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de la vie de la plante ; il n'y a pas de mise en réserve proprement dite pendant cette première phase.
2° Pendant toute la période de développement des gousses jusqu’au moment où les fruits ont atteint leurs dimensions définitives, les graines étant encore à peine indiquées, les sucres viennent s'emmagasiner dans la tige et le développement des fruits ne parait nullement entraver cette mise en réserve.
3° Celle-ci s'arrête bientôt et le développement des graines entraine un appauvrissement continu de la tige en principes hydrocarbonés, jusqu'à la fin de la végétation.
L'examen du tableau XIIT montre que les considérations émises à propos de la tige et du pétiole des feuilles s'appliquent aussi dans leurs grandes lignes aux limbés de ces dernières. Cependant ceux-ci | présentent quelques caractéristiques que j'ai cru bon de signaler. Tout d’abord la présence d’un sucre (1) soluble dans l'alcool, non dédoublé par l’invertine dans les conditions de l'expérience et qui parait être surtout abondant sur la fin de la végétation, à l'époque qui précède immédiatement la maturité des graines. Ce fait coïncidant avec l'absence d'amidon, permet de supposer qu'on se trouve en présence d’une forme de réserve. On sait en effet que la présence d’amidon dans les feuilles vertes n’est pas un phénomène général, de nombreuses espèces végétales pouvant édifier leurs réserves hydrocarbonées sous une autre forme. Cependant l'absence de substance amylacée pourrait encore trouver son explication dans ce fait que le traitement des organes végétaux n'a été effectué que 24 h. après la récolte et que, dans ces conditions, les phénomènes de migration se continuant, la totalité de l’amidon des feuilles aurait passé dans la tige ou la racine. L'examen microscopique, et l’analyse chimique effectués immédiatement après la récolte de feuilles de la même espèce, permettront de résoudre la question.
Les réserves hydrocarbonées des feuilles se trouvant sous une “orme soluble et à poids moléculaire peu élevé, il semblerait en
() Les solutions, débarrassées des composés tanniques par l’acétate de plomb et l’acide sulfhydrique ne sont pas dédoublées par l’invertine. Ce sucre ne provient donc pas d’un résidu d’inversion.
résulter que le pouvoir de condensation des parenchymes foliaires, pour les hydrates de carbone, est d’une intensité plus faible que celui des tiges. D'autre part le maximum des sucres étant atteint fin Septembre à l'époque qui précède immédiatement la maturation des graines, il s’ensuivrait que les réserves des-tiges passeraient dans les graines avant celles des feuilles. Si l’on remarque que, d'une façon générale, dans tousles organes des plantes annuelles, le taux maximum des sucres réducteurs coïncide avec la proportion maxima d'amidon dans l'organe considéré et que ces deux sortes de sucres subissent la même loi de variation, on peut conclure que le taux maximum des réserves serait atteint :
1° au moment de la floraison pour la racine;
2° à l'époque qui précède immédiatement la formation des graines pour la tige;
3° au moment qui précède immédiatement la maturité des graines pour les feuilles. |
Les proportions des différentes catégories de sucres sont beaucoup plus faibles pour la feuille que pour la tige, dans le rapport de 1 à 3, ce qui accentue le rôle d’organe de réserve de cette dernière.
Il résulte des considérations précédentes que la totalité de l’appareil végétatif de la plante annuelle, racine (tout au moins quant aux sucres réducteurs) tige, feuilles, subissent, au cours de leur évolution, des variations en principes hydrocarhonés, de même intensité et de même sens. Si l’on considère que ces organes ont une même durée de vie, renferment tous de la chlorophylle (à l'exception des racines), il va là une concordance de fonction et de composition intéressante à retenir. Cependant si à un moment donné, les diflérentes parties du végétal fonctionnent Comme organes de réserve, ce caractère est beaucoup plus accentué chez la tige que chez la feuille. Ces dernières, à l'inverse des tiges, sont surtout des laboratoires, exceptionnellement des entrepôts, de principes nutritifs.
En résumé, l'évolution des principes hydrocarbonés des plantes annuelles serait le suivant : Pendant les premières phases du développement jusqu'au moment de l'apparition des graines, les sucres provenant de la synthèse chlorophyllienne s'accumulent dans l’appareil végétatif. Ce dernier se gorge de sucres complexes et se sature de sucres simples et cela dans l’ordre suivant :
racine, tige, feuilles, la saturation gagnant de proche en proche jusqu'aux organes qui sont par excellence les générateurs des principes sucrés ; au moment du développement des graines, les hydrates de carbone quittent peu à peu l'appareil végétatif. Les racines se vident les premières, puis la tige et enfin les feuilles et les substances lernaires émigrent vraisemblablement vers la graine où elles vont se condenser. Mais l'épuisement en principes hydrocarbonés n'est jamais complet et la mort surprend la plante alors qu'elle contient encore des quantités notables de ces substances ternaires dans la racine, les tiges et les feuilles.