lui au hasard.

Bertrand seul du reste nous montre le nécrosadique se procurant des cadavres par exhumation.

Beaucoup plus fréquent est le cas du dépeçage après meurtre. Il est facile de comprendre qu'il en doit être ainsi. Le nécrosadisme en effet n'est pas isolé, il se rattache étroitement au sadisme et au meurtre sadique. Le meurtre sadique, qui peut suivre les tortures du sadisme, peut être également suivi des dilacérations du nécrosadisme. En admettant même que le meurtre en soi n'ait rien de sadique, l’exacerbation de l'instinct de cruauté, la vue du sang, l'arme toute prête aux mains du criminel, sont autant d'amorces au nécrosadisme. Il n'y a, pour ainsi dire, qu'à continuer la mutikation commencée par le meurtre.

Le mutilateur peut se servir d’un instrument contondant ou tranchant. Toutes les observations que j'ai recueillies montrent l'emploi d’un instrument tranchant, couteau, sabre ou rasoir. La presque identité des mutilations dans tous les cas est remarquable. La région génitale, celle qui intéresse le plus le nécrosadique, présentele siège le plus fréquent des mutilations : vulve ou organes sexuels mâles, face antérieure des cuisses, hypogastre. Les seins à ce point de vue comme à tant d’autres doivent être considérés comme des organes génitaux. L'éventration vient en seconde ligne; le nécrosadique plonge la main dans les cavités splanchniques, étreint les viscères, les arrache, comme s’il pénétrait par là plus intimement dans l’objet de sa passion. L’horrible odeur des intestins semble exacerber la frénésie des nécrosadiques : Bertrand, par exemple, se masturbait en serrant convulsivement les entrailles de ses victimes.

La face, qui généralement est un des excitants génésiques principaux, est souvent dilacérée. Les membres ne sont point épargnés : les amputations de Jack l’éventreur en font foi. :

Je renvoie d’ailleurs à la thèse de Saint-Vincent de Parois pour plus de détails.

Comme le nécrophile, le nécrosadique préfère en général la femme. L'inversion sexuelle est cependant plus fréquente chez le nécrosadique. On voit beaucoup de cadavres de jeunes garçons mutilés (Gilles de Rays, Vacher).

Le mutilateur a recours, dans les cas d'extrême fureur, à ses armes tranchantes naturelles qui sont les dents. Ainsi commence la nécrophagie. On a accusé Bertrand

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