‹ Variation des Substances Hydrocarbonées dans les FeuillesChapitre 15 sur 55 · INFLUENCE DES PRÉCIPITATIONS ATMOSPHÉRIQUES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES PRÉCIPITATIONS ATMOSPHÉRIQUES

On à vu au début de ce mémoire que Wehmer d’abord, puis Tucker et Tollens, admettent la possibilité d'entraînement des matières minérales des feuilles, sur la fin de la végétation, par les précipitations atmosphériques, sans toutefois bien préciser. Raoul Combes émet l'opinion que les agents atmosphériques doivent jouer un rôle dans l'évacuation des substances solubles des feuilles et, en particulier, dans l'élimination des principes hydrocarbonés.

Si les eaux de pluie, de rosée etc. en passant sur les feuilles peuvent entrainer des substances solubles contenues dans celles-ci, il s'ensuit :

1° Que sur la fin de la végétation, les eaux de lavage des feuilles, et provenant de la pluie, de la neige ou de la rosée, doivent contenir des substances solubles enlevées aux feuilles et en particulier des sucres.

2° Les feuilles exposées aux intempéries doivent être moins riches en substances solubles et par suite en hydrates de carbone à petite molécule, que des feuilles analogues soustraites au contact de l’eau météorique.

Ce sont ces deux hypothèses que je me suis proposé de vérifier.

Dispositif adopté. — Dans ce but, des châssis vitrés ont été disposés de façon à former un abri étanche pour une branche de Fagus adhérente à l'arbre. Les dates de mise sous châssis sont indiquées dans le tableau IV qui donne le résultat des analyses. Audessous de l'abri étaient placées des cuvettes soigneusement lavées à l’acide chlorhydrique, à l'acide chromique et à l'eau distillée, destinées à recueillir l’eau de rosée. L’abri ayant bien fonctionné au moins dans la deuxième expérience, les cuvettes contiennent toutes

un peu d'eau qui provient de la rosée condensée sur les feuilles. L'eau condensée, en s'écoulant, a pu entrainer des substances dissoutes. Les cuvettes ont été lavées deux fois à l'eau disüllée froide, les liquides ont été recueillis et filtrés.

1° Recherche des sucres dans les eaux de rosée. — $i la rosée des feuilles a entrainé des sucres nous devons retrouver ces derniers dans le liquide précédent.

Le liquide obtenu, environ 2 litres, est versé dans un ballon et concentré dans le vide à une température aussi basse que possible, jusqu'à un volume d'environ 40 em’. Le résidu de distillation est ramené exactement à 40 em’ par son complément d’eau distillée. 20 em* prélevés sont dosés suivant la méthode de G. Bertrand. Le nombre obtenu, multiplié par deux, représente la somme des sucres réducteurs contenus dans l'eau de rosée.

Les 20 cm’ restant sont additionnés de quelques cm° d'invertine préparée suivant le procédé Bourquelot, laissés 4 jours à l'étuve: à 06°, puis ramenés à 40 cm°,20 cm? sont prélevés et dosés. Le nombre obtenu, multiplié par #4, représente la somme des sucres réducteurs et non réducteurs entrainés par les eaux de rosée. Par différence, on obtient la quantité de sucres non réducteurs correspondante.

Les 20 cm? laissés de côté sont additionnés de 0°"?, 4 d'acide sujifurique à 20 °/,, et placés à l’autoclave pendant 60 min. à 120°. Le liquide d'hydrolyse neutralisé, ramené à 20 cm” par son complément d'eau disüllée, est dosé. Le nombre obtenu multiplié par 4 représente la somme des sucres réducteurs, non réducteurs, glucosidiques ou provenant des dextrines, que la rosée à pu entrainer. Par soustraction il est donc facile de faire la part qui revient aux deux dernières de ces substances prises ensemble.

Résultats de l'analyse :

Sucres réducteurs 15 mmer.

Sucres non réducteurs ?

Glucosides + dextrines traces

L'entrainement des sucres par les précipitations atmosphériques est done un fait établi.

2° Analyse des feuilles abritées de Fagus. — Cette analyse à

été effectuée simullanément avec les divers lots de feuilles de Faqus déjà étudiés et restés à l'air libre.

L'analyse comparée :

des feuilles de Faqus abritées des feuilles de Fagus restées à l'air libre et fixées en mème temps, nous permettra d'établir le rôle des précipitations atmosphériques dans l'évacuation automnale. Les tableaux suivants donnent les résultats des analvses rapportés à 1000 feuilles et à 100 gr. de substance sèche et qui ont porté :

a) Sur des feuilles de Fagus placées à l’air libre, dans les condiüons naturelles de végétation et par conséquent soumises aux intempéries.

b) Sur des feuilles abritées du même arbre et placées dans les mêmes conditions que les précédentes, mais soustraites à l'influence des agents atmosphériques. Les résultats obtenus sont les suivants :

Page 1