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les deux sortes de résultats en ce qui concerne les substances hydrocarbonées.
Les sucres solubles, réducteurs et non réducteurs, diminuent rapidement à mesure que la température s'élève, il en est de même des glucosides, mais à aucun moment l’amidon n'est régénéré. L'observation microscopique vient confirmer les résultats de l’analyse et je n'ai jamais obtenu, avec la liqueur iodo-iodurée, la coloration bleue caractéristique de l’amidon, même après avoir chauffé les coupes à l’eau bouillante. Toutefois à la température de 20°, il semblerait qu'il y a eu production d’amyloïdes et le total des sucres insolubles de ces feuilles est nettement supérieur à celui des autres.
Les sucres disparaissent par combustion respiratoire et cette fonction parait intéresser toute la série hydrocarbonée, comme en témoigne la faible teneur en ces composés des feuilles avant séjourné pendant quelque temps à la température de 30°. Il semble que la respiration s'effectue tout d'abord aux dépens des sucres simples, ce qui amène une rupture de l'équilibre dans la série hydrocarbonée ; il en résulte une hydrolyse continue des polysaccharides les plus condensés qui tend à réparer constamment la perte en sucres simples résultant de l’action de l'oxygène. L'explication des variations des sucres serait donc la suivante. Les feuilles, sous l'influence des basses températures, ont réalisé un équilibre hydrocarboné tel qu'il correspond à une simplification moléculaire des sucres contenus dans les tissus. Dès que la température s'élève, l'équilibre est déplacé dans le sens de la condensation des hydrates de carbone à petite molécule, qui se traduit à l’analyse par un taux plus élevé en polysaccharides complexes autres que l’amidon ; puis, la fonction respiratoire continuant de s'exercer, ces sucres seraient utilisés à leur tour.
Les feuilles de Lierre n'étant restées que quelques heures aux températures de 20° et 30° on peut supposer que la durée de l’expérience a été insuffisante et qu'il y aurait eu peut-être régénération d'amidon par un séjour plus prolongé à l’étuve. Pour répondre à cette objection, j'ai effectué une nouvelle expérience et une autre série d'analyses avec des feuilles de Laurier-cerise. Ces feuilles ont été récoltées le 16 Janvier dan le Jardin d'essais du Laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau, après une période de -froid
intense. En effet, depuis le 11 Janvier, la température s'était tou- Jours maintenue au-dessous de 0 et dans la nuit qui à précédé la récolte le thermomètre est descendu à — 11°. La récolte et les manipulations des feuilles ont été effectuées à — 4.
Les feuilles cueillies ont été divisées en 2 lots : Le 1* lot a été fixé dans l'alcool bouillant aussilôt après la pesée.
Le 2% lot a été porté au Laboratoire de la Sorbonne, placé à l'étuve à 25° pendant 20 heures.
Les analyses rapportées à 100 feuilles et à 100 gr. de substance sèche, donnent sensiblement les mêmes résultats, résumés dans le tableau V bis, B. On voit que la proportion des sucres solubles se trouve réduite par l'élévation de température et dans des proportions plus sensibles que précédemment, ce qui s'explique par une plus longue durée de l'expérience.
Fail intéressant, la prulaurasine parait décroitre, mais en plus faible proportion. Les glucosides (composés tanniques, pectiques, mucilagineux) ont sensiblement augmenté. Quant à l'amidon, l'examen microscopique des feuilles fixées dans l'alcool n'en laisse découvrir aucune trace dans l’un et l’autre lots de feuilles. Cependant l'analyse chimique en décèle des quantités appréciables peu différentes dans les deux sortes d'organes foliaires ; les feuilles restées au laboratoire paraissent un peu plus riches en ce polysaccharide, mais dans des proportions qui ne sont nullement en rapport avec la masse de sucres simples disparus. De plus, les polysaccharides supérieurs, de condensation plus élevée que l’amidon, sont en décroissance marquée dans les feuilles réchauffées et il en résulte une perte notable en sucres insolubles. Comme dans le cas du Lierre, la disparition des sucres simples doit être attribuée surtout à la combustion respiratoire. De cette dernière expérience deux faits surtout sont intéressants à relenir ; d’une part la diminution de la prulaurasine et d'autre part les réactions négatives obtenues avec la liqueur iodo-iodurée sur les feuilles de Laurier-cerise.
4° La diminution de la prulaurasine constatée dans les feuilles laissées à l'étuve ne peut être vraisemblablement ättribuée qu'à l'activité de la fonction respiratoire et par suite il semblerait que les glucosides, la prulaurasine tout au moins, ne devrait pas être
considérée, suivant l'hypothèse admise par quelques auteurs, comme un déchet fonctionnel du végétal, mais plutôt comme une réserve sucrée spéciale à quelques plantes, et utilisée au même titre que les réserves hydrocarbonées ordinaires.
2 On a remarqué, quant à l'amidon, les résultats contradictoires obtenus, d'une part, par les réactions microchimiques à l'iode des feuilles conservées dans l'alcool qui amenait à conclure à l'absence totale de ce polysaccharide, et, d'autre part, les résultats positifs obtenus avec l’amylase après les traitements préliminaires donnés en détail dans la technique adoptée ici. L'explication de ce fait parait résulter des travaux de Jentys (1) qui s’est occupé spécialement de cette question. D'après cet auteur, l’amidon ne donnerait presque jamais dans les extraits de feuilles, en présence de l’iode, la coloration bleue caractéristique de ce sucre. L'action de l'halogène serait entravée par les substances lanniques, comprenant non seulement le tannin, mais encore les acides gallique, quercitannique, catéchutannique, la vanilline, la phloroglucine ; d’où nécessité absolue d'enlever ces substances avant d'essayer l'action de l'iode. D'ailleurs ce qui a été dit pour ce métalloïde peut se répéter pour l’amvylase et il ne m'a pas fallu moins de cinq saccharifications successives, après l'épuisement à l’eau sous pression, pour extraire la totalité de l’amidon à l’état de maltose.
À l’action des matières tanniques vient s'ajouter encore celle des mucilages, si abondants dans la plupart des feuilles ; ceux-ci, fortement coagulés par les traitements alcooliques préliminaires, forment
un barrage presqu'infranchissable à la pénétration et de l’amylase et de l'iode.
En conséquence, on ne saurait se montrer trop prudent dans les conclusions relatives aux recherches microchimiques et le contrôle réciproque des résultats obtenus par les méthodes chimique et. microchimique s'impose nécessairement.
En résumé, par élévation de température, dans les limites des expériences, il m'a été impossible de constater une régénération appréciable d’amidon, par élévation de température, sur des feuilles
(1) Jenrys. Sur les obstaclés à la découverte de la diastase dans les feuilles et dans les tiges. Bull. Acad. des Sc. de Cracovie, Nov. 1892.
qui avaient été, au préalable, soumises à l'influence du froid; cependant les sutres solubles étaient en quantité abondante.
Les sucres solubles et insolubles diminuent progressivement par combustion respiratoire comme paraît l’établir leur disparition plus rapide à 30° qu’à 20°. Les glucosides dédoudables par l’émulsine et en particulier la prulaurasine paraissent contribuer pour leur part à l’entrelien de l’activité respiratoire, ce qui semblerait mettre en défaut l'opinion des auteurs qui veulent voir dans ces composés glucosés des déchets de la vie végétale.
L'augmentation sensible de la masse globale des composés tanniques, pectiques, mucilagineux causée par l'élévation de température dans les feuilles de Zaurier-cerise, autorise à supposer une transformation possible, dans les conditions des expériences, des sucres solubles simples, en glucosides, ce terme devant être pris dans le sens général défini au début de ce mémoire.
Relation entre la coloration des feuilles de Lierre et leur composition. — J'ai signalé plus haut que, dèsles premiers froids, certaines feuilles de Lierre, éparses dans le massif, présentaient de nombreuses taches brunes qui finissaient pas se réunir et donnaient au limbe de ces feuilles un aspect totalement différent des autres. Il était naturel de penser que ces différences d'aspect devaient être les signes extérieurs de différences profondes dans la composition de ces organes.
Dans le but de vérifier cette impression, j'ai récolté le 14 Mars sur le même massif:
1° un lot de feuilles entièrement vertes,
20 un lot de feuilles brunes.
Le résultat des analyses se trouve résumé dans le tableau IX C, dont la première partie se rapporte à 1000 feuilles et la deuxième à 100 gr. de substance sèche. Les variations sont de même sens dans les deux cas envisagés; les feuilles brunes paraissent plus riches encore en sucres réducleurs, dextrine, amidon et amyloïdes que les feuilles vertes ; l'écart est surtout sensible pour la somme des sucres insolubles et la totalité des sucres.
Comme il est assez difficile d'admettre que la synthèse chlorophyllienne soit plus intense dans les feuilles brunes que dans les
feuilles normales, il est vraisemblable de supposer que la migration des produits élaborés par les feuilles est fortement ralentie dans ces dernières par le développement d'une assise séparatrice ou l’obstruction partielle des vaisseaux conducteurs.
En résumé, si on compare les résultats obtenus dans les analyses de feuilles de végétaux toujours verts, aussi différents, tant au point de vue de l'espèce et du mode de végétation, que le Lierre et le Laurier-cerise, dans le cours de l’année, on obtient quelques points communs intéressants à signaler.
1° Les rapports des poids secs aux poids frais sont en progression constante depuis la fin de l'été jusqu'au printemps et cela quel que soit l’âge de l'organe foliacé ; les nombres sont sensiblement égaux pour les deux espèces considérées. Ce fuit parait être la conséquence du ralentissement considérable de l’absorption par les racines sous l'influence du froid, comme l’a démontré Mazé, du vieillissement des organes et de l'enrichissement en principes hydrocarbonés des tissus chlorophylliens.
2° Les feuilles persistantes de Lierre et de Laurier-cerise suivent exactement les mêmes lois de variations quant aux différentes catégories de sucres solubles ; maximum en hiver (Janvier) minimum en Septembre ; mais les feuilles de Lierre contiennent en hiver des quantités beaucoup plus considérables de sucres non réducteurs à base de lévulose; mêmes considérations pour les glucosides qui présentent un maximum en automne, un minimum en hiver, un nouveau maximum lorsque la végétation est en pleine activité, en ÊtE: |
3° Quant à l’amidon et aux polysaccharides en général, les résultats sont sensiblement différents. Les variations sont parallèles et de même sens ; mais tandis que l'amidon en particulier, chez les feuilles de Zierre, diminue constamment à partir de Septembre et disparait même complètement en hiver, ce polysaccharide, chez le ZLauriercerise, reste en quantité sensiblement constante pendant l'automne et l'hiver avec un léger minimum au moment des grands froids, ce qui confirme les recherches microchimiques d’Arbaumont sur les feuilles de ces mêmes plantes. Au printemps, les granulations amylacées s'accumulent rapidement et cela jusqu'en Mai pour le Lierre
et en Juin pour le Zaurier-cerise, époques auxquelles il se produit dans les deux cas une chute brusque de la courbe représentative des variations de ce polysaccharide. Etant donné les différences du mode de végétation à cette époque par suite de l'apparition de l’écran vert formé par les feuilles des arbres surmontant le massif de Lierre, on s'explique aisément la différence de date où le maximum en amidon est atteint dans les deux sortes de feuilles. 4° Si on considère maintenant l’ensemble des sucres insolubles, les résultats sont sensiblement différents suivant que l’on envisage le nombre de feuilles ou le poids sec, au moins dans l'intervalle de temps Août-Janvier. Les résultats rapportés à 4000 feuilles pour le Lierre, à 100 feuilles pour le Laurier-cerise, indiquent la persistance de ces sucres en quantité sensiblement constante pendant la période envisagée dans les organes foliaires du Laurier-cerise, et au contraire une diminution notable de ces mêmes substances, dans le même temps, chezles feuilles de Zierre ; à partir de Janvier, ces différences disparaissent et les variations deviennent dès lors de même sens. Les résultats rapportés à 100 gr. de substance sèche aboutissent dans les deux cas à une similitude complète ; maximum en Septembre, minimum en Décembre, maximum en Avril avec la même descente brusque de la courbe jusqu'en Juiliet. On obtient les mêmes résultats discordants dans la considération des chiffres se rapportant à la totalité des sucres dans les deux sortes de tableaux. Si l'on se reporte aux tableaux où les résultats sont rapportés à 1000 feuilles pour le /äerre, à 100 feuilles pour le ZLaurier-cerise, on constate un accroissement continu de la totalité des sucres chez le Lierre de Juin à Avril avec quelques faibles oscillations en Mars et Octobre; puis il se produit une diminution rapide de Mai à Juin. Le même fait se reproduit pour le Zaurier-cerise, avec cette différence toutefois que l'accroissement persiste jusqu'en Juin et que le minimum a lieu en . Septembre.