‹ Variations De L'Équilibre Vago-Sympathique Au Cours De Quelques ÉrythèmesChapitre 4 sur 25 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous avons voulu étudier ici les variations de l’équilibre vago-sympathique au cours des érythèmes.

Il nous avait paru naturel que les érythèmes qui sont des congestions cutanées actives, c’est-à-dire des phénomènes vaso-moteurs actifs, fussent sous la dépendance de ’état du sympathique, ou tout au moins en relation avec cet état, et que par conséquent, l’apparition d’un érythème coincidât avec un déséquilibre vago-sympathique du sujet chez lequel il survient.

Avant Claude Bernard, les rapports entre phénomènes vaso-moteurs et système grand sympathique avaient été entrevus par différents auteurs, en particulier par Henle (1846) qui attribuait au système nerveux une action puissante sur la tunique musculaire des vaisseaux, et par Stilling qui, à la même époque, créa le terme de nerfs vaso-moteurs pour les nerts qui agissent sur les vaisseaux directement ou par voie réflexe. Mais la période vraiment expérimentale pour ces études commence seulement, et d’une façon magistrale, avec les célèbres expériences de Claude Bernard sur le sympathique cervical en 1851,

LATOURE

1832, et sur la corde du tympan en 1858, expériences qui établirent d'une façon concluante l'existence des nerfs vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs. Il faut mentionner aussi à cette époque les travaux importants de Brown Séquard (1852) et les expériences de Vulpian. Pais les élèves de CI. Bernard ainsi que d’autres physiologistes, en particulier Dastre et Morat, Charrin et Gley, étudièrent la topographie des nerfs vaso-dilatateurs et leur action, ils recherchèrent aussi leurs centres et le fonctionnement de ces centres.

Tous ces travaux ainsi que les remarquables leçons de Vulpian sur la physiologie de l’appareil vaso-moteur, ont établi les bases des phénomènes de vaso motricité.

Nous inspirant de ces données, mais partant d’un point de vue surtout clinique, ce qui, à notre connaissance, n'avait jamais encore été envisagé, tout au moius d’une façon suivie et précise, nous avons pensé que des manifestations érythémateuses très nettes telles que les éruptions de la rougeole et de la scarlatine, les éruptions sé:riques, les érythèmes toxiques, la roséole syphilitique, et bien d’autres encore, offraient un champ d’études tentant et inexploré, aux recherches sur les variations du tonus sympathique au cours de leur apparition. Des phénomènes éruptifs d'une telle intensité et d’une telle étendue cutanée devaient en effet s'accompagner d'une réaction générale dusystème vago-sympathique. Aussi avons-nous pris les quelques types bien définis d'érythèmes précités comme base de notre étude.

D'autre part, il nous a semblé a priori, et nos expériences l'ont bientôt confirmé, que le mode d'investiga-

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tion de choix du tonus vago-sympathique, du moins jusqu’à présent, était pour une étude clinique, le réflexe oculo-cardiaque. Nous en reparlerons plus longuement dans le prochain chapitre.

En nous plaçant dans les conditions précitées tant au point de vue des types d’érythèmes que du moyen d’investigation du sympathique, nous avons pu étudier la question d’une manière simple et pour ainsi dire expérimentale, ‘et malgré les imperfections inévitables de l'exploration, nous pensons avoir entrevu les variations de l'équilibre vago-sympathique avec une approximation assez grande pour nous permettre d’en dégager des conclusions suffisamment exactes.

Plutôt que de faire un grand tableau d’ensemble, nous avons prétéré, pour la clarté du sujet, traiter séparément les éruptions sériques, les érythèmes toxiques et médicamenteux,la rougeole, la roséole syphilitique et la scarlatine, dans leurs rapports avec le système vago-sympathique.

Chacun de ces chapitres comprendra des paragraphes concernant : l’anatomie pathologique, le résultat d’ensemble et étude détaillée de la courbe des variations de l’état sympathique du sujet avant et après l’éruption, et au cours de celle-ci, les déductions à tirer de cette étude.

Nous ferons ensuite une étude comparative des résultats obtenus dans les 5 types d’érythèmes choisis et nous donnerons nos conclusions.

Nous terminerons ce travail par un petit appendice où nous parlerons des idées que nos recherches et nos conclusions nous auront suggérées au point de vue patholologie générale, pronostic et thérapeutique.

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