‹ Variations des Réactions Psychomotrices en Fonction de l'Altitude De la Pression Barométrique et de la Tension Partielle de l'Oxygène dans l'Air InspiréChapitre 16 sur 23 · LÉ ER · texte numérisé non relu

LÉ ER

Le 21 août, l’auteur de ces lignes, accompagné de quatre camarades devant être ses sujets d’expériences, quittait Chamonix vers midi et empruntant le petit chemin de fer de montagne qui conduit les tou-

ristes vers le glacier de Bionnassay, puis le sentier

F1G. 4. — L'Observatoire Vallot (4.362 mètres)

qui monte vers les contreforts de l’Aiïguille du Goûter, atteignait le confortable refuge du Club Alpin élevé au lieu-dit Tête-Rousse (3.167 m.) vers 5 heures de l'après-midi.

Le lendemain, après une nuit semblable à celle que passent dans les refuges les alpinstes heureux de retrouver des amis, nous nous mettions en marche vers le Mont-Blanc, à 4 heures du matin, sans avoir beaucoup dormi.

À 6 heures, notre groupe atteignait le sommet de l’Aiguille du Goûter (3.835 mètres), puis ce fut la montée sur le flanc du Dôme du Goûter (4.304 m.). Cette partie du parcours fut à vrai dire assez pénible ; nous nous trouvions dans l’ombre et dans le vent, et plusieurs d’entre nous souffrirent cruellement du froid.

À huit heures, nous étions au sommet du Dôme du Goûter désormais au-dessus de 4.000 mètres et quarante-cinq minutes plus tard, dédaignant de pousser jusqu’au sommet du Mont-Blanc que nous avions les uns et les autres gravi déjà plusieurs fois, nous entrions à l'Observatoire Vallot.

L’obscurité et le froid y régnaient. Enfin, après l’avoir rendu plus habitable, en allumant nos réchauds, en ouvrant les volets qui gardent des rayons solaires de bien petites fenêtres, nous arrivâmes à faire monter le thermomètre un peu au-dessous de zéro. A 10 heures, après nous être restaurés tant bien que mal, installés dans le célèbre salon oriental de lObservatoire, nous pouvions commencer nos mesures.

Nous avons ainsi procédé pour chaque sujet à deux séries de mesures séparées entre elles par un repos convenable. À 15 heures, nous terminons la dernière série, après quelques photographies, nous fermions

l'Observatoire et abandonnions le col du Dôme pour descendre vers la vallée de Chamonix.

Voici quels furent les résultats obtenus :

X, — pouls 84 —— respiration normale ; X., — pouls 90 -— respiration normale ; X, — pouls 82 — respiration normale ; X, — pouls 82 — respiration normale.

Audition Tact Vue Choix NE 1 13 25 24 12 16 24 25 14 16 21 24 12 #7! 20 23 20 16 20 22 15 14 17 21 15 16 20 20 14 15 18 18 15 16 23 25 17 15 21 26 Le 11 15 URSS 13 11 19 18 14 11 16 20 12 9 15 22 11 13 21 18 12 14 . 18 19 10 10 15 26 13 11 15 22 15 10 16 30 9 11 15 27

Moyenne : 12 17 16,9 21,9

Xe

Moyenne :

Moyenne :

Audition

CDS

T'act 1:

Vue

Choix

LA

Ces deux expériences très voisines lune de Fautre et pourtant différentes étant donné la progression lente et régulière vers l’altitude de 5.000 mètres en Himalaya —— et l'élévation rapide jusqu’à 4.350 mètres environ sur le Mont-Blanc permettent de présenter des résultats sensiblement identiques.

Dans l’un et l’autre cas, on ne peut véritablement pas tenir compte des modifications minimes qui apparaissent dans les chiffres. Ainsi, chez les sujets que nous avons étudiés — dans des conditions d’instrumentation et de technique absolument semblables jusqu’à l'altitude de 5.000 mètres les réactions psychomotrices ne subissent pas de modifications.

Les réactions psychomotrices et la pression barométrique

* L'action de la pression barométrique sur Porganisme humain n’est plus à démontrer ; on trouve déjà dans le remarquable traité de Paul BERT, paru en 1878, toutes les notions fondamentales.

Nous avons été amené à étudier l’influence de la pression barométrique sur les réactions psychomotrices lorsque nous avons cherché à contrôler en laboratoire les mesures faites en Himalaya ou sur le Mont-Blanc.

Sans vouloir empiéter sur les chapitres suivants, nous pouvons dire que, effectuant dans le caisson des mesures à une pression correspondant à une altitude de 5.000 mètres, nous avons pu noter une altération très nette des temps de réaction.

Quel était alors le facteur à incriminer — quelle interprétation pouvions-nous donner à ce phénomène, c'est ce que nous exposerons dans les pages qui vont suivre.

Avant tout, nous avons donc cherché à établir l’influence de la dépression pure. Nous avons voulu désigner par le terme de dépression pure celle réalisée dans un caisson à dépression atmosphérique, et nous

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