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quées entre deux expériences successives. C’est ainsi qu’un
chien, susceptible, pour une minime dose d’iode, de présenter une leucopénie relativement considérable, 3, 4, 5.000 éléments,
le lendemain, pour des conditions d’expérience identiques, peut ne faire qu’une réaction faible, quoique positive, de 1.200, 1.300 éléments. Ce fait, intéressant à signaler, montre que de multiples facteurs sont susceptibles d'intervenir pour modifier la
réaction; on s'explique dès lors la variabilité qui s’observe dans
le cas de la leucocytose digestive, phénomène plus complexe, puisque déterminé par l’ingestion de substances qui ne cons-
tituent pas un réactif simple, toujours identique à lui-même,
comme l'iode.
Nous avons, avec l’essence de térébenthine utilisée comme substance chimiotactique positive, fait des expériences de même ordre.
La plupart de nos recherches ont été faites sur le nourrisson. En tout, nous fimes 15 expérimentations, en faisant varier Îles doses de térébenthine ingérées.
Voici ci-contre le prototype d’une expérience de ce genre :
Nourrisson masculin, 8 kilos, pien portant. — Jeûne préslable de 12 heures.
Nombre des leucocytes avant l’ingestion : 11.400.
Ingestion. — Eau, 50 grammes.
Saccharose, 5 grammes (1).
Essence de térébenthine, V gouttes.
(Compte-gouttes normal.)
20 minutes après ingestion........ 10.100 30 = — APR E 9.800 MR — Nesle 9.200 60 DS — PRÈS 10.600 80 re — SR 11.950 120 — — ARS 11.200
Si on observe le tableau qui précède, on remarque que l'essence de térébenthine, ingérée à la dose de V gouttes, déter-
(4) Des expériences préliminaires ont montré que le saccharose à cette dose n’a pas d'action sur le taux leucocytaire.
mine, tout comme l’iode, l’apparition d’une phase leucopénique;
e mais plusieurs caractères la distinguent de celle qui survient à __ la suite de l’ingestion d’iode : elle est moins importante, survient de façon moins précoce, son maximum a lieu, en effet, environ 40 minutes après l’ingestion, alors qu'avec l’iode, il était atteint au bout de 20 minutes, ce qui s’explique par le fait : re que cette substance s’absorbe moins vite et moins complètement. x D'autre part, aux doses restreintes que nous avons tenu à ne pas dépasser, en ingestion chez de tout jeunes enfants, ce n’est que dans de très rares cas, trois fois sur 14 expérimentations, que nous avons vu apparaître tardivement une phase d’hyperleucocytose. Ceci est très différent de ce qu’on obtient avec l’iode; on pourrait penser que ce défaut d’hyperleucocytose est dû à des doses trop faibles; cependant, avec l’iode, les doses | trop faibles pour provoquer de la leucopénie provoquent une hyperleucocytose précoce.
Ainsi, l'essence de térébenthine, substance à pouvoir chimiotactique positif très intense, fait bien connu, utilisé dans la formation des abcès de fixation, exerce sur l'apparition de la leucopénie une action moins puissante que l’iode : cela peut être 4 dû à ce que son action chimiotactique est moindre, mais aussi à des conditions relatives à son absorption.
On pourrait faire entrer dans ce même cadre expérimental les expériences, que nous avons poursuivies et que nous exposerons plus loin, sur l’ingestion de peptone. En effet, la peptone exerce un chimiotropisme positif considérable, et ainsi qu’on le verra, produit, comme nous le supposons, de ce fait, une leucopénie importante, par son ingestion.
Nous avons tenu à effectuer une expérience de même crdre en utilisant une substance dont le pouvoir chimiotactique négatif a été reconnu. On est assez limité dans le choix de ces corps susceptibles d’être donnés en ingestion à des nourrissons, Car ils sont souvent toxiques. Nous avons choisi l’acide lactique. Il a été donné à une dose relativement élevée : 1 gramme d’acide lactique dans 50 grammes d’eau, ce qui constitue une solution à deux pour cent. Cette expérience a été renouvelée cinq fois sur des nourrissons différents. Les variations leucocytaires observées ont été de l’ordre de celles qui se produisent sponta- 4 nément, en dehors de la digestion, Dans aucun cas il n'y eut
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de leucopénie, ni d'hyperleucocytose. Ce fait est tout particulièrement intéressant à enregistrer. ee
Tels sont les résultats expérimentaux auxquels ont abouti notre première série de recherches.
Ils comportent plusieurs conclusions intéressantes, d’ailleurs énoncées déjà pour la plupart au cours de cet exposé. Envisa-
geons les rapidement.
Si la leucopénie digestive, qu’ on constate dans le sang péri phérique, est utnnée par un appel des leucoçytes vers le tube digestif, et que cet appel soit déterminé par la présence, dans la muqueuse ou dans les vaisseaux absorbants, d’une
points comparable, en faisant ingérer à un sujet des substances, pour lesquelles ses leucocytes ont une affinité de même ordre. Cette vue, purement théorique, s’est trouvée vérifiée et toutes les expériences ont montré que l'introduction, dans les voies digestives, d’un corps à chimiotactisme positif, est capable de déterminer de la leucopénie. :