‹ Variations quotidiennes de certaines albuminuriesChapitre 6 sur 23 · CRÉENT · texte numérisé non relu

CRÉENT

signature de W. Dubreuilh. P. Marie consacre un article très original à cette albuminurie cyclique dans la Semaine medicale du 5 février 1896. Nous avons encore pü consulter à ce sujet la thèse de Bertrand (Paris, 1890, les Albuminuries intermitllentes non cycliques), la thèse de Finot (Lyon 1894), les derniers travaux du professeur Teissier (Semaine médicale, 1898-1899, 20 décembre), etc., etc.

Tout d’abord quelques cliniciens remarquérent que l'urine de certains malades ne renfermaient de l’albumine qu'à des heures précises, en dehors desquelles on n’en rencontrait pas la moindre trace. Considéré à cette époque comme une bizarrerie, ce fait fut confirmé par des observations suffisamment nombreuses pour qu'on en puisse faire une entité morbide spéciale.

Il s'agit « d’une albumine qui se montre par intervalles chez des sujets présentant tous les attributs d’une bonne santé apparente. L’albumine disparait bien des urines pendant la nuit, mais on la retrouve, en plus ou moins grande quantité, dans leliquide urinaire excrèté pendant le jour, soit avant, soit après le repas de midi, souvent aussi à la suite d'un exercice musculaire violent. »

Dans un certain nombre de cas, le sujet rend à la fin de Ja nuit une urine claire, abondante et dépourvue d’albumine ; il se lève, et, dès cet instant précis, l’albumine apparaît, augmente durant toute la journée, pour diminuer le soir et faire complètement défaut au moment du coucher vers huit ou dix heures. Le lendemain et les jours suivants, même phénomène, même évolution.

Si on observe de près, on remarque que le premier repas a été le signal de la présence de l'albumine dans l'urine : on serait alors tenté d'imputer à l'alimentation l'apparition

fe

de ce nuage. Mais il disparaît après le diner, et cette disposition prouve que le repas n’est pas le seul coupable à incriminer.

Des expériences furent tentées. — Dans une communication à la Société de biologie (mai 1893), MM. Bouchard et Charrin ont signalé l'influence bienfaisante du séjour au lit sur cet état pathologique. I1 empêcherait l'apparition de l’albumine pendant le jour, tandis que la station debout la ferait reparaître la nuit.

Que conclure ? Que le mouvement est la cause du mal ?

Cette conclusion contient, à coup sûr, une part de vérité; mais des expériences très probantes de P. Marie, reprises plus récemment par le Dr Gillet, sont venues démontrer qu’on ne saurait admettre une cause unique.

Deux influences Semblent agir sur l'albuminurie intermittente avec une égale constance, mais en sens inverse. — Une influence positive paraît sous la dépendance de la station verticale, encore plus de la marche, surtout avec ascension. Dans la marche, l'effort musculaire n’est pas seul à jouer un rôle. Le Dr Gillet, après avoir soumis ses petits malades à des exercices de gymnastique au lit, conclut, comme Marie, que l’on peut, le sujet restant couché sur le dos, lui faire exécuter toute une série de mouvements, plus exagérés que ceux de la marche, sans que l’albumine fasse son apparition. Il y a donc dans ce phénomêne autre chose que la contraction musculaire.

On a qualifié ces albuminuries de eycliques. Et, de fait, la tendance à se reproduire à heures fixes est incontestable.

I y a divers types : chez certains malades, dans la même journée, on a deux courbes dans la manifestation de l'albumine, et chacune à la fois ascendante et descendante,

Dons

la première dans la matinée, la seconde le soir; d’autres n'en présentent qu’une le matin ou l'après-midi; il en est aussi chez qui la courbe n’est point quotidienne. Dans ce troisième type, l’albumine fait défaut certain jour pour reparaitre ensuite, sans qu'on puisse en donner aucune explication. Dans maintes observations, elle diminue à un moment de la journée, puis disparait, et cela que le sujet reste debout, assis ou qu'il marche. À certaines heures, l'influence de la station verticale, qui devrait être positive, n’a plus d'action.

Le fait à opposer à la station debout, d'autant plus important qu’on le constate presque toujours, est le résultat du décubitus dorsal sur l’albuminurie. Tant qu'on tient le sujet au lit, il n’a pas d’albumine ; si on le fait s’aliter un peu avant le moment présumé de sa crise albuminurique, celle-ci n’a pas lieu, du moins durant quelques jours ; peu après elle reparaït à une heure différente.

Nous ne donnerons pas plus de détails, car notre thèse ne porte pas sur une étude complète de ce processus.

Les points qui nous intéressent particulièrement visent {es explications de ces intermittences, d'autant plus que l'étude des cas qui nous Sont personnels ne nous porte pas à admettre, tout au moins pleinement, ces différentes explications (1).

(1) Dans ce chapitre, nous avons fait des emprunts multiples aux publications de MM. les D'S Arnozan et Gillet : le premicr, de son rapport sur le pronostic des albuminuries au Congrès de Nancy, 1896 ; le second, dans ses publications de janvier, février, mars 1900, dans les Annales de Polyclinique.

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