ET MALFORMATIONS DES APOPHYSES ARTICULAIRES
1°) Type plat. — L'articulation pourvue de facettes plates des deux côtés est moins résistante que si elle élait constituée avec deux facettes en croissant. En effet, seuls la capsule et les ligaments s'opposent à l’écartement en arrière des apophyses lombaires.
Par contre, les mouvements latéraux sont facilités par cette disposition, les glissements verticaux des facettes lombaires sur les sacrées pouvant avoir une amplitude relativement étendue et l'effet produit par l’abaissement de l’une s’augmentant de l'élévation concomitante de l’autre.
2°) Type en croissant. — Deux facettes sacrées en croissant où viennent s’emboîter deux facettes lombaires semi-cylindriques forment un joint plus solide. Les tiraillements ligamenteux dans les sens antéro-postérieur et latéraux sont évités par la résistance d’un plan osseux où les apophyses lombaires sont comme cramponnées.
3°) Disposition mixte. -— Cette disposition, avec une facette plane d’un côté et une en croissant de l’autre, donne des résultats défectueux. Dans les mouvements de bascule latérale, l'articulation . en
Lea
croissant, plus résistante, sera le siège d’un glissement bien plus réduit que l'articulation plane. Celleci est donc tiraillée, surtout dans les mouvements d'inclinaison du tronc du côté opposé (Goldthwait). 4°) Apophyses plus courtes ou dorsalisées. — Ces deux déformations ont les mêmes fâcheuses conséquences. Nous avons vu que normalement ces apophyses ne permettent pas, même dans les mouvements de flexion accentuée du tronc en avant, le glissement en avant de la V° lombaire. Des apophyses plus courtes ou dorsalisées peuvent le permettre. Ce fait, qui est évident pour des apophyses plus courtes, le devient pour des apophyses dorsalisées lorsqu'on étudie les mouvements sur le squelette. On constate alors que la dorsalisation des apophyses articulaires favorise particulièrement leur luxation unilatérale. Si le mouvement de flexion se fait directement en avant, l'inconvénient n’est pas grand, car il ne peut y avoir de luxalion bilatérale des apophyses articulaires, et le glissement plus prononcé de la vertèbre laisse néanmoins subsister un canal rachidien suffisant pour qu'il n'y ail pas compression de la queue de cheval.
Mais, si, en même temps qu’une flexion prononcée en avant, survient une brusque inclinaison latérale à la suite d’un effort ou d’un traumatisme, il peut y avoir luxation d’une apophyse lombaire qui vient’ obstruer partiellement le canal sacré (schéma n° 6). L'apophyse lombaire, ayant passé par-dessus l’apophyse sacrée, y reste accrochée. Le rétrécissement peut être tel qu’il produise une compression de la
queue, de cheval et, par suite, une paraplégie brusque, dont un cas est relaté dans une observation de Goldthwait.
Rôle ‘du disque intervertébral. — Goldthwait admet aussi que le disque intervertébral peut se luxer et: comprimer la queue de cheval par sa propulsion en arrière. Comme la plupart des anato-, mistes soutiennent que l'union du disque et du corps vertébral est trop intime pour permettre cette luxalion, et qu'un mouvement assez violent pour la produire causerait plutôt un arrachement des parties osseuses adjacentes, nous nous contentons de citer l'opinion de Goldthwaïit sans la partager Au reste, nous ne croyons pas qu'aucune observation probante du fait ait été fournie par cet auteur. « Le disque intervertébral peut se luxer et comprimer la queue de cheval par sa propulsion en arrière. La structure du disque montre que le glissement peut être progressif él se faire en un ou deux jours, de sorte que la paralysie peut être progressive. Pour le traitement de cette paralysie, ne pas essayer de remettre les os en place, ce qui est impossible. On ne peut agrandir le canal rachidien qu’en enlevant l’arc postérieur de la V° lombaire. » (Goldthwait).
Nous ferons remarquer que la forme du disque, taillé en coin à base antérieure, semble elle-même s'opposer à ce glissement en arrière. |