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CONCLUSIONS GÉNÉRALES

J'ai été amené à la suite de ce travail à mettre en évidence un certain nombre de faits nouveaux relatifs à l’évolution des principes hydrocarbonés dans les feuilles des végétaux.

A. Feuilles caduques.

1° Elles présentent au point de vue de l'évolution des substances sucrées deux phases bien distinctes :

1e phase : phase de synthèse et de polymérisation. Elle s'étend du printemps à la fin de l’été. Pendant toute cette période, les parenchymes assimilateurs présentent un enrichissement constant des tissus en principes hydrocarbonés solubles et insolubles. Les feuilles vertes, à la fin de la belle saison, sont riches en toutes les catégories de sucres, mais surtout en formes de réserves, amidon ou amyloïdes suivant les espèces. Mes analyses ont mis en évidence l’importance

de chacun des termes de la série hydrocarbonée au cours de cette première phase.

2% phase : phase d'hydrolyse et de simplification moléculaire. Elle comprend la période de jaunissement jusqu'à la mort de la feuille. J’ai montré que lorsque l'organe foliaire entre en sénescence, les tissus du limbe sont le siège d’une simplification moléculaire intense, d'une véritable débâcle chimique qui n'intéresse pas seulement la chlorophylle, mais encore toutes les réserves nutritives emmagasinées dans les tissus et en particulier les polysaccharides. Il en résulte une réduction considérable sinon totale des colloïdes hydrocarbonés et une formation corrélative et abondante d’hydrates de carbone à petite molécule.

2 Une partie des sucres simples est entraînée par le courant de sève élaborée et passe dans les parties vivaces du végétal. Ce sont les dernières manifestations de la circulation centripète ; la subérification de la base du pétiole, la réduction de l’activité des échanges

osmotiques par abaissement de température et dessiccation progressive des organes végétaux, entrainent l'arrêt de la migration. Il en résulte une accumulation de sucres solubles dans les feuilles jaunes plus riches en hydrates de carbone simples que les feuilles vertes correspondantes.

3° Dans les feuilles tombées, toute la série des composés hydrocarbonés est représentée sauf cependant l’amidon qui peut faire totalement défaut. La prédominance des sucres réducteurs, très accusée au début, s'atténue peu à peu et ainsi se trouve préparée l’action des précipitations atmosphériques, des combustions respiratoires et des bactéries pullulant surle sol, toutes causes d’épuisement rapide des réserves du parenchyme foliaire.

4° Le développement progressif du système séparateur à la base du pétiole de la feuille étant corrélatif d'une accumulation de sucres solubles dans le limbe, doit être considéré comme une décortication annulaire naturelle de la base de la feuille.

B. Feuilles persistantes.

J'ai été amené à distinguer dans l’évolution des principes hydrocarbonés de ces feuilles 3 phases successives.

1" phase. Du printemps au début de l'été, les sucres solubles sont en décroissance marquée ; c'est l'inverse pour la proportion d'amidon qui va en augmentant rapidement.

2e phase. En Juin, j'ai montré que la courbe représentative des réserves ternaires subit une chute brusque suivie d’un palier qui persiste jusqu'à la fin de l'automne.

3e phase. À l'arrière saison le même phénomène de digestion des polysaccharides signalé à propos des feuilles caduques, se produit dans les feuilles hivernales. Les sucres simples s'accumulent dans le parenchyme chlorophyllien comme dans les feuilles jaunes qui vont tomber et cette concentration du suc cellulaire favorisée par l'action des basses températures hivernales, est encore augmentée par l’activité affaiblie, mais persistante, de la synthèse chlorophyllienne.

Cette concentration élevée du suc cellulaire en hydrates de

carbone solubles tient moins, comme l'indiquent mes analyses, à la proportion des sucres réducteurs, qu'au taux relativement élevé de di- ou trisaccharides à base de lévulose.

D'une facon générale,le maximum en polysaccharides correspond au minimum en sucres simples et réciproquement. Tout se passe comme si les hydrates de carbone en présence étaient en équilibre chimique:

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