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Il reste maintenant à savoir si cette différence de composition entre les deux sortes de feuilles et surtout la plus grande teneur des feuilles coriaces en hydrates de carbone ne proviendrait pas de l'excès de poids sec que présentent ces dernières sur les mêmes organes plus jeunes. La comparaison des tableaux des analyses rapportées à 100 gr. de substance sèche est intéressante à ce sujet. Cn voit d'une facon générale, en tenant compte de la remarque signalée pius haut à propos des sucres non réducteurs, que les chiffres sont sensiblement identiques pour toutes les catégories de sucres et ne présentent que des écarts relativement faibles, à l'exception toutefois des cas particuliers suivants : 3 °/, au lieu de 5°}, pour les sucres réducteurs en Décembre ; 25,8 °/, au lieu de 28 °/, pour la totalité des sucres à la même date.
Si on considère maintenant les chiffres se rapportant aux deux sortes de feuilles pour les récoltes du 4 Décembre :
Jeunes feuilles Vieilles feuilles
Sucres non réducteurs et réducteurs °/, 8e" 8,2 — 5,9 Dextrines » 0,2 0,3 Sucres solubles » 1 14 Glucosides » 10 8,8 Amidon » 0,4 0,3 Sucres insolubles » 4 4, 6 Total des sucres » 25, 28, 6
on arrive à la remarque faite plus haut que les différences vont s'atténuant à mesure que l'on considère des feuilles plus âgées.
Les variations des rapports poids sec/poids frais sont de même sens dans les deux sortes de feuilles ; ils augmentent de l'automne au printemps, mais ils sont toujours plus élevés chez les feuilles coriaces que dans les jeunes feuilles. Si l’on rapproche ce fait de la proportion plus élevée de sucres que présentent ces organes, on serait tenté d'admettre tout d’abord que les feuilles âgées assimilent d’une façon plus intense que les jeunes feuilles. Or la teneur en hydrates de carbone de ces organes n’est que la résultante des deux actions contraires : 1° synthèse chlorophyllienne, 2 entraînement des sucres formés vers les parties vivaces du végétal. D’après ce qu'on sait sur les fonctions des tissus végétaux, il est difficile d'admettre
que des cellules âgées ont plus d'énergie assimilatrice que des tissus jeunes mais adultes, et il est plus vraisemblable de supposer un ralentissement dans l'activité des phénomènes osmotiques, comme parait l’établir la faible teneur en eau des feuilles coriaces et du courant de migralion en automne par suite de l’obstruction partielle des vaisseaux âgés.
On voit, d’après ce qui précède, que les conclusions de Leclere du Sablon sont confirmées ici lorsque les analyses sont rapportées, suivant la méthode adoptée par ce-physiologiste, à 100 gr. de substance sèche ; mais il n’en est plus de même si l’on envisage un nombre déterminé de feuilles. Il y a là un point important qu'il ne faut pas négliger dans les recherches de cette nature. On sait en effet que les organes jeunes sont plus riches en eau que les mêmes parties végétales plus âgées, fait qui est confirmé ici par les comparaisons des rapports poids sec/poids frais obtenus pour les deux sortes de feuilles, et que la teneur en eau d'un organe végétal quelconque dépend moins de l'état hygrométrique du milieu extérieur que de l’âge de cet organe. En conséquence, la feuille coriace est plus riche en substances hydrocarbonées que la feuille de l'année, mais ces différences internes vont s’atténuant de plus en plus à mesure que l'on approche de la mauvaise saison ; il en est de même d’ailleurs des caractères externes, et cette convergence est telle qu'en Janvier les feuilles de Lierre de même aspect, quel que soit leur âge, doivent avoir sensiblement la même composition.