Tiges et pétioles
Le tableau XIT (A) donne les résultats des analyses rapportés à 100 gr. de substance sèche ; le tableau XIT (B), les résultats des mêmes analyses rapportés à 100 gr. de substance fraiche. La comparaison de ces deux tableaux établit que les variations des hydrates de carbone sont sensiblement identiques dans les deux cas. Cependant la dernière récolte est en discordance très nette ; cela tient à ce que les organes récoltés à cette époque ont subi un commencement de dessiccation, ce qui entraine un taux élevé en principes sucrés
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pour les résultats rapportés à 100 gr. de substance fraiche. On considérera donc seulement les résultats du tableau A.
1° Les sucres réducteurs augmentent légèrement pendant le laps de temps qui s'écoule de la floraison à la formation des fruits ; ils diminuent ensuite rapidement pendant le développement des graines et, à la fin de la végétation, la proportion de ces sucres tombe au 1/4 de ce qu’elle était primitivement.
2° Les sucres non réducteurs dédoublables par l'invertine présentent leur maximum à l’époque de la floraison ; leur proportion s'affaiblit ensuite jusqu’à l’évolution complète de la plante, d’abord très légèrement, ensuite plus rapidement, pendant le développement des graines.
3° La forte proportion de dextrines sur la fin de la végétation doit être en rapport avec la digestion de l’amidon.
4° Les sucres simples existent dans la tige en proportion assez considérable qui peut atteindre le 1/10 du poids sec; cette proportion reste sensiblement constante jusqu’à l'époque du développement des graines avec un léger maximum à ce moment; elle diminue ensuite rapidement Jusqu'à la mort de la plante.
5° Les glucosides sont en progression continue depuis la floraison jusqu’à la période qui précède immédiatement la maturité; à partir de cette époque, ils paraissent en régression à peine accusée.
6° L’amidon se comporte dans ses variations comme les sucres réducteurs avec un maximum très net et rapide à l’époque qui précède immédiatement le développement des graines; puis ce sucre de réserve diminue régulièrement jusqu'à la fin de la végétation ; il est à noter qu’à ce moment, les tiges en contiennent encore des proportions qui sont loin d’être négligeables.
7° Les polysaccharides supérieurs (amyloïdes et celluloses de réserve) présentent des variations de même sens et inverses de celles de l’amidon. Ces principes hydrocarbonés, au minimum en Septembre, augmentent ensuite régulièrement jusqu’à la fin de la végétation. Cependant le sens des variations des sucres insolubles et au total n’en est pas modifié pour cela, et se trouve être celui des sucres réducteurs.
L'explication des faits que je viens d'énumérer est facile à donner.
Comme je l'ai déjà fait remarquer à propos de l'étude des feuilles des plantes annuelles il se produit, dans les premières phases de l’évolution du végétal, jusqu'à la formation des graines, une aceumulation de sucres solubles et insolubles aussi bien dans la racine que dans les tiges des plantes considérées. Les racines paraissent se saturer de sucres les premières, puis c’est le tour de la tige où il se produit, entre la floraison et le développement des graines, une mise en réserve très importante de principes sucrés simples et complexes. D'après ce qu'on a vu déjà à propos des feuilles annuelles, le même fait se produit pour les organes foliacés. En Septembre, en effet, l’évolution des jeunes organes est terminée, et quoique les conditions de synthèse soient moins favorables qu'en Août, la presque totalité des sucres formés par les parenchymes chlorophylliens est mise en réserve dans les organes végétatifs de la plante, à l’exception d'une certaine quantité utilisée pour la nutrition générale des cellules vivantes. Mais dès que les graines entrent dans leur phase de développement, les réserves hydrocarbonées de la tige s'épuisent vite, l’amidon plus rapidement encore que les sucres simples; ces composés hydrocarbonés doivent émigrer dans les graines qui jouent le rôle de condenseur non seulement pour les sucres résultant de l’activité chlorophyllienne, mais encore pour tous les termes de la série hydrocarbonée de condensation égale ou inférieure à l’amidon. Ce dernier sucre disparaît donc des tiges à ce moment pour deux raisons : la plus grande quantité de ce polysaccharide passerait dans les fruits soit sous la forme soluble, ou bien après avoir été digéré au préalable par une amylase, comme parait lindiquer la forte proportion de dextrines dans les tiges sur la fin de la végétation, le reste subirait une condensation plus avancée en amyloïdes et celluloses à structure moléculaire relativement simple. Mais les tiges des plantes considérées ne se vident jamais complètement au profit de la graine et le courant migrateur cesse alors que l'appareil de soutien contient encore des quantités importantes de chacun des principes de la série hydrocarbonée.
En somme, chez le Haricot :
1° Jusqu'au moment de la floraison, les hydrates de carbone résultant de l’activité chlorophyllienne paraissent être utilisés surtout pour le développement de l'appareil végétatif et l'entretien
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