D'AUTRE PART A 100 GR. DE POIDS SEC
Si on considère les résultats des analvses rapportés, non plus à un nombre déterminé de feuilles, mais à 100 gr. de poids sec, c’està-dire la deuxième partie de chacun des tableaux I, IF, IT, on remarque que les indications que l’on peut en tirer sont sensiblement différentes de celles que nous avons déduites de l'examen des résultats rapportés à un nombre connu de feuilles. Comparons tout d'abord, dans le tableau I, les première et deuxième parties. Les lois de variations ne se trouvent pas dans le même sens dans plusieurs cas.
Certaines égalités sont détruites, les maxima sont déplacés. Soit par exemple la variation de l’amidon ; elle serait d'après la deuxième partie du tableau 1: maximum en Septembre, diminution en Octobre dans les feuilles encore vertes, légère hausse de la substance amylacée dans les feuilles jaunes. Le maximum absolu de l’amidon en Septembre nous surprend déjà ; les conditions de formation des sucres et de leur mise en réserve par condensation commencent à devenir défectueuses par suite de l’abaissement de température et d’une diminution considérable de l'intensité lumineuse ; de toute façon les conditions de mise en réserve sont bien moins favorables en Septembre qu'en Juin.
Mais le maximum relatif de l'amidon dans les feuilles jaunes qui ont supporté des températures relativement basses est en contradiction flagrante avec le fait bien connu et maintes fois constaté de la dissolution de l’amidon sous l'influence du froid, et ne peut par suite être accepté.
Au point de vue du problème quinous occupe, comme l'ont déjà
fait remarquer Wehmer et R. Combes, les résultats obtenus en fonction d'un nombre déterminé de feuilles sont de beaucoup les plus intéressants et font loi. Ceux qu'on pourrait obtenir en fonction de 100 gr. de substance sèche ne nous renseignent nullement sur la teneur absolue des feuilles en leurs divers hydrates de carbone, aux époques considérées ; ils nous donnent seulement les proportions des divers hydrocarbonés par rapport à la somme de toutes les autres substances qui y sont contenues à ce moment. Un exemple fera immédiatement comprendre la différence essentielle qui existe au point de vue des résultats entre les deux sortes de tableaux et nous montrera l'importance de l'erreur signalée par Wehmer et R. Combes.
On sait qu’à la fin de la végétation, les feuilles s’enrichissent en produits divers d’oxydation, surtout en oxalate de chaux. Les feuilles riches en cristallisations de cette nature présenteront, toutes choses égales d'ailleurs, un poids sec plus élevé que celles qui en seront plus ou moins dépourvues; elles pourront avoir une teneur identique en sucres et cependant, le seul fait d'une plus ou moins grande abondance d'inclusions cristallines d'oxalate de chaux, se traduira dans les résultats calculés en fonction de la substance sèche, par une diminution des sucres.
Pour toutes ces raisons, je n'insisterai pas davantage sur les résultats que je viens d'exposer et qui sont exprimés en fonction de 100 gr. de poids sec et mes conclusions porteront exclusivement sur les résultats exprimés en fonction de 1000 feuilles.