AN
En second lieu, si l’on consulte les proportions fixées par Frédéricq (1) en matière d'absorption de l'oxygène, on voit aussi que ces proportions augmentent soit vers 10 heures du matin, soit à 3 ou 4 heures de l'après-midi, principalement sous l'influence des repas, qui, dans les observations de Frédéricq, et comme ils le sont souvent, étaient fixés l'un à 8 heures, l’autre à midi (2).
En troisième lieu, quand, avec Ch. Richet, on dresse la courbe quotidienne de la température de l'urine, on arrive encore à enregistrer un maximum le plus fréquemment aux environs de 4 heures.
En quatrième lieu, la recherche de la toxicité urinaire nous à montré (3) que cette toxicité était plus accentuée quand on injecte l'urine de la journée comparativement à celle de la nuit. (Obs. I, IT, IV, V). Il est vrai qu'on peut changer l'heure des repas, mais ordinairement les heures que nous venons d'indiquer sont celles que l’on choisit ; du reste en opérant ces changements, on ferait également varier l'instant des maxima des albuminuries. C’est ainsi que, pour les obs. I et IT, il fallait 18.93 et 24.4 cent. cubes de cette urine de la journée pour tuer un kilogramme de matière vivante, et 75.26 et 94.4 cent. cubes de ces urines de la nuit pour tuer ce même kilogramme.
De son côté, l'étude cryoscopique de ces sécrétions
(1) Frédériceq : Température des animauæ à sang chaud. (Arch. de biologie, 1883, page 731.)
(2) H importe, en pareille matière, de noter les quantités de boissons ingérées, car une urine émise après les repas se révèle parfois peu toxi-
que, surtout lorsqu'elle provient d'individus ayant pour ainsi dire dilué les poisons organiques en abscrbant de fortes quantités de liquide.
(3) Expériences de Charrin.
LPS
révèle un abaissement notable du point de congélation pour la partie émise à l’état de veille.
ObS AT MATE TE VOUS OR EN). 08 Après déjeuner . == EME 1:70 AVAL UNE ue it el 10) ADréS NET ent sal 40 Avant Hit. SRE LA Obs. IT. 1'Avanñt diner du soir, =" MS
Ces différences indiquent nettement une richesse moléculaire infiniment plus prononcée dans les sécrétions du jour que dans celles de la nuit,c'est-à-dire une désassimilitation et une élimination plus actives.
Nous n'avons pas à discuter ici la part qui peut revenir dans l'interprétation des accidents toxiques provoqués par l'injection de l'urine aux poisons proprement dits de ce liquide ou à ses propriétés anisotoniques. Néanmoins nous pouvons dire que ces urines de la journée provoquaient un myosis intense, rapide, des convulsions plus marquées, quelquefois du nystagmus, etc., désordres qui sont à coup sur la conséquence de l'introduction de substances toxiques dans le courant sanguin ; les variations de l’isotonicité ne sauraient à aucun titre les engendrer.
Il est d’ailleurs bien simple d'établir que ce défaut d'isotonicité, pour réelle que soit son influence, ne saurait suffire à tout expliquer. Si en effet (1) on décolore sur le charbon une urine assez chargée en pigments, comme celle de G..., obs. III, on diminue d’un quart, parfois de moitié, la toxicité ; pourtant le point de congélation est à peine changé ; il passe par exemple de — 1.39 à — 1.34: Cette
(1) Bouchard et Charrin.
toxicité varie donc dans des proportions notables, nullement parallèles aux fluctuations de la richesse molléculaire.
A ces influences de l'alimentation, on peut ajouter les excitations attribuables à la lumière, à la température extérieure, aux occupations psychiques où physiques, qui correspondent à ces élévations de consommation d'oxygène et d'élimination d'albumine.
Toutes ces considérations tendent à montrer qu'il existe des rapports entre l'élimination de l’albumine et l’activité organique appréciée à l’aide de la température centrale où périphérique, à l’aide de la température de l'urine, comme aussi grace à l'oxygène utilisé ou à la toxicité urinaire. Il n’est peut-être pas sans intérêt de constater qu’assez souvent les oscillations des courbes de cette température, de cette consommation en oxygène et de cette toxicité se superposent sensiblement, sans qu’il y ait toutefois rien d’absolu, aux variations de ces éliminationsde l’albumine(1).
Dans ces conditions, il est peut-être possible d'admettre que, pour sa part, le rein fonctionne plus activement, * entrainant au dehors une plus grande proportion des divers éléments qu'il doit soustraire au sang, en particulier de l’albumine ; du reste l'étude de cette albuminurie met en lumière l'accroissement de cette soustraction.
On peut encore faire valoir en faveur de cette hyperactivité du fonctionnement rénal, les modifications enregistrées au point de vue de la pression artérielle. — Il est permis de considérer le rein comme un filtre ou une glande ; ces deux manières de voir sont exactes suivant qu'on envisage le glo-
(1) Charrin : Lec. du cours de méd, du Collège de France ; inéd : 1900.
mérule ou les tubuli (1). Dans les glomérules, en effet, l’enroulement vasculaire augmente la surface de filtration ; le système porte, constitué par le double réseau de capillaires placés avant et après ce glomérule, élève la pression, tend à ralentir la vitesse; la capsule de Bowmann forme en quelque sorte la membrane collective des produits filtrés : en un mot, ce dispositif semble constitué pour réaliser un parfait appareil de filtration. D'autre part, la structure de l’épithélium des tubes contournés rappelle absolument celle des cellules glandulaires les plus caractéristiques ; l’apparition dans cet épithélium d’une série de granulations à la suite d’un fonctionnement notable, son hypertrophie quand il y a surmenage comme dans le diabète sucré, qui impose une suractivité nécessitée par la réalisation d’une sécrétion abondante et riche en matières solides, les expériences d’une série d'auteurs mettent en évidence la sélection à ce niveau de différentes substances (urée, idigo, etc.), toutes ces données sont bien de nature à faire voir là une véritable glande, dont les tubes de Henlé constituent les canaux excréteurs.
Or, qu’il s'agisse d’un filtre ou d’une glande, chacun sait l'influence des oscillations dans les vitesses ou les pressions. Pour le rein, en particulier, si Runberg (2) a prétendu que l’'albumine filtre mieux sous une faible que sous une forte pression, Heidenheim (3), Bamberger (4), Gottwald (5), soutiennent une conception opposée.
(1) Charrin : Leçons de pathogénie appliquée et Leçons sur les maladies du rein. — Semaine médicale, 1893.
(2) Runberg. — Zeitschrift für Physich und Chemie, 1882, bd. 6.
(3) Heidenheim.—Central Blatt für Médicinischonschaft, 1888, p.165.
(4) Bamberger. — Wiener Blatt Vorh, 1882, page 199,
(5) Gottwald. — Zeitschrift für Physich und Chemie, 1880, bd. 4, page 623.
Ces considérations formulées, si on veut bien parcourir nos observations, on verra que l'accroissement de la pression accompagne assez fréquemment l'élimination de l’albumine (1).
D'un autre côté; Morat et Doyon, dans leur Traité de Physiologie en cours de publication, admettent avec Bowmann et Nussbaum que c’est au niveau du glomérule que s'opère cette filtration de l’albumine.
Il y à plus. — Posner, Litten, Heïidenheim, Talamon, pensent que, pour un même temps et avec des vitesses différentes, la quantité d’albumine augmente avec la rapidité d'écoulement. Or, il y a lieu de remarquer que, après les repas, à l'heure où l'on constate les maxima dans nos observations, il n'est pas rare de voir le cœur battre plus fréquemment. On pourrait même noter qu'au moment où se produit en plus grande quantité la filtration de l’albumine, sous l'influence de la suractivité des tissus, la constitution des humeurs subit des détériorations plus ou moins prononcées. Par suite, théoriquement tout au moins, il y a là un facteur nouveau propre à faire comprendre cette albuminurie, puisqu'on sait que cette constitution humorale influence la dialyse.
Ainsi, en dehors des données (élévation thermique, accroissement de l'oxygène consommé, augmentation de la température et de la toxicité de l’urine), qui prouvent que fréquemment il existe d'indéniables relations entre ces poussées d’albuminurie eb ces maxima d'activité organique, on constate d'autres modifications (augmentation de la
(1) Cette pression a été mesurée au moyen du sphygmomanomètre de Basch-Potain; elle à été prise le plus souvent avec le même instrument et par les mêmes personnes,
RDA
pression, modifications humorales), qui permettent de soutenir que ces albuminuries sont également en relation avec des changements apportés dans le fonctionnement particulier du rein.
11 est bien évident que des démonstrations plus rigoureuses sont nécessaires pour serrer de plus près la question et établir le bien fondé des considérations que nous venons de développer.