LE TEXTE
Le texte dnGaiide eia, comme il fallait s'}' attendre dans une prose de la première époque, est en clausiiles non point rimant, mais presque partout assonancées en a ', à l'instar de toutes les proses anténotkériennes, comme le Sultis aeterna -, le Regiiaiilcm ^, ou de certaines proses plus récentes , telle V/iwiolata, qui n'apparait pas avant le XI* siècle.
Le style de la pièce, et plus encore son objet, délimitent aisément l'époque à laquelle elle fut écrite. Elle ne saurait évidemment être postérieure au traité conclu, à Saint-Clair-sur-Epte, en 911, entre Rollon et Charles le Simple ; on ne peut la faire remonter au delà du temps où Amalaire mentionne les séquences, mais les séquences sans paroles, vers 825. Entre ces dates extrêmes, le milieu du ix' siècle où apparaissent les proses de Jumièges, adaptées aux séquences préexistantes, me paraît le temps où a pu naître plus aisément le Gaude eia, disons approximativement entre 835 et S(jo.
Voilà donc ce texte *, dont nous pouvons restituer les clausules grâce surtout à la musique plus ancienne su?- laquelle il a été composé :
Entrée: Gaude eya unica, — columba spcciosa,
Spoiisa superno — Res^i consociala.
Strophes : L — a) Bcata semper, Dei genilrix. pia Vii-go Maria :
b) Precamur,alma,precesexaudircdigneris ut nostras-' n. — a) Praeclara dies — nobis inslal " — quae temporum Affert ' orbita rerolula :
b) Haec solennitas — est aiiimae — feslii'itas Nostrae merito veneranda.
in. — a) Celebremus eam — lingua vociféra,
Décantantes laudes — Domino débitas ^ Voce clara.