‹ Variations quotidiennes des tensions artérielle et artério-capillaireChapitre 11 sur 49 · APPAREILS SERVANT A MESURER LA TENSION · texte numérisé non relu

APPAREILS SERVANT A MESURER LA TENSION

Nous ferons tout d'abord remarquer que c'est seulement par des procédés indirects, à l'aide d'appareils plus ou moins compliqués, que la tension sanguine peut ètre mesurée.

Aisée chez les animaux à l’aide de canules introduites dans l'artère sectionnée, son estimation directe na pu être faite chez l’homme qu'accidentellement dans un nombre très limité de cas. Ces ainsi que FarvrE trouve, au cours de deux amputations des tensions de 120 millimères ‘chez un malade, de 110 millimètres chez un autre : ALBERT constate dans la Ubiale antérieure une pression de 160 millimètres et Kune WieGaNpT, une pression de 150 millimètres chez une femme à laquelle ou avait fait une saignée en seclionnant la radiale pour cause d’urémie. .

Mais ces mesures furent faites dans des conditions très particulières qui ne restèrent probablement pas sans in-

‘fluence sur le résultat obtenu.

oi

Un point doit d’abord être fixé : est-il possible d’apprécier par le doigt le degré de tension artérielle ? Scientifiquement ce procédé doit être absolument écarté ; pratiquement, s'il est généralement possible de reconnaitre à ses caractères spéciaux le pouls d’un hypertendu, il est généralement impossible d'apprécier exactement la tension. Nous avons pu constater par nous-même, et en interrogeant d'autres observateurs, des erreurs d'appréciation, telles qu'il nous semble difficile d'accorder au palper parle doigt une valeur même approximative.

Janeway insiste particulièrement sur ce point. « Notre sens musculaire nous trompe, dit-il, n’apprécie que la force totale exercée, et non la force par unité de surface : ainsi une grosse artère, aorte, carotide, semble battre à une pression toujours plus forte que la radiale ou la temporale, alors que la pression y est en réalité sensiblement identique; et nous ne pouvons apprécier exactement la tension artérielle, pourtant énorme dans le pouls € en fil de fer » de l’artério-sclérose confirmée. »

Il est donc nécessaire d’avoir recours, à une instrumentation plus ou moins compliquée, qui malgré les perfectionnements apportés d'année en année, est encore incapable d'assurer une mesure exacte.

« Le meilleur des sphygmomanomètres ne vaul rien, » assure notre maître M. HucnarD, qui préfère s'appuyer, pour apprécier l'hypertension, sur l’auscultation du cœur, et l'examen de la stabilité du pouls.

Dans le cas d'hypertension, il y a retentissement du

ADS et

second bruit aortique en « coup de marteau » qu'il ne faut pas confondre avec le bruit clangoreux, le bruit de gong, que peut revêtir le deuxième bruit aortique. « Il est nécessaire de distinguer cliniquement ces deux bruits : le simple retentissement diastolique et le bruit clangoreux de l’aorte. Le premier signifie élévation de la tension artérielle ; le second, dilatation de l'aorte avec ou sans hypertension artérielle. Celui-là consiste seulement dans l’augmentation d'intensité du second bruit, devenu plus éclatant ; celui-ci est Le résultat d’un changement de timbre du même bruit qui devient métallique, prolongé, sous forme d’un écho lointain et progressivement affaibli.

« Le retentissement diastolique reste bien localisé, il ne s'étend pas au-delà des limites presque normales de l'aorte ; le bruit clangoreux occupe une plus grande étendue, il s'entend souvent au-dessus, au-dessous, ou en dehors de la région aortique. Cette distinction est importante, parce que dans le cas où l'hypertension s’accuse et persiste pendant un temps plus ou moins long, on peut assister à la transformation du retentissement diastolique en bruit clangoreux et d'un bruit clangoreux en souffle diastolique. Sous l'influence de l'hypertension vasculaire, l’élasticité de l'aorte finit par être vaincue ; alors le vaisseau se dilate, ce que l’on constate par l'apparition du bruitclangoreux. » (HUcHARD.)

Mais si le retentissement diastolique aortique en coup de marteau et la stabilité du pouls sont de bons signes

pour reconnaitre l’existence d’une tension artérielle élevée,

ils ne permettent pas de mesurer même approximativement le degré de cette hypertension. Cette mesure, les sphygmomètres seuls peuvent la donüer.

Plusieurs procédés furent employés pour apprécier la tension artérielle :

a) Les procédés sphygmographiques, employés par Vie- RORDT, BÉHIER, PHILADELPHIEN, LEVASCHEFF ; ils présentent cet inconvénient, d'appuyer sur l'artère à l’aide d’un bloc rigide, et de ne pas apprécier la pression par unité de surface.

b) Appareils divers basés sur la prise de la tension par pressions sur l'artère à l'aide d'un bloc solide, et qui soulèvent ainsi la même objection que les précédents : appareils de WazDENBURG (1877), de BLocH-VERDIN-CHÉRON, de HoorweL (1889), et de FREY.

1° Appareils de Bascx, 1876, qui le premier, donna la mesure de la pression par unité de surface.

2° Appareil de PoTaIx.

c) Appareils ererçant une pression sur l'artère au moyen d'un milieu fluide.

d) Appareils enregistrant la pression à l'aide de l'appréciation de la pulsation maxima.

1° Appareil de MarEY, excellent appareil de laboratoire, inutilisable en clinique.

2 Appareil de Mosso, justiciable de la même critique.

3° Hémodynamomètre d'OLLIVER (1897), appareil sim-

ple, mais présentant deux défauts : 4) même application

TG 2m

défectueuse des appareils de Porarx et de Bascu : D) manomètre à mercure se déréglant fréquemment.

4) Sphygmomèlre de poche de Hizc et BarNaRD, 1878, qui n’a guère plus de valeur que l'appréciation digitale de la tension.

e) Appareils mesurant la pression sanguine par constatation de changements de couleur de la peau, dont le plus connu est le tonomètre de Gäertner.

[) Appareils employant une compression circulaire par liant:

1° Appareil de Riva-Roceï.

2° Appareil de Hill et Barnard.

3° Appareil de Enriquez et Hallion.

Une autre classification fort simple de tous les appareils peut ainsi être exposée :

a) Appareils servant à mesurer la tension artérielle.

b) Appareils servant à mesurer la tension artério-capillaire.

c) Appareils servant à mesurer la tension capillaire.

- On peul les diviser en deux catégories :

Ceux qui emploient le toucher comme moyen de contrôle, el ceux qui emploient la vue.

Ces derniers donnant naturellement des résultats plus

précis.

cest: NES

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