‹ Variations De L'Équilibre Vago-Sympathique Au Cours De Quelques ÉrythèmesChapitre 18 sur 25 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ROSÉOLE SYPHILITIQUE

Auïpoiut de vue dermatologique, la rougeole, c’est une roséole. C’est même, d’après la classification des roséoles établie par Brocq sur l’aspect clinique objectif de la lésion, le type de la première catégorie de roséole, dont la macule ou la légère papule s’efface complètement sous la pression du doigt pour reparaitre d’ailleurs immédiatement après ; alors que le type de la deuxième catégorie de roséole est représenté par la roséole syphilitique dont la tache (macule) est en général plus grande que dans la rougeole et peut ne pas s’efacer entièrement par la pression. k

Il nous a donc paru logique de faire suivre l’étude de l’éruption rubéolique de celle de la roséole syphilitique à laquelle nous adjoignons les syphilides papuleuses parce que ne représentant au point de vue anatomo-pathologique qu’un degré de plus dans la formation des lésions cutanées.

En eflet, « dans la syphilide papuleuse lenticulaire,

lépiderme est passivement distendu, aminci, quelquefois avec exfoliation cornée. Le corps papillaire et la couche supérieure du chorion sont le siège d’un infiltrat très abondant, cohérent, de cellules, parmi lesquelles dominent les plasmocvtes et se rencontrent quelques cellules géantes ; au pourtour du foyer principal, l’infiltrat se résout en manchons périvasculaires de plasmocytes. Dans la roséole, l’intiltrat cellulaire est très discret » (Darier). | De même pour Balzer, dans la roséole : « malgré la superficialité apparente de l’éruption, les lésions sont plus intenses qu’on ne le jugerait d’après leur aspect clinique ; ce n’est pas, en effet, seulement de la congestion du derme que l’on trouve à l'examen anatomique, mais des altérations de l’endothélium et du périthélium vaseulaires. IL y a une infiltration d'éléments cellulaires (plasmazellen) dans le derme, dans les papilles, autour des glandes et des follicules pileux, mais beaucoup moins dense que dans la papule et plus diffuse. En somme l’altération est surtout vasculaire et il ne se forme pas encore nettement de granulome péri-vasculaire. Il ne commence à se montrer que dans les roséoles à éléments saillants : roséole ortiée ou papuleuse ».

Nous avons suivi les variations du tonus vago-sympathique dans 17 cas de roséole ou de syphilides cutanées secondaires : papuleuses ou papulo-squameuses. Comme ici Pévolution de l'érythème est beaucoup plus longue que dans la rougeole (où on a affaire à un érythème en quelque sorte subaigu) et surtout que dans l’éruption sérique (où l’érythème urticarien est une manifestation cutanée vraiment aiguë), nous n'avions pas cru, a priori,

obtenir des résultats fort intéressants pour notre geare de recherches. D'autre part, pour avoir une allure générale de la courbe des variations sympathiques, nous avons pensé qu’il n’était pas nécessaire de contrôler quotidiennement le tonus sympathique mais seulement une ou deux fois par semaine. Pour environ la moitié des cas observés, le R. O. C. a été pris tous les 3 jours, pour l’autre moitié tous les 7 jours. Le premier examen a été, pour chaque malade, pratiqué avant toute intervention thérapeutique, sauf pour quelques cas où il a été fait après uné seule injection de un centigramme de cyanure de mercure. De plus, chacun des examens ultérieurs a été fait à plusieurs jours (au moins un ou deux) de distance d’une injection médicamenteuse.

Si l'expérience nous a montré que les examens faits à ces intervalles étaient suffisants, elle nous a fait voir aussi que contrairement à ce que nous pensions, l'équilibre vago-sympathique était perturbé d’une façon régulière et durable au cours de l’éruption roséolique. Nous avons pu constater qu'il y avait toujours inversion de la formule vago-sympathique pendant la présence de cet exanthème ; c’est-à-dire que l'on note une sympathicotonie relative ou même franche chez les sujets normalement vagotoniques (cas normaux, 7 fois sur 8) et une légère vagotonie chez les sujets à R.O.C. qui est ordinairement nul ou faiblement accéléré.

La sympathicotonie contemporaine de l’éruption est habituellement proportionnelle à l'intensité de la réaction cutanée et en particulier au degré de la manifestation érythémateuse. C’est ainsi qu’elle est en général plus marquée

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