CONCLUSIONS
De l’ensemble de cette étude sur les rapports du tonus vago-sympathique et des manifestations érythémateuses, on peut conclure que :
I. — D'une façon générale, l’érythème coexiste avec la sympathicotonie, les deux phénomènes ont une évolution parallèle et ils disparaissent simultanément. Cette sympathicotonie est toujours précédée et le plus souvent suivie d’une courte période d’hypervagotonie.
IT. — La sympathicotonie empêche la production d'un choc anaphylactique, alors que la vagotonie et surtout l’'hypervagotonie en sont la condition prédisposante nécessaire. C'est ce qui a été démontré expérimentalement par Tinel, Santenoise et Garrelan (expériences de contrôle pratiquées au laboratoire de M. le Professeur Ch. Richet) ; c’est ce que nos présentes études confirment à nouveau à propos d'une observation de Tinel et d’une communication de MM. Apert et Broca (cas respectivement relatés aux chapitres let IT).
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IL. — La sympathicotonie de même que l'érythème dont elle est, sinon la cause déterminante, du moins la cause prédisposante, semble pouvoir être interprétée comme une réaction de défense de l'organisme.
En effet, dans les diverses maladies à érythèmes étudiées par nous, que les fonctions de l'organisme soient troublées : par des peptones hétérogènes (éruption sérique) ; par des toxiques (intoxications médicamenteuses : As, Bi; ou auto-intoxications d’origine alimentaire) ; par des infections microbiennes (rougeole, roséole ) ; nous voyons apparaître toujours une sympathicotonie qui atteint son maximum quand l'infection paraît le plus intense, et diminue puis disparait en même temps que l’organisme revient progressivement à son état normal.
Partant de cette idée que, probablement la sympathicotonie est une réaction générale de défense, on estamené à penser que puisqu'elle existe dans la rougeole (pour prenre l'exemple le plus frappant) qui estune maladie éruptive mais aussi une maladie infectieuse cyclique, la sympathicotonie doit exister aussi dans la pneumonie lobaire franche (maladie cyelique), tout au moins à la période d’état. C'est ce qu'ont remarqué pour cette affection Tinel et Santenoise ; c’est ce que nous avons pu constater nousmême pendant la phase aiguë de plusieurs érysipèles de la face ; c’est probablement ce qui existe dans la fièvre typhoide (où il y a d’ailleurs éruption de taches rosées) au moins pendant le deuxième septennaire ; et cela doit être la règle générale dans toutes les maladies à cycle, à périodes. Dans toute cette catégorie d’affections, la sympathicotonie se maintient jusqu’à la guérison si l’évolution
doit se faire vers cette fin ; elle fait au contraire probablement place à une vagotonie le plus souvent exagérée si l'organisme faiblit ou s’il survient une complication grave. Personnellement nous avons pu vérifier cette dernière proposition dans quelques broncho-pneumonies post-morbilleuses graves. En ce qui concerne ces cas nous pensons que l'organisme est trop faible pour pouvoir faire les frais d'une réaction sympathicotonique.
Mais nous voyons cependant que la sympathicotonie, même dans une maladie éruptive comme la scarlatine, peut manquer, ou tout au moins ne pas se manifester d’une façon continue au cours de l'éruption. Nous avons pu constater que dans cette affection, la réaction sympathicotonique était masquée par l'atteinte surrénale, L'étude de cette fièvre éruptive nous incite à penser que l’on peut admettre avec assez de vraisemblance pour les maladies infectieuses aiguës où la sympathicotonie n’est pas apparente {tout au moins à nos procédés actuels d’investigation), Pexistence d’une sympathicotonie plus ou moins cachée, et diminuée par l'atteinte d'organes impor tants, en particulier des glandes endocrines.
De cette notion que la sympathicotonie semble être un processus général de défense, il résulterait que la constatation de son existence ou de sa non-existence au début et au cours d’un certain nombre de maladies aiguës, pourrait avoir une valeur pronostique importante. Or, on sait que dans la rougeole l'intensité et l'étendue de l’érythème (qui, en fait, mesurent grossièrement le degré de sympathicotonie ainsi quil résulte de notre étude) sont un élément pronostic important.
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