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maximum de Juillet l'emporte sur celui de Janvier. Les considérations faites précédemment s'appliquent encore dans ce cas. Il semblerait donc que la présence ou l'absence d'appareil reproducteur n'entraine pas de perturbation sensible dans la loi de variation, non seulement des sucres réducteurs des feuilles, mais en général de tous les principes hydrocarbonés. Le sens de variation est identique pour tous les sucres et les seules différences portent sur les valeurs absolues des maxima et des minima. Toutefois, il serait intéressant d'étudier à ce point de vue, les feuilles de Zierre grimpant, à évolution normale, (j'entends par là qu'il est pourvu d'un appareil fructifère bien développé) comparativement aux feuilles de Lierre en massifs dépourvues d'appareil reproducteur, La richesse en sucres réducteurs des feuilles pendant toute la belle saison, semble indiquer une intensité considérable de l'assimilation chlorophyllienne ; il n’y a en effet aucune raison de supposer qu'en pleine végétation la migration des sucres soit ralentie. Le ZLierre rampant semblerait s'accommoder parfaitement de la lumière atténuée des sous-bois. D'ailleurs l'observation de la végétation exubérante des massifs placés à l'ombre épaisse de nos pares vient à l'appui de cette hypothèse. On conçoit qu'il en soit ainsi puisque l'appareil végétatif a à sa disposition la totalité des éléments nutritifs élaborés par les parenchymes chlorophylliens sans partage avec un appareil fructüifère.
2° Les sucres non réducteurs à base de lévulose accusent un accroissement constant et considérable de Juin à Janvier, où ils atteignent un maximum très élevé passant de 2,5 en Juin à 26,5 environ en Janvier, époque à partir de laquelle ils diminuent rapidement, surtout de Mars à Juin. C'est un fait déjà signalé à propos du Laurier-cerise, mais beaucoup moins prononcé que chez les feuilles de Lierre. Cette abondance de sucres non réducteurs en hiver est certainement en rapport avec les températures exceptionnellement basses auxquelles les feuilles se sont trouvées soumises. Si l'on remarque la pénurie de sucres insolubles et surtout d’amidon dans ces mêmes feuilles, on peut admettre, d’après ce que l’on sait déjà de l’action du froid sur les polysaccharides complexes, que cette accumulation de sucres solubles provient d'une part de la simplification moléculaire des hydrates de carbone de réserve et d'autre part de l'accumulation, dans le limbe des feuilles, des produits de l'assimilation carbonée de ces mêmes organes par suite de l’arrêt de
l'émigration. On a vu en effet, à propos de la récolte de Janvier, que les pétioles étaient complètement gelés et que par suite toute circulation de sève était devenue impossible dans le système vasculaire. Quoi qu'il en soit, il serait intéressant de déterminer la nature de ces sucres et de voir si réellement on se trouve en présence de saccharose où d'un sucre plus condensé. L'action spécifique de l'invertine, en tant que lévulo-diastase, étant aujourd’hui bien établie, on peut affirmer que ces sucres sont à base de lévulose.
3 Les dextrines présentent un maximum très net en Décembre, ce qui semblerait indiquer une importante hydrolyse des matières amylacées au commencement de l'hiver.
4 Comme pour le ZLaurier-cerise, les sucres solubles sont au maximum en hiver à l’époque des grands froids, ils diminuent ensuite régulièrement jusqn’au minimum d'automne et la courbe se relève ensuite pendant l'hiver.
Cette forte concentration du suc cellulaire du parenchyme foliaire pendant les grands froids explique pourquoi, au moment de la récolte du 31 Décembre, alors que les pétioles étaient entièrement gelés et cassants, les limbes des feuilles avaient conservé toute leur souplesse. l
o° Les glucosides existent en quantité sensiblement constante pendant la période Juin-Octobre; ils diminuent jusqu'à un minimum atteint en Décembre et augmentent ensuite régulièrement à mesure que les feuilles vieillissent. IT faut mentionner cependant un léger maximum en Avril coïncidant avec la diminution très nette des sucres non réducteurs. La proportion de ces composés s'affaiblit pendant la période d'évolution des jeunes feuilles et stolons, ce qui semblerait établir leur rôle de matières de réserve.
6° Les réserves amylacées sont en général peu abondantes dans les feuilles de Zierre en cours d'année. On constate en effet un premier maximum en Septembre, suivi d'une diminution rapide de l’amidon jusqu'à sa disparition complète fin Décembre. En Mars, lamidon reparait en quantité environ 4 fois plus élevée qu’en automne ; la masse de ce polysaccharide augmente ensuite très rapidement, passe par un maximum élevé en Avril, puis subit une décroissance rapide d'Avril à Juin où la proportion tombe de 9 à 1 environ. Les résultats de l'analyse chimique ont été contrôlés par
l'observation microscopique après réaction à la liqueuriodo-iodurée.
L'existence d'un minimum de principes amylacés en hiver, confirme ce que l’on savait déjà depuis les travaux de nombreux auteurs et en particulier de Fischer, Mer, Lidforss, d'Arbaumont, Leclerc du Sablon et Combes, de même pour la régénération de ce sucre au printemps. Cependant la forte proportion de ce polysaccharide en Avril, dans les feuilles qui n’en contiennent ordinairement qu'une quantité relativement faible, a lieu de surprendre, de même que sa diminution rapide au début de l'été. Cependant ces faits sont faciles à expliquer si l’on tient compte des conditions de végétation tout à fait spéciales à cette plante.
Pendant tout l'hiver et jusqu’à la fin Avril, le Lierre rampant
végète comme une plante à feuilles persistantes ordinaire et se comporte comme ces dernières. Dès que les conditions de température deviennent favorables, les feuilles reforment de l’amidon, d’une part, aux dépens des sucres solubles, comme parait l'indiquer la diminulion rapide de ces derniers et surtout par assimilation chlorophvllienne qui doit être assez intense aux environs de 10°; les feuilles de Lierre en plein soleil régénèrent des quantités considérables d'amidon ; mais les conditions extérieures changent peu à peu; les arbres développent leurs feuilles, la lumière s’atténue de plus en plus, le lierre en est réduit à végéter à l'ombre ; d'où chute rapide de la proportion des substances amylacées contenues dans les feuilles. De plus, à la même époque, les jeunes pousses évoluent en consommant les réserves nutritives accumulées dans les organes végétaux et il s'ensuit une migration plus rapide des produits de synthèse. L’intensité de l'assimilation chlorophyllienne se trouve donc réduite, la migration est devenue en même temps plus active, la consommation des hydrates de carbone l'emporte donc sur la production ; il doit en résulter fatalement un appauvrissement de ia feuille en principes sucrés. Mais en Juin, les organes jeunes ont atteint leur taille définitive, les feuilles et stolons qui prennent naissance à ce moment sont clairsemés, la consommation des sucres diminue, devient égale à la production par synthèse chlorophyllienne d’où établissement d'un équilibre qui se traduit par une teneur conslante en amidon jusqu'en automne.
[1 résulte de ces considérations que le Lierre rampant, adapté à
* la vie héliophobe, se trouve dans de mauvaises conditions de végé-
tation qui se traduisent par une pénurie de substances amylacées dans ses feuilles. Il semblerait que, par suite de l'insuffisance d'énergie Inmineuse, la synthèse chlorophyllienne serait arrêtée dans son activité de condensation qui se trouverait ainsi limitée à ka phase disaccharide, ces derniers représentant alors la forme de réserve hydrocarbonée dansles feuilles.
T° Les polvsaccharides supérieurs, amryloïdes, hémicelluloses, celluloses facilement hydrolysables, ne subissent dans le cours d'une année que des variations de faible amplitude. Toutefois ces substances paraissent en général plus abondantes en été, automne, hiver qu'au printemps où elles seraient utilisées dans une certaine mesure pour le développement des jeunes organes.
8° Sion considère la totalité des sucres insolubles, on voit que leur minimum d'hiver correspond au maximum des sucres solubles ; de même le maximum des polvsaccharides à la fin du printemps a lieu simultanément avec le minimum en sucres simples. Il en résulte l'existence d’un équilibre déplacé dans un sens ou dans l’autre suivant les circonstances.
Le tableau d'analyses rapportées à 100 gr. de substance sèche me donnerait dans l’ensemble des résultats semblables : je me bornerai à faire remarquer que les rapports poids sec/poids frais vont en augmentant au fur et à mesure que la feuille devient plus âgée, ce qui est l'indice d'une légère dessiccation des feuilles coriaces.
En résumé, on voit que les feuilles de Zierre rampant se comportent exactement dans le cours de l’année comme les feuilles de Laurier-cerise. Ces organes végétaux ne présentent que des variations de faible amplitude, quant aux sucres réducteurs qu’elles contiennent. Toutefois elles paraissent accuser une teneur plus considérable en sucres simples pendant la saison d'hiver qu'en automne ou au printemps. Mais le fait le plus remarquable, c’est l'accumulation de sucres à base de lévulose pendant la saison froide dans les feuilles. Il faut voir, dans cette accumulation de produits solubles, un effet des températures exceplüionnellement basses supportées par les feuilles, quelques jours avant leur récolte, qui paralyserait l’activité des diastases de condensation des sucres et ralentirait ou même supprimerait totalement la migration des principes hydrocarbonés solubles. De plus, étant donné que le froid agit d'une facon beaucoup
plus énergique sur la respiration que sur l'assimilation, la présence des feuilles persistantes doit entrainer une accumulation de sucres dans la plante.
Les sucres à base de lévulose, dont on vient de parler, peuvent être considérés comme réserves hydrocarbonées de la feuille, dans les conditions toutes spéciales où le végétal se trouve placé. Toutefois l’Æedera est capable de former dans son parenchyme foliaire des quantités relativement considérables d’amidon, lorsqu'il végète normalement en plein soleil ; c’est le cas au printemps avant la poussée des feuilles caduques. Dès que ces dernières sont développées, les réserves amylacées diminuent rapidement puis restent constantes Jusqu'en automne. On sait, en effet, que dans ces conditions le /aerre ne porte jamais de fleurs ni de fruits, ce qui est l'indice d'une végétation anormale et en étroite relation avec les réserves nutritives d'origine chlorophvllienne qui sont à la disposition de la plante.