I. — RÉSULTATS DES ANALYSES, EN GRAMMES, RAPPORTÉS A 1000 FEUILLES
SUCRES SOLUBLES roraL | | POIDS SEC DATES DES RÉCOLTES | me Ne Glucosides | AMIDON | TOTAL Réduoteurs | Nom Réduct. | pExTRINES | SOLUBLES | de 1000 feuil, | | 9 Juin. f. vertes. 2,565 | 0, 960 : 0,075 | 3, 600 | 2, 087 | 0, 900 | 126, 800 13 Septnb. £. vertes. | 2, 692 | 0, 860 | 0, 075 | 3, 627 | 2, 300 | 0, 900 | 110, 900 10 Octobre f. vertes. | 1, 900 | 0, 500 | 0, 150 | 2, 550 | 2, 300 | 0, 150 | 105, 500 2 Novemb. f. jaunes. | 3, 075 | 0, 312 | 0, 225 | 3, 612 | 1, 825 | 0, 700 | 101,900 3 Novemb. f. brunes.| 2, 087 | 0, 312 | 0,130 | 2, 534 | O0, 100 | O, 1% 91,100 18 Décemb. f. brunes. | 0, 575 | 0, 045 | 0, 170 | 0,790 0, 130 | 0, 175 | 87,500 II. — RÉSULTATS DES ANALYSES RAPPORTÉS A 100 GR. DE SUBSTANCE SÈCHE Jan 12,022 | 0, 77 | 0,059 | 2, 838 | 1, 646 | 0, 709 | 13 Septembre | 2, 427 | 0, 715 | 0, 067 | 3, 269 | 2, 072 | 0, 810 | 10 Octobre IMAC COM NOT ANR O AO RE NEC | 24180 PO 108] 2 Novembre | 8,017 | 0, 305 | 0, 220 | 3, 542 | 1, 789 | 0, 745 3 Novembre 112,298 10,349 07148809, 1788200 1090 20 2192 0 18 Décembre 0, 657 | 0, 051 | 0, 182 |! 0, 890 | 0, 148 | O, 200 | | |
Dans la première partie, ces nombres sont rapportés à mille feuilles ;
Dans la deuxième partie, à 100 gr. de substance sèche.
On peut conclure des résultats réunis dans le tableau précédent :
1° Que le poids de 1000 feuilles de Fagus est en décroissance continue de Juin à Décembre. Cette simple constatation a son impor-
tance ; elle nous permet déjà d'affirmer la disparition graduelle des principes minéraux où organiques des feuilles.
2° Les sucres réducteurs présentent un maximum relatif en Septembre puis diminuent rapidement et, dans l'espace de quelques semaines, tombent aux 2/3 de ce qu'ils étaient auparavant. Le 2 Novembre la courbe se relève brusquement; les feuilles contiennent à ce moment le maximum absolu de sucres réducteurs. Ce fait est expliqué par les basses températures qui se sont produites pendant les quatre où cinq nuits qui ont précédé la récolte des feuilles et pendant lesquelles le thermomètre est descendu à — 1° et même à — 2° centigrades. Quoi qu'il en soit, notons ce fait, que les feuilles jaunes de Fagus sont alors gorgées de sucres et présentent leur teneur mazxima en hydrates de carbones à petite molécule. Ce sucre disparait ensuite peu à peu à mesure que la feuille traverse des stades de dépérissement de plus en plus avancés. Dans les feuilles brunes, le 1/4 des sucres réducteurs a déjà disparu. Cette élimination ne fait que s’accélérer dans la suite puisque, dans les feuilles tombées en Octobre, laissées en plein air d'Octobre à Décembre et analysées en Décembre, il ne reste plus que le 1/6 des sucres réducteurs.
3° Quant aux sucres non réducteurs, leur diminution est graduelle et continue de Juin à Décembre. De Juin à Septembre leur diminution est à peine visible; mais à partir de Septembre elle va en s'accélérant de telle sorte qu'en Novembre la proportion de ces sucres est déjà tombée au 1/3 de sa valeur primitive ; en Décembre les sucres non réducteurs ne représentent plus que le 1/20 de ce qu’ils étaient en Juin ou Septembre et le 1/9 environ de la teneur des feuilles de Novembre. Ces sucres atteignent donc leur maximum dans les feuilles vertes, diminuent rapidement jusqu'au moment du jaunissement, restent en proportion à peu près constante pendant que les feuilles brunissent et enfin disparaissent très rapidement lorsque les feuilles sont tombées.
4 La teneur des feuilles en glucosides est à son maximum pendant la période Septembre-Octobre ; à partir de ce moment la somme des composés glucosidiques diminue rapidement et, dans les feuilles brunes, il n’en existe plus que le 1/18 de ce que contenaient les feuilles jaunes. À partir de ce stade les composés glucosidiques ne semblent pas diminuer sensiblement.
Donc : maximum des glucosides dans les feuilles vertes ; diminution très appréciable dans les feuilles jaunes; différence énorme au point de vue de la teneur en glucosides entre les feuilles jaunes
et les feuilles brunes.
5° On remarquera que les feuilles ne contiennent que de petites quantités de dextrine ; en pleine végétation, c'est-à-dire de Juin à Septembre, la somme des dextrines reste sensiblement constante. En Octobre elle est déjà le double de ce qu'elle était en Septembre. La teneur en dextrines s'élève encore et atteint son maximum en Novembre, dans les feuilles jaunes, avec une valeur triple environ de ce qu'elle était en Septembre ; elle diminue ensuite dans les feuilles brunes, mais à ce moment les feuilles contiennent encore une quantité de dextrines double environ de celle qui se trouvait dans les feuilles vertes. Ce fait doit tenir sans doute à la destruction rapide de l’amidon des feuilles à la fin de l'automne, sous l'influence
des basses températures.
6° L'amidon suit exactement la même loi que les sucres non réducteurs ; ce fait n’a rien de surprenant puisque les disaccharides et trisaccharides représentent les premiers stades de condensation des monoses, la première phase de la mise en réserve, et peuvent par suite, dans une certaine mesure, être considérés comme des dépôts nutritifs. La teneur en amidon reste à peu près constante de Juin à Septembre; elle diminue déjà très sensiblement de Septembre à Octobre; cette diminution se continue ensuite ; mais tandis qu'elle est à peine sensible d'Octobre à Novembre, elle s'accélère très rapidement dans le courant de Novembre, tombe à une valeur qui parait rester constante et qui n’est guère que le 1/5 de la valeur maxima. La teneur en amidon est donc maxima dans les feuilles vertes, un peu plus faible dans les feuilles jaunes ; mais tandis que la différence entre les quantités d’amidon des feuilles vertes et jaunes est à peine sensible, elle est considérable au contraire entre les feuilles jaunes et les feuilles brunes, qui en renferment à peine le 1/4 de ce que contiennent les feuilles jaunes.
7° Enfin, si nous effectuons la somme des hydrates de carbone solubles, nous voyons qu'ils atteignent leur maximum enSeptembre. Ce fait tient à la présence considérable des glucosides, qui présentent justement leur maximum en Septembre et donnent par conséquent
le signe de leur variation à la somme des corps hydrocarbonés. La diminution des hydrates de carbone solubles s'accentue dans les feuilles vertes plus âgées ; mais dans les feuilles jaunes il se produit une hausse rapide, si bien que cette teneur est très voisine de celle des feuilles de Juin. Gette hausse rapide est de courte durée, la somme de ces hydrates de carbone diminue ensuite rapidement ; dans les feuilles brunes de Novembre, elle n’est déjà plus que la moitié de celle des feuilles jaunes et dans les himbes exposés aux intempéries, il n'en reste plus, fin Décembre, que le 1/6.