FEUILLES CORIACES DE LIERRE
Les analyses des feuilles qui précèdent immédiatement se rapportent, de Juin à Décembre, à des jeunes feuilles qui ont pris naissance dans le courant de l'année. On a vu qu'à partir de Janvier il devenait impossible de distinguer par le seul aspect extérieur les feuilles de l’année de celles qui sont plus âgées. Je me suis demandé si l’âge de la feuille n’avait aucune influence sur sa composition, autrement dit, si deux feuilles de même surface cueillies au même moment, l'une de l’année, l’autre coriace, avaient exactement la même composition.
Leclerc du Sablon (1) qui s'est déjà occupé de cette question, à la suite du résultat de plusieurs analyses, conclut que les différences sont très faibles et que la proportion relative des sucres est pratiquement négligeable ; il n’est donc pas nécessaire au point de vue où il se place de distinguer les feuilles d’âges différents. Mais les conclusions de ce physiologiste se rapportent exclusivement à la totalité des réserves hydrocarbonées et à 100 gr. de substance sèche.
(1) Ibid., T. XVIII, 1906, p. 20.
J'ai pensé, qu'en effectuant des coupures plus nombreuses dans la série hvdrocarbonée, et en rapportant le résultat à 1000 feuilles, on serait peut-être amené à des conclusions différentes.
Les feuilles coriaces ont été récoltées en même temps que les feuilles de l’année et de la même façon. La tableau VIIT A donne les résultats des analvses rapportés à 1000 feuilles ; le tableau VIT B. donne ces mêmes résultats rapportés à 100 gr. de substance sèche.
A l'examen du tableau VIII A on voit que :
1° Les feuilles âgées accusent un poids sec plus considérable que les jeunes feuilles ;
2° Les feuilles coriaces sont plus riches en sucres réducteurs que les mêmes organes de l’annéé ; cette richesse est sans doute subordonnée à la différence de poids sec. La comparaison des tableaux ayant trait aux analyses de 100 gr. de substance sèche donneront d'utiles indications à ce sujet. Mais les lois de variation des sucres simples et complexes sont absolument identiques dans les deux sortes de feuilles et les différences ne portent que sur les valeurs absolues des maxima et des minima.
3° Les vieilles feuilles paraissent être beaucoup plus pauvres en sucres non réducteurs à base de lévulose que les mêmes organes de l'année ; mais on remarquera qu’elles contiennent'en plus des sucres solubles non précipitables par l’acétate neutre de plomb, non dédoublés par l’invertine dans les conditions de l'expérience, et qui, très certainement, sont identiques aux sucres non réducteurs des jeunes feuilles. L'action de la sucrase a dû être génée par l'excès des composés tanniques et mucilagineux qui abondent dans les feuilles âgées. Ce même résidu sucré était pratiquement nul dans les feuilles de l’année.
4° D'une facon générale, les feuilles plus âgées paraissent accuser une teneur plus considérable en sucres solubles et en sucres inso: lubles, surtout en amidon. Mais à mesure que l'on considère des feuilles plus âgées, les différences signalées plus haut s’attéauent de plus en plus, si bien qu'en Janvier, les feuilles de même aspect doivent avoir sensiblement la même composition. Déjà dès le 4 Décembre, les rapports poids sec/poids frais pour les deux récoltes sont respectivement 0,365 0,367 et par suite sont pratiquement égaux.
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