CARLE
Considérations - interprétations
Il ressort donc des expériences pratiquées en haute montagne jusqu’à l'altitude 5.000 mètres, qu'aucune variation sensible par rapport aux valeurs observées en plaine ne s’observe dans les temps de réactions psychomotrices, qu’elles soient simples ou « de discrimination ».
Nous devons toutefois remarquer que nos sujets et nous-même dans nos observations étions en condition physique parfaite et que nous ne pouvons être fondé à généraliser nos conclusions.
En effet, au cours de nos expériences, nous avons effectué sur un de nos camarades en état de dépression nerveuse et physique passagère, des mesures qu'étant donné les circonstances, nous avions consigné sur un certain cahier.
Dans les nombreuses vicissitudes dont furent l’objet nos bagages, la caisse qui contenait ce cahier fut détruite ou égarée. Les chiffres sont donc perdus cependant, nous pouvons indiquer que les réactions étaient très modifiées, et que l’on notait des réponses à la fois très lentes (plus de 30/100 pour les réactions simples) et très irrégulières.
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Il serait évidemment très intéressant de disposer de sujets tarés ou débilités et d’étudier les variations de leurs réactions. Malheureusement pour nos successeurs dans cet ordre de recherches, ne croyons pas qu’une expédition en Himalaya soit appelée à comprendre parmi ses membres de pareils « sujets ».
Nous dirons donc que chez des sujets sains et en bonne condition physique, nous n’avons observé aucune modification des réactions psychomotrices jusqu’à 5.000 mètres.
Au contraire, nous avons pu obtenir expérimentalement des modifications dans les réactions en soumettant ces mêmes sujets à des changements rapides d’altitude, soit dans le caisson à dépression, soit en utilisant l’inhalation d’un mélange correspondant à celui que l’on trouve à l’altitude étudiée.
La preuve que les troubles dans les réactions ne pouvaient être imputés qu’à l’abaissement de la tension partielle de l’oxygène dans l’air inspiré, nous a été apportée par la constance des temps de réactions aux différentes pressions lorsque nos sujets étaient munis d’inhalateurs d'oxygène.
Voici un tableau résumant les moyennes obtenues au cours de nos expériences. Nous avons voulu demander à l'étude des écarts moyens des indications supplémentaires.
Nous rappelons que l'écart moyen est la moyenne des écarts existant entre la moyenne arithmétique et chacune des valeurs absolues ayant servi à établir cette moyenne.
Il constitue
BE
l'indice de
régularité, alors que la
moyenne arithmétique constitue l'indice de rapidité.