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lite. Les moindres détails de sa iont connus. Elle en est sortie à /enir à la maison paternelle. Là par un commis de son père et ir Paris. Elle avait seize ans. Elle ées la rue Cujas, puis elle change habiter la rue des Gobelins. Au bout de trois mois elle perd son amant de fièvre typhoïde et revient habiter rue Cujas, Elle y reste seulement huit jours; elle tombe malade et est admise à la Salpètrière ; elle en sort pour aller à Versailles et de là à Rochefort. Dans le somnambulisme, la mémoire est donc complète. Le livre de cette vie est ouvert tout entier; aucun feuillet n'est déchiré. En même temps l'état physique s'est transformé; il n'existe ni anesthésie ni hyperesthésie.
Voilà donc deux conditions bien différentes aux points de vue physique et psychique.
En étudiant de plus prèS cette malade, on découvre des différences encore plus grandes si l'on tient compte des sentiments propres à chaque état et de leur expression par le geste, la physionomie, le langage et l'écriture.
Dans l'état ordinaire, le sujet a un langage approprié à sa situation sociale. L'écriture mérite d'être remarquée.
somnambulisme, au contraire, le langage est ré, l'attitude timide. V... M... lit des deux ; son écriture est modifiée.
I est tenté tout d'abord d'assimiler ces deux états X de Félida, et, à l'exemple de M. Azam, de les net condition prime et condition seconde. Touteen pénétrant plus profondément dans cette ;, on s'aperçoit bientôt que la condition seconde se décomposer en plusieurs états différents corndant aux différentes époques de !a vie. L'état aire actuel n'est autre chose qu'une de ces épo- , L'état complet des facultés mentales ne s'obplus qu'artificiellement, par le somnambulisme >qué.
us avons eu plus de peine que sur le sujet du tre précédent à provoquer le changement d'état ;s moyens physiques. L'aimant, plusieurs mène donnèrent pas le résultat désiré. Une plaque >ic appliquée sur le côté insensible produisit un Diement bientôt étendu à l'autre côté du corps, élément qui cessa bientôt et laissa après lui un out nouveau.
lyperesthésie existe toujours à gauche ; l'acuité Ile est plus faible qu'à l'état ordinaire, surtout jche. Parésie et légère contracture générales ; arche et même l'attitude debout sont impossi-
jErv"-
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bles; le bras gauche est complètement malade se croit à la Salpêtrière, dans I M. Charcot, où elle dît être entrée depi Elle se croit en 1881. Elle n'a que vîng La mémoire est complète du reste dep jusqu'à cette époque.
Nous avons obtenu ce' même état en la suggestion sur le système moteur :
« Au réveil, vous aurez les mouveme « et douloureux , le bras gauche sera p; « le côté gauche sera très sensible. » l est fidèlement exécutée, et quand on . dt à V... M... où elle se trouve, elle répoi bablement qu'elle est à la Salpêtrière M. Charcot, qu'elle a vingt et un ans, i
Bnfin, le même état a encore été obi sant par la suggestion sur l'état mental :
« réveillerez à la Salpêtrière, à l'âge dt « ans, en 1 881 . » Au réveil, le bras gat lysé; tous les mouvements sont diffic gauche est hyperesthésié.
Ici, par conséqpent, comme chez n sujet, on obtient des états concordants [ somatiques, en agissant sur une qui fonctions nerveuses.
Ce résultat nous donna l'idée de faii
fférentes phases de l'existence de V... M... par ggestion ainsi faite : « Au réveil, vous aurez tel 2 » ; ou encore : « Vous vous réveillerez à tel droit. » Toujours nous avons obtenu un état ique et un éta"t mental absolument d'accord.
I lui dit de se trouver avenue des Gobelins au ent de la maladie de son amant. Au réveil, elle lus de troubles de la sensibilité. Elle est en proie e vive douleur morale; elle pleure à chaudes ;s. On lui demande pourquoi elle pleure :
lyez mon amant qui se meurt d'une fièvre Dîde! »
1 la ramène encore à l'âge de quinze ans, elle jr le point de sortir de pension. Elle rend compte ;s occupations journalières. Elle ne peut faire du let, mais elle fait de la tapisserie. Son écriture brmce comme il convient à cet âge. La mée est complète. Les mouvements sont parfaitet libres.
[fin on lui dit de se réveiller à l'âge de dix ans. n'est pas encore malade ; sa voix est enfantine, hysionomie est tout à fait changée. Elle sait le est à la pension depuis deux ans; sa mé- ■e est complète du reste jusqu'à celte époque. connaît sa maîtresse, sa pension, ses amies.
gestes, ses habitudes, ses paroles, sont en con-
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cordance parfaite avec son âge. Son é d'un enfant. La sensibilité et les n toute leur intégrité.
En s' adressant à la mémoire seule tien, on retrouve les mêmes états av goûts, le langage, l'écriture et les phé tiques qu'elle avait à telle ou telle éf
Par exemple : « A votre réveil, vo viendrez que des dix premières année Elle se trouve à la pension :
« Elle aura dix ans au 7 avril p « peut dire l'année. Elle est en penst « ans, elle venait de che;^ papa, où « quelques mois seulement . Elle a été « nourrice oit elle est restée jusqu'à si « Son père l'avait laissée en nourrie.
« l'aimait pas. On n'a jamais voulu « sa mère qu'elle aurait perdue à but, est enfantine. Elle a les goûts de son avec une poupée qu'on lui met entre de troubles du mouvement ni de la écriture est absolument la même qi a dit de se réveiller à dix ans.
On voit, par ces exemples, que l'on vre toutes les impressions qui ont étt dans le cerveau à telle ou telle époc
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que ce réveil de la conscience est si talions physiques qui existaient à ci
Ces faits de variations de la p.
moins rares qu'on ne le suppose. 1 l'un de nous d'observer une jeune mi la mémoire à la suite de crises d'hy
Il s'agit d'une jeune fille qui, à l'a.
le 5 octobre 1884, a été prise brusq qu'elle travaillait en classe, d'une p connaissance qui se prolongea une ron. Cet accident se reproduisit U dans la soirée et régulièrement à L'enfant restait étendue, inerte, dan:
lution musculaire complète, sans le ment dans la coloration de la face, respiration. L'accès finissait brusqu avait commencé et l'enfant déclara pas conscience de ce qui venait d souffrait de la tète continuelles complète de la main et de l'avant-bi
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et de la jambe du même côté, pas de motilitê. Après une dizaine d'accès, membre inférieur droit, puis dans le à vingt jours après le début des accid debout n'était plus possible et le lit d mentgardé. En même temps survenai de la vue, de l'ouïe et la perte de la tard sont survenus des contractures l'hyperesthésie cutanée et des accès t l'intervalle des accès, appétit irrégi nul; elle ne mange pas de viandt vomissemen.t depuis la première pe sance. Pas de constipation habituelle, parfois ralenti. Urine ne contenante d'urée par jour. Pas de fièvre. Somn par des douleurs de tête. L'intelligen jugement parfait, l'esprit fin, délié, pi tère généralement gai, enjoué, mais totalement disparu, quinze jours apr sa maladie. A partir de cette époque, i' tout à coup sans le moindre souvenir rieurs et de la plupart des notions d'or qu'elle avait acquises. Excepté ses par pent d'elle constamment, elle ne recc sonne. Elle a même oublié ses deux j« cependant elle voit à chaque instar
, ni écrire, ni touciier du piano. La mémoire îes et des objets les plus communs est perdue otsqui les désignent ne réveillent plus aucune )Urtant elle parle très volontiers, son intelH- ;t ouverte et cherche à s'appliquer ; de sa part, me continuellement des questions, des comis avec les objets placés à sa portée pour arrimprendre ce qu'elle a toujours ignoré. Bien le ne se souvient en général que d'une mamfuse de ce qui c'est passé les jours précé-
'acultés affectives n'ont pas étç atteintes.
son père est en voyage, elle demande de ses ;s et s'intéresse à ses lettres; elle n'a pas ■ séparer d'un médaillon contenant sa photo- . L'enfant souffre continuellement d'une gie sourde, généralisée et aussi d'une douleur e dans la région du cœur, îiste de l'anesthésie et de l'hyperesthésie.Tous sont affectés. Il y a des hallucinations de la ; contractures permanentes, il en est depassa-
ccès, c'est-à-dire les pertes de connaissance sans convulsions, sont rapidement devenues ^uents ; de un, le nombre s'est bientôt élevé inq par jour. Les accès se produisent exclu-
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sivement le jour et dans la première moitié d Leur durée est excessivement variable. Quelq non convulsifs, ressemblent à l'absence épiie ne se prolongent pas au delà d'une ou deux :
Ils ne viennent point spontanément, mais ils terminés par une impression vive, une coi Les autres, beaucoup plus longs, s'accompagn tamment de cris, d'agitations, de convulsion dépendants de toute cause provocatrice ex Ils durent de dix minutes à six heures, Per temps, c'étaient des spasmes laryngiens très Ji semblait que l'enfant allait mourir d'asphy: alors que sont apparues la douleur profonde région ducceur, l'hyperesthesie et les contrai J'avant-bras,les irrégularités et le ralentisse pouls. Plus tard, les spasmes du larynx ontct faire place à un état convuisif général toujo douleur au cœur. Alors les accès de chaque y parés à ceux des jours précédents se repi presque invariablement aux mêmes heures, jnême durée et la même force. L'enfant ser venir; elle prend ses dispositions. Elle reste s; vement, lesyeuxfixes; il se fait une brusque in de la tête sur l'épaule droite, puis elle perd sance, applique sa main droite sur la région t «Ile est immobile, raidie, et tous les mus
sont en contraction tonique... Au bout lin temps se produisent des tentatives de ent du tronc et de la tête en avant, puis des ents de la tête qui brusquement se porte ement d'une épaule à l'autre.
ie la mémoire ne s'est pas modifié en 1886, sie parait se rattacher à l'apparition des preises et au développement des contractures, lersisté.
re cas, observé sur une jeune fille nerveuse, quable au point de vue de la variation que observer dans sa personnalité. Il suffit, dans sommeil, de lui dire de se retrouver à telle ; sa vie pour que les souvenirs se réveillent écis. Elle se trouve dans la même situation et mentale où elle se trouvait alors.
R..., âgée de vingt-quatre ans, est née à ns le département de la Haute-Vienne. Elle :hez ses parents jusqu'à l'âge de onze ans; envoyée à Mortemart où elle est restée trois
D AUTRES SUJETS içj
■ù elle a appris l'état de lîngère ■s l'âge de dix-sept ans, elle est l'un grand propriétaire dans les ïfoucauld; elle s'y trouve encore ornent où l'un de nous a eu l'oc-
Ile très nerveuse, mais aussi proie. Elle est sujette à des crises de s; pas de crises convulsîves, mais juissements; appétit capricieux; énorrhée.
it hypnotisable ; elle dort d'un t à son réveil elle a de l'am-
■veiller à lage de six ans. Elle se its, onest au moment de laveillée, de peler des châtaignes. Elle a ;mande à se coucher; elle appelle I de lui aider à finir sa besogne, mais André s'amuse à faire des : des châtaignes au lieu de trat fainéant, il s'amuse à en peler '.je pèle le reste. »
parle le patois limousin, ne sait peine l'A B C. Elle ne sait pas ançais. Sa petite sœur Louise ne
veut pas dormir : « Il faut toujours dandiner ma sœur qui a neuf mois, » Elle a une attitude d'enfant.
Après lui avoir mis la main sur le front, on lui dit •que dans deux minutes elle se retrouvera à Tâge de
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FiG. 12. — Dictée de Jeanne ^... a l'âge de dix ans
dix ans. Sa physionomie est toute différente ; son attitude n'est plus la môme. Elle se trouve aux Fraiss, au château de la famille des Moustiers, près duquel elle habitait. Elle voit des tableaux et elle les admire. Elle demande où sont les sœurs qui l'ont accompagnée,
SUR d'autres sujets 155
elle va voir si elles viennent sur la route. Elle parle comme un enfant qui apprend à parler, va en classe chez les sœurs depuis deux ans, mais elle est restée bien longtemps sans y aller ; -sa mère étant souvent malade, on Tobligeait à garder ses frères et ses sœurs. Elle commence à écrire depuis six mois, elle se rappelle une dictée qu'elle a donnée mercredi et elle écrit une page entière très couramment et par cœur; c'est la dictée qu'elle a faite à l'âge de dix ans. (fig. 12).
Elle dit ne pas être très avancée : « Marie Coutureau aura moins de fautes que moi; moi, je suis toujours après Marie Puybaudet et Marie Coutureau, mais Louise Rolland est après moi. Je crois que Jeanne Baulieu est celle qui fait le plus de fautes, »
De la même manière, on lui dit de se retrouver à l'âge de quinze ans. Elle sert à Mortemart chez M"* Brunerie : « Demain, nous allons aller à unejète, à un mariage, — Au mariage de Baptiste Colombeau, le maréchal, C est Léon qui sera mon cavalier. Oh /nous allons bien nous amuser! Oh! je nHrai pas au bal, M'^ Brunerie ne veut pas; f y vais bien un quart d'heure, mais elle ne le sait pas, » Sa conversation est plus suivie que tout à l'heure. Ellle sait lire et écrire. Elle écrit le Petit Savoyard (fig. 13).
Avant d'entrer chez M"* Brunerie, elle habitait chez
elle; il y a trois ans qu'elle est ici. Elle n'est pas bien malheureuse.
On lui dit de se réveiller le 1 1 novembre 1885. Elle se trouve chez ses maîtres. Il y a une chasse au cerf :
Jiê^^
FiG. 13. — Ecriture de Jeanne R... à l'âge de quinze ans.
« Vite, Madame, MadamSy descende^ vite. Voye^, voye:^, ils passent là-bas, . . Mademoiselle Thérèse, necrie:^ pas. Terteiy la voiture qui passe; voilà, voilà la voiture. TeneT^, le cerf est mort; on le ramène en voiture. » Elle fait la description exacte de tout ce qui s'est passé réellement.
d'autres sujets 157
elle a vingt-trois ans ; on lui deide son écriture. On lui dit d'écrire «:rite l'autre jour à sa mère. Elle M).
.<^lîïZé>f^ —
trois écritures sont bien différentes, ns est bien celle d'un enfant; entre ; et de vingt-trois ans, il y a moins
:11e dit en parlant de la lettre de
e c'est bien son écriture. Elle est
étonnée d'avoir écrit le Petit Savoyard qu'elle ne sait
plus; mais à quinze ans, elle le savait bien ; M"* Brunerie le lui faisait répéter souvent. Quand on lui fait voir la dictée qu'elle a faite à dix ans, elle dit que ce n'est pas elle qui l'a écrite.