‹ Variations De L'Équilibre Vago-Sympathique Au Cours De Quelques ÉrythèmesChapitre 23 sur 25 · ÉQUILIBRE VAGO-SYMPATHIQUE ET SCARLATINE · texte numérisé non relu

ÉQUILIBRE VAGO-SYMPATHIQUE ET SCARLATINE

Voici cette fois un érythème encore plus beau que celui de la rougeole et que celui de la roséole syphilitique, c’est un érythème généralisé, au moins quant au tronc, composé d’un fin piqueté formant une nappe continue, sans intervalles de peau saine. Au point de vue microscopique : rien de spécifique dans les lésions histolos;iques de la peau atteinte de scarlatine. Il s’agit d’une congestion ayant souvent le caractère hémorragique, même dans les formes d'intensité moyenne. L’inflamma-

tion est constituée par un infiltrat de cellules disposées en foyer autour des vaisseaux du derme et des follicules pilo-sébacés. Les mononucléaires et surtout les polynucléaires qui constituent ces foyers gagnent et dissocient les cellules épidermiques. A ce niveau il se fait promptement des lésions de vacuolisation qui aboutissent à des vésicules épidermiques ‘renfermant des leucocytes desséchés, début de la desquamation qui se poursuit par une

parakératose un peu particulière au milieu de laquelle on retrouve de petits amas de leu’ocytes pelynucléaires.

Ily a toujours dans la scarlatine plus ou moins de ruptures capillaires et d’hématies extravasées.

En résumé, c’est le processus congestif qui prédomine.

Donc, tant au point de vue clinique qu’au point de vue anatomique, le processus de congestion est prépondérant. Il semblerait donc que dans la scarlatine plus encore que dans la rougeole, une sympathicotonie nette soit la règle au cours de léruption. L'étude des courbes que nous avons construites d’après les observations de 16 cas de scarlatine d'intensité variable, pris dans le service de M. le P' Nobécourt à l’hôpital des Enfants-Malades, nous a &@ priori fort étonné en montrant chez la presque totalité des malades un équilibre vago-sympathique très instable, variable d’un jour à l’autre, indiquant tantôt une vagotonie tantôt une sympathicotonie, et cela même pendant la durée de l’éruption.

Nous ne savions comment interpréter ces faits jusqu'à ce que M. Tinel, auquel nous dimes notre perplexité, après avoir réfléchi à la question, pensa qu’une participation importante de la surrénale (qui est presque toujours plus ou moins atteinte dans sa fonction et même dans son intégrité anatomique au cours de la scarlatine : maladie à tension basse) pouvait troubler l’équilibre vagesympathique et masquer la sympathicotonie. Il nous conseilla de prendre quotidiennement la tension artérielle chez les malades suivis.

L'étude parallèle de la tension prise au Pachon, de

éruption et du réflexe oculo-cardiaque, nous a donné

comme M. Tinel avait prévu, la clef du problème et ainsi les courbes du tonus vago-sympathique dans la scarlatine, s’expliquent très bien. Le lecteur pourra s’en rendre compte aisément en étudiant deux de ces courbes que nous avons reproduites ici (courbes 3 et 4 de la planche V) avec les indications qui les accompagnent portant sur le degré d'intensité de l’éruption et sur les pressions artérielles correspondantes. Nous avons choisi à dessein deux types différents de scarlatine au point de vue de latteinte surrénale.

Dans l’un des cas (courbe 3, planche V, V. René, 40 ans, E. M.) la surrénale est très peu touchée, ainsi que l’atteste la tension artérielle, qui reste sensiblement la même au cours de l’éruption et après sa terminaison (tension normale pour un enfant de 10 ans alité) ; le tonus vago-sympathique n’étant par conséquent que peu ou pas influencé par l’élément endocrinien, ses variations seront parallèles à l’intensité de l’éruption. C’est bien en effet ce que montre la courbe. On note aussi une petite sympathicotonie réactionnelle quelques jours après la terminaison de l’exanthème, et qui coincide avec une légère hausse de la tension artérielle.

Dans le second cas (courbe 4, pl. V, A. Anaise, 41 ans, E. M.), la surrénale est relativement assez touchée, la tension maxima qui reste en effet à 10,5 au cours de l’éruption, s’élève progressivement jusqu’à 12,5 un peu après sa terminaison. Aussi, quoique cette fois l'éruption ait été plus intense que dans le premier cas (courbe 3, la sympathicotonie résultante, constatée par le R. 0. C., est beaucoup moindre que pour l’autre mal:de. Elle con-

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