CARLE
voudrions surtout éviter une confusion créée par le fait qu’en général pour la commodité de l’exposé, cette dépression est « traduite en altitudes ».
Il existe un différence considérable entre le milieu réalisé à 266 mm. 8 de Hg, obtenu en caisson, et complètement isolé des conditions annexes qui l’accompagnaient dans la nature — et le milieu trouvé à 8.000 mètres d’altitude sur le sommet d’une montagne ou dans le ciel, en avion par exemple. Ces facteurs atmosphériques, électriques, cosmiques même dont la réalité et l'influence nous échappent pour le moment, nous ne pouvons pas en négliger l’existence.
Afin donc d’étudier la dépression pure, nous avons placé observateur, sujets et instrument dans un caisson complètement isolé des facteurs évoqués plus haut.
Restait une cause importante dont l'influence devait être supprimée : l’abaissement de la tension de l'oxygène dans l’air inspiré. Si au sol, la tension de l’oxygène dans l'air est de :
à pression plus basse, on conçoit qu’elle s’abaisse en fonction de la pression. Un moyen extrêmement simple éliminait de façon absolue ce facteur important: ramener par inhalation d'oxygène la tension à la valeur qu’elle a au sol ; c’est-à-dire 159 mm. de Hg.
Les sujets furent donc munis de masques inhalateurs du modèle de l'Armée de l’Aiïr. Les mesures s’ef-
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fectuèrent à une pression de 266 mm. de Hg correspondant à l’altitude 8.000 mètres. Tous nos sujets y furent soumis. La « montée », si l’on peut dire, se faisant à une moyenne de 500 mètres-minutes. Une série de mesures durait environ 20 minutes par sujet. Comme nous étions trois dans le caisson (observateur compris), nous séjournions environ trois quarts d'heure à une pression de 266,8 mm. de Hg.
À part quelques douleurs dentaires, aucun de nous ne se trouva incommodé ; d’ailleurs, la présence de M. le Médecin Commandant BERGERET ou de notre camarade le Médecin Lieutenant GiorbAN, très habitués aux manœuvres du caisson, nous donnait, à nous qui pouvions voir de quelles précautions ils nous entouraient, cette confiance qui évite bien des accidents. Nous exposons ici les résultats obtenus :
Caisson — 8.000 + O?
Audition Tact Vue Choix X, 15 12 20 23 15 15 18 20 15 12 18 23 15 13 19 25 7 15 19 22 13 19 20 20 15 12 20 29 15 16 17 27 12 15 T7! 26 14 15 20 19
Moyenne : 14,4 13,8 18,8 23,9
Audition Tact Vue Choix D 12 13 22 13 15 16 1j] 15 19 13 IE 20 11 13 19 13 13 19 12 15 20 17 14 18 12 11 20 11 14 19 Moyenne : 12,5 13,8 19,2 EE 10 12 18 20 11 11 15 19 do 11 17 20 10 12 17 19 11 12 18 15 15 12 15 22 14 13 16 22 11 11 15 20 11 12 17 22 11 JR} 17 20
Moyenne : 11,9 FL 16,5 19,9
LR CES
Audition T'act Vue Choix CAR 10 10 19 25 11 14 20 20 12 til 16 25 10 12 18 26 13 bi 18 DT 13 11 15 26 18 13 17 25 12 14 1174 23 11 12 18 18 13 12 15 21 Moyenne : à 12 7 23,6 Xe 10 11 18 20 11 10 15 20 10 11 L7 21 11 12 17 17 10 12 1% 20 14 10 19 25 11 10 16 24 10 11 15 30 10 12 17 24 10 10 15 30
Moyenne : 10,8 10,9 16,6 23,1
Audition Tact Vue Choix Xe 13 11 21 24 | 13 15 19 23 14 14 18 33 11 15 19 A2 14 15 21 30 22 F9 19 34 14 14 20 24 13 11 13 24 16 14 18 25 20 15 23 24 Moyenne : 14,7 13,9 19,8 26,3 Xe: 16 14 157 16 13 18 20 25 15 13 21 18 15 15 19 22 18 F2 16 29 18 16 2 21 15 18 23 23 16 16 14 31 16 13 18 20 15 15 16 25 Moyenne : 157 Fos 18,8 22,6
Comme on peut le voir, les chiffres obtenus à une pression barométrique correspondant à une altitude de 8.000 où auraient dû se produire des perturbations dans le temps de réaction sont, chez des sujets munis d’inhalateurs d'oxygène, identiques à de minimes différences près, à ceux obtenus chez des sujets au sol.
Les réactions psychomotrices et la tension de l'oxygène dans l’air inspiré
L’enchaînement logique de nos expériences nous amena donc à l’étude des variations des réactions en fonction de la tension de l'oxygène dans l’air inspiré.
Pour ces expériences, nous avons eu recours à deux procédés :
A. — Expériences en caisson
Une fois de plus, nous allions utiliser le caisson à dépression du Laboratoire de recherches médico-physiologiques de l'Armée de l’Air au Val-de-Grâce. Il allait nous permettre d’observer à partir de quel abaissement de la tension de l’oxygène varierait éventuellement le temps de réaction. En effet, bien que la composition de l’air inspiré fût la même, le sujet n’y trouvait plus la même tension d'oxygène. D’après la formule :
on 209 * Pression barométrique (:)
dans air inspiré 100
(1) De laltitude envisagée, bien entendu.
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