PREAMBULE DU DÉCRET
11 est manifeste, d'après les saints Pères et les Conciles, que le chant et la musique doivent être uniquement employés dans les ollices divins pour célébrer plus solennellement les louanges de Dieu, pour exciter les fidèles à adorer la Majesté divine et pour élever leurs cœurs aux choses célestes. C'est pourquoi nous recommandons instamment à
1. In-i2, Janin, éditeurs, à Lyon, 191 1, pages S6 et ailleurs.
MM. les curés et desservants, ainsi qu'aux prêtres qui desservent des chapelles privées, de régler le chant, l'usage de l'orgue et des autres instruments dans les offices divins, de manière que ce but salutaire soit atteint ; de faire cesser et d'éviter tous les abus qui y sont contraires, ou qui répugnent d'une manière quelconque à la sainteté du culte divin. Ils doivent bien remarquer que leurs fonctions leur imposent l'obligation d'avoir soin que le saint sacrifice de la messe et les autres offices soient célébrés avec piété et avec décence, et que les chantres, les organistes et les musiciens s'acquittent de leur tâche comme il convient. Ils doivent surtout faire attention aux dispositions suivantes, qui sont presque toutes tirées des synodes et des décrets des souverains pontifes, notamment de la constitution de Benoît XIV en date du itj février 1749.
OBSERVATIONS
Le chant fut admis dans les offices divins dès la naissance du christianisme : l'usage s'en propagea et on y ajouta mêmela musique, lorsque l'Eglise eut acquis la liberté de donner au culte divin l'éclat et la pompe convenable ; mais le chant, aussi bien que la musique, y fut admis uniquement dans le but désigné par ce préambule du décret, savoir : pour célébrer plus solennellement les louanges de Dieu, pour exciter les fidèles à adorer la Majesté divine et pour élever leurs cœurs aux choses célestes. Les chantres et les musiciens doivent toujours avoir ce but en vue et y diriger tous leurs efforts. Puissent-ils si bien l'atteindre qu'ils parviennent à faire sur les fidèles l'impression que ressentit saint Augustin en entendant le chant de l'église de Milan ! Combien je versai de pleurs, ô mon Dieu, dit-il, far la forte émotion que je sentais lorsque j'entendais dans votre Église chanter des hymnes et des cantiques à votre louange 1 En même temps que ces sons touchants frappaient mes oreilles, votre vérité coulait par eux dans mon cœur, et elle excitait en moi les mouvements de la piété.