‹ Variation des Substances Hydrocarbonées dans les FeuillesChapitre 42 sur 55 · DV AE TETE TVA · texte numérisé non relu

DV AE TETE TVA

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Le tableau X résume les analyses qui ont été rapportées : 1° à 1000 folioles : partie A.

2° à 100 gr. de substance sèche : partie B.

Les résultats sont d'ailleurs sensiblement les mêmes.

L'examen du tableau X (A) permet de tirer les conclusions suivantes :

1° Les sucres réducteurs, non réducteurs et tous les sucres solubles en général subissent la même loi de variation ; ils augmentent d'une façon continue jusqu'en Septembre et diminuent ensuite rapidement jusqu'à la chute des feuilles. Cependant, tandis que les sucres solubles autres que les sucres à base de lévulose atteignent leur maximum dès les premiers jours de Septembre, les sucres non réducteurs sont au maximum seulement à la fin du même mois.

2° Les sucres complexes, glucosides et amidon, subissent des variations parallèles et de même sens que les monosaccharides : ils atteignent leur maximum dès les premiers jours de Septembre, ne subissent qu'une diminution relativement faible du 3 au 28, puis il se produit une diminution rapide, surtout pour l'amidon, pendant les derniers jours de la végétation. On peut faire des considérations de même ordre pour la totalité des sucres insolubles et pour le total général des sucres ; en particulier ce dernier devient, à la fin de la végétation, la moitié de ce qu'il était auparavant.

3° Les amyloïdes, hémicelluloses et, d’une facon générale, les polysaccharides de condensation supérieure à celle de lamidon, paraissent se comporter comme le saccharose, mais, sur la fin de la végétation, ces composés hydrocarbonés présentent une légère augmentation.

4° Le poids see des feuilles est en progression continue jusqu'à la fin de Septembre, il diminue ensuite rapidement. Le rapport poids sec/poids frais passe par un maximum au commencement du même mois; il s’affaiblit ensuite jusqu'au dépérissement complet du végétal.

Les résultats précédents, rapprochés des caractéristiques que présente la plante aux époques correspondantes, vont permettre de

donner une explication rationnelle des faits qui viennent d'être énumérés.

On sait que les organes reproducteurs sont le siège d'une respiration intense ; la forte consommation de principes hydrocarbonés qui s'ensuit, ces derniers provenant en majeure partie des feuilles, explique dans une certaine mesure la faible teneur de ces organes en sucres solubles au moment de la floraison. Une autre cause possible de la faible teneur des feuilles en hydrates de carbone solubles serait la mise en réserve provisoire d'une partie de ces principes par condensation dans la racine, la tige ou même les feuilles. Je reviendrai plus loin sur cette question.

Les jeunes gousses ne paraissent pas utiliser pour leur développement les réserves hydrocarbonées des feuilles. En effet, à l'époque où ces organes ont atteint leurs dimensions définitives, mais où la graine est à peine indiquée, les feuilles atteignent leur taux maximum en sucres à petite molécule, et en polysaccharides de réserve, quoique les conditions de végétation soient moins favorables en Septembre qu’en Août. Ou bien le développement des fruits s’effectue aux dépens des réserves accumulées dans les tiges et les racines pendant les premières phases du développement, ou bien la fonction chlorophyllienne qui s'exerce dans ces organes est assez intense pour suffire à la consommation ternaire de l'appareil reproducteur. J’essayerai, dans le prochain chapitre, d’élucider cette quéstion. Avec l'apparition des graines les choses changent radicalement. Ces dernières sont le siège d’une condensation énergique des principes nutritifs et en particulier des composés sucrés, dont l'influence doit se faire sentir jusque dans les organes les plus profonds du végétal et à plus forte raison sur les feuilles. Gelles-ci continuent à assimiler, mais l'équilibre précédemment établi entre la production et la consommation des sucres est rompu en faveur de cette dernière, par suite et de la disparition graduelle de la chlorophylle, et de l'approche de la mauvaise saison (abaissements de latempérature et de la luminosité). Cette rupture d'équilibre ne fait que s'aecentuer davantage, les feuilles se vident peu à peu des réserves qui étaient accumulées dans le limbe à la floraison, si bien qu’au moment de leur chute, elles ne contiennent plus dans leur parenchyme que de faibles quantités de réserves ternaires.

L'examen du tableau X (B) où les résultats des analyses sont

rapportés à 100 gr. de substance sèche, me conduirait sensiblement aux mêmes conclusions. On voit que les feuilles vertes différent essentiellement des feuilles jaunes au point de vue de leur composition carbonée, par une plus forte proportion de polysaccharides de réserve.

Les variations parallèles etde même sens des glucosides et de l’'amidon paraissent confirmer les conclusions relatives à la première catégorie de ces substances données à propos des feuilles persistantes et qui tendaient à faire considérer ces composés comme des réserves, résultant de l’activité chlorophyllienne au même titre que l’'amidon.

En somme, chez le Haricot ramé, il y a accumulation des principes hydrocarbonés dans les feuilles depuis la floraison jusqu'au moment où les gousses ont atteint leurs dimensions définitives, mais où les graines sont à peine indiquées ; puis les réserves diminuent rapidement, sans doute au profit de la graine et aussi par l’affaiblissement qui va jusqu’à la disparition complète de la synthèse chlorophyliienne et la persistance des combustions respiratoires. Cependant les feuilles ne se vident jamais complètement et les feuilles jaunes tombées, quoiqu'appauvries en sucres, en contiennent encore des quantités très appréciables, allant jusqu’au 1/6 de leur poids sec.

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