CHAPITRE II
Description anatomique des variations et malformations intéressant l'articulation lombo-sacrée
D'après le titre de ce chapitre et notre introduclion, on voit que nombre de malformations de la V° vertèbre lombaire n’entrent pas dans notre sujet. Nous n'avons pas à parler de la spondyloschise, non plus qu'à décrire les anomalies qui sont des curiosités anatomiques sans conséquences fonctionnelles. Telles sont les vertèbres où Le Double signale la présence, soit d’un trou transversaire, soit d’un trou. rétrotransversaire, soil d'un trou styloposizygapophysaire.
Les variations de forme et de dimension du corps de la V° lombaire, en modifiant l’angle sacro-vertébral, changent l'inclinaison de l'articulation. Chez les Européens, le corps est, ainsi que nous l’avons décrit, taillé en coin à base antérieure. Chez les Iindous, Müsulmans, la hauteur en arrière peut
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égaler et même dépasser la hauteur en avant. Le Double explique cette anomalie par l'attitude habiltuelle de ces peuples : assis, les jambes croisées, sur les talons, ils inclinent le corps en avant au lieu de le reporter en arrière comme les Européens. D'où la V° lombaire est surtout comprimée de haut en bas et en avant, au lieu de l’être de haut en bas et en arrière.
Mais ces variations ethniques n’ont qu’un intérêt spéculatif et nous ne nous y arrêlerons pas.
Parmi les malformations que nous allons décrire, les unes retentissent indirectement sur l'articulation sacro-lombaire. Ce sont surtout la sacralisation à ses divers degrés, accessoirement les variations des ailerons sacrés et des os iliaques, la dislocation ou la soudure sacro-iliaque. Les autres troublent l’articulation directement, ce sont les variations et anomalies des apophyses articulaires sacrées ou lombaires.
- Nous les étudierons successivement dans ce chapitre. Dans le chapitre suivant, nous examinerons les nouvelles conditions fonctionnelles créées par ces anomalies, puis leur retentissement patholo-
gique.
A. — VARIATIONS ET ANOMALIES DES APOPHYSES TRANSVERSES DE LA V° LOMBAIRE. — SACRALISATION ET SES DEGRÉS. É La sacralisation est rangée par Le Double parmi
les « variations pathologiques de connexion », par
Putti dans son quatrième groupe des malformations
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congénitales du rachis, « l’hétéromorphisme régional ». Le Double la définit aimsi :
«A l'extrémité inférieure du rachis comme l’extrémité supérieure, les vertèbres ont une tendance à se fusionner entre elles. De miême que l’atlas se soude parfois complètement ou incomplètement à l'occipital, Ja V° lombaire s’unit parfois, totalement ou partiellement, à la première vertèbre sacrée, voire même à l'os iliaque. Et, de même que loccipitalisation partielle de l’atlas est moins rare que l'occipitalisation totale, la sacralisation partielle de la V° lombaire est moins exceptionnelle que la sacra-
lisation totale. »
Tous les anatomistes, Kolmann, Cuningham, Topinard, Valenti, Havelock, étc., ont distingué divers degrés dans les transformations de la V° lombaire aboutissant à sa fusion avec le sacrum. Le Double les réduit à six et les définit de la façon suivante :
« 1°) La V° lombaire est une V*° lombaire parfaite, sauf en ce qui concerne chacune ou l’une ou l’autre de ses apophyses transverses, qui, augmentée de volume, affecte la forme d’une pyramide aplatie de haut en bas, dirigée de dedans en dehors ou un peu d’avant en arrière, el dont la base se continue avec le cen- Lrum, et le sommet, libre, est très rapproché de l’aileron sacré sous-jacent.
2°) La V° lombaire a gardé encore tous ses attributs, excepté en ce qui concerne chacune ou l’une ou l'autre de ses apophyses transverses qui est un
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peu plus grosse que d'ordinaire et présente, à son extrémité distale, un renflement, lisse ou rugueux, de configuration variable, qui arrive presque au contact de l'aileron correspondant du sacrum.
3°) La V° jombaire est encore normale, à part chacune ou l’une ou l’autre de ses apophyses transverses, qui est un peu plus forte que d'habitude, et offre, à son bout périphérique ou dans le voisinage, une excroissance, lisse ou rugueuse, dont la face inférieure possède une facette articulée avec une lacette analogue située sur laileron contigu du sacrum, Où une surface rugueuse en rapport avec une surface rugueuse identique située sur l’aileron contigu du sacrum ; de sorte qu'on constate, d’un seul côté ou des deux côtés, un trou de conjugaison supplémentaire. 7 | É
Dans le second comme dans le troisième degré, il peut advenir, rarement, que le bout périphérique des apophyses transverses, en rapport avec l’aileron voisin du sacrum, s'accole en outre à l'os iliaque adjacent au moyen d’une surface hérissée de mamelons et d’aspérités.
4°) Une des apophyses transverses et la partie du centrum dont elle émane, très hypertrophiées l’une et l’autre, commencent à ne former ou ne forment qu’une seule masse. L’apophyse transverse est articulée par une facelle ou une surface rugueuse à la fois avec l’aileron du sacrum et los iliaque du même côté. HE existe un trou de conjugaison surnuméraire de forme ovale, plus grand que les trous sacrés et situé dans un plan différent, |
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5°) La disposition est la même que dans le quatrième degré, mais elle est bilatérale. |
6°) La V° lombaire est entièrement unie au SaCrum. »
JL n'y à pas à revenir sur cette description très précise. Les dewrés avec soudure complète, surtout si la soudure est bilatérale, sont peu intéressants pour nous. Dans les cas, bien plus fréquents, où la soudure n'existe pas, il peut se former une bourse séreuse. Une pièce disséquée a été présentée par Goldthwait au congrès de Cincinnatti en r912. Elle montrait une bourse complète en ce point des deux côtés.
À un degré plus prononcé, il existe une véritable articulation supplémentaire. Le professeur américain Th. Dwight (x) lui a donné le nom d’articulalion transvêrse lombo-sacrée. Elle est uni ou bilatérale et peut porter en outre sur l’ilion.
On doit: remarquer que lélargissement des apophyses transverses se fait dans le sens des ligaments lombo-sacrés et lombo-iliaques, de sorte que l'apophyse prend la forme d’une queue de poisson (Goldthwait).
Nous verrons au chapitre suivant les conséquences d'une telle disposition.
. @) Th. Dwicnr, cité par GoLnrawarT., — Jn loc. cit.