‹ Variations: de l'équilibre vagosympathique au cours de quelques érythèmesChapitre 17 sur 29 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nous avons voulu voir ce qui se passait au point de vue équilibre vago-sympathique au cours de la rougeole. Là encore nous avons affaire à un érythème intense, moins il est vrai que dans l’urticaire, puisqu'il est seulement maculeux ou légèrement papuleux sans processus important d’exsudation, mais il est cependant bien marqué, aigu par son évolution, donc probablement en relation avec des perturbations sympathiques.

Au point de vue anatomo-pathologique, la base des réactions de la peau et des muqueuses répond à un processus congestif, dans lequel l’hyperémie vasculaire aboutit à un certain degré d’exsudation et de diapédèse, plus marqué dans la rougeole que dans la scarlatine, mais moins marqué que dans l’érythème ortié. Il y a infiltration leucocytique péri-vasculaire, péri glandulaire, intrapapillaire. Dans quelques cas rares, la congestion peut allerjusqu'à la rupture vasculaire déterminant l'hémorragie

Dre

de la peau. Catrina pu étudier microscopiquement la peau dans un cas de rougeole terminé par la mort. Il a trouvé : dans le derme, une diapédèse des globules blancs ; dans V'épiderme une substance colloide distendant la cavité péri nucléaire des cellules de Malpighi et refoulant le protoplasma. À ces masses colloides s’ajoutaient des cellules, épithéliales, des globules blancs, lésions bien suffisantes pour expliquer la desquamation qui termine le processus éruptif. Ils’agit-là, en somme, d’une nécrose par coagulation.

Le même processus congestif se retrouve sur les muqueuses donnant naissance aux localisations lésionnelles dont la description clinique est bien connue.

Réserve faite des complications, ce processus congestif ne présente aucun caractère anatomique distinct.

Voici donc encore une affection où l’élément congestit domine le tableau clinique comme il est la caractéristique au point de vue lésionnel. Quelles vont être 1es modifications de l’état vago-sympathique au cours de la maladie et en particulier au cours de l’éruption ?

Nous les avons étudiées sur 29 cas de rougeole, bénigne, moyenne ou grave, chez des enfants de 1 an à 15 ans, et nous avons trouvé pour tous des résultats concordants. Cette étude a été faite pour 20 cas dans le service de contagieux de M. Apert, aux Enfants-Malades, et pour contrôle dans le service de M. J, Renaut à l'hôpital St- Louis pour 6 cas, et enfin pour 3 cas dans la parte dn service de M. le Professeur Nobécourt, nouvellement affectée à la rougeole.

Les courbes que nous avons construites d’après nos ob-

LA

servations, et dont nous reproduisons ici six (voir la planche IT ci-contre et la planche V page 47), ont une allure générale uniforme. Leur étude nous permet de dire :

4° pendant la période d’invasion (courbes 1 et 2), le sujet est en état d’hypervagotonie; dès qu’apparait l'éruption d’une façon un peu marquée, la vagotonie diminue. En même temps que l’éruption devient nette, la sympathicotonie remplace la vagotonie,cette sympathicotonie est parfois relative, mais le plus souvent franche (R. O. C. nul ou inversé), et d'autant plus marquée que l’éruption est plus intense.

La sympathicotonie passe par un maximum quand l'éruption est à son acmé (en général au deuxième jour de l’éruption). Puis, au fur et à mesure que l’éruption diminue, la sympathicotonie fait place à une vagotonie,soit progressivement croissante, soit très forte d’emblée. Quand l’éruption a complètement disparu, le sujet est revenu à son état de vagotonie normale, état qui est précédé parfois d'une courte phase d’hypervagotonie (ce qui est comparable à ce que nous avions déjà remarqué dans l'éruption sérique).

Nous n’avons rencontré au cours de notre étude sur la rougeole que deux sujets normalement sympathicotoniques. Dans ces deux cas survenus chez de grands enfants (41 ans et 13 ans), la maladie a été très bénigne, très courte, réalisant une forme fruste avec une éruption très discrète et fugace, qui a coïncide avec une yagotonie légère et très passagère, la sympathicotonie réapparaissant au bout de 24 heures ou 48 heures et se maintenant les

jours suivants.

LAURENT

Page 1