PAT
Cette notion de la sympathicotonie réaction de défense nous conduit aussi à une orientation thérapeutique. Car si elle est exacte, il en découle qu’on devra au début ou au cours d’une maladie, chercher à provoquer, à maintenir ou à augmenter la sympathicotonie. Or, nous avons vu, au cours de notre travail, que sympathicotonie et érythème marchaient toujours de pair. On pourra donc probablement réveiller la réaction sympathicotonique de défense en essayant de provoquer un érythème, par exemple sous la forme d’une forte et large révulsion cutanée.
Cest d’ailleurs ce que l’on fait empiriquement depuis longtemps et avec de bons résultats, tant au point de vue préventif (Sinapisation pour les rougeoles mal sorties ; frictions amenant une rubéfaction cutanée ; pédiluves) qu’au point de vue curatif (enveloppements sinapisés dans les affections broncho-pulmonaires ; balnéation suivie de de friction ; flagellation ortiée (Trousseau, etc... Or, nous avons pu vérifier experimentalement , à plusieurs reprises, notre hypothèse, en constatant et sur des enfants et sur des adultes, que la rubéfaction cutanée produite artificiellement (par enveloppement sinapisé ou friction énergique au gant de erin) provoquait une sympathicotonie très appréciable. Cette sympathicotonie est d’ailleurs assez fugace, d’où l’utilité de renouveler souvent la révulsion cutanée, et indication de cette méthode surtout dans les maladies aiguës.
Le mécanisme de la méthode révulsive semble donc pouvoir être expliqué, au moins en partie, par ce qui précède.
La médication, par le choc, en particulier par l'injec-
Pres
tion desérum hétérogène non spécifique, nous paraît agir aussi de la même façon, en provoquant à un certain moment une sympathicotonie (recherches expérimentales de Tinel et Santenoise, et de M. Laurent). Cette notion pourrait sans doute permettre de régler avec plus de précision ce mode thérapeutique.
Il en est de même pour la médication adrénalinique, et probablement aussi, dans un autre ordre d'idées, pour la méthode des sétons (si en honneur autrefois) «t l’abcès de
fixation.
Avant de terminer, disons qu’il nous paraïitrait intéres-
sant d'étudier au point de vue de l’équilibre vago-sympathique des états tels que l'accès de fièvre, (dans des cas bien typiques comme l'accès paludéen), et dans un autre ordre d'idées plus en rapport avec le sujet même de notre thèse : les prurits et aussi la topographie des érup tions.
Notons aussi que la sympathicotonie provoquée par l'apparition d’un érysipèle chez un malade atteint de cancroïde de la face, a peut-être une influence sur le retard de l’évolution ou la régression de cette affection.
Il serait intéressant, mais peut-être bien complexe, de chercher quelle part prend le névraxe dans les phénomères d'équilibre vago sympathique.
Nous espérons que des études seront poursuivies dans ce domaine, études auxquelles le présent travail apporte une modeste contribution, et qu'elles pourront conduire non seulement à des vues satisfaisantes pour l’esprit, mais encore à des notions d’ordre pronostique et thérapeutique, but de toute vraie médecine.
RSA Vu : Bon à imprimer ; . Vaile Doyen, Vu: le Président de Thèse, 1 L H. ROGER. - Cnarces RICHET. © NES i Vu et permis d'imprimer 5 :
Le Recteur de l’Académie de Paris P.APPELL. Se *\