‹ Variations sur la musique d'égliseChapitre 35 sur 48 · ARTICLE L · texte numérisé non relu

ARTICLE L

Les hommes religieux entendent plus volontiers le chant plain et soutenu qu'on appelle jgre^oWt?», si on le chante avec décence et comme il convient ; et ce n'est pas sans raison qu'ils le préfèrent à celui qui est nommé harmonique ou musical. Nous désirons donc qu'on le conserve absolument dans les endroits où il est en usage, et qu'on le rétablisse, qu'on le cultive et qu'on le propage là où il a été aboli, surtout pendant le temps de l'Avent et du Carême, dans l'office des ténèbres de la semaine sainte, et dans tout l'office du vendredi saint, dans les messes des morts, et particulièrement dans les enterrements et les obsèques.

OBSERVATIONS

Pour se conformer à ce premier article du décret, MM. les curés doivent réunir dans chaque paroisse un nombre de chantres proportionné à l'étendue de l'église : sans cette condition le chant grégorien ne saurait être fait avec décence et comme il convient ; et pour cette raison les conseils de fabrique ne sauraient s'opposer aux dépenses qui peuvent en résulter. On obtiendra facilement de bonnes voix, si on

met les places au concours et qu'on y attache un traitement convenable. Les maîtres de chant ou les curés doivent, surtout au commencement, réunir souvent tous les chantres pour faire des répétitions générales. Ils doivent s'attacher à former, à cultiver les voix, à apprendre à chanter avec goût, et spécialement à observer avec beaucoup d'ensemble le rythme et la mesure propre au chant grégorien ;ils y donneront toutes les autres instructions nécessaires pour parvenir à une exécution convenable et décente. (Voyez l'art. IV et les observations.) Ils défendront sévèrement aux chantres d'harmoniser à leur manière l'œuvre si respectable de l'antiquité chrétienne, en improvisant une seconde, une troisième partie. L'organiste évitera également avec soin de blesser par son accompagnement la grave simplicité du chant grégorien. (Voyez l'art. VII et les observations.)

Il est à désirer que les éléments du plain-chant soient enseignés dans les écoles primaires. Les enfants qui se distinguent par leurs progrès et par leur bonne conduite trouveraient une douce récompense à être admis à chanter à l'église. Le rétablissement des anciennes maîtrises, où les enfants de chœur recevaient une instruction musicale complète, serait aussi d'une grande utilité pour le progrès du chant et de la musique sacrée. Mais c'est dans les collèges et surtout dans les grands et petits séminaires, que l'on doit propager le goût du chant grégorien par des exercices fréquents et bien dirigés, et par une exécution toujours soignée ; car c'est de ces établissements que doivent sortir ceux qui plus tard devront sous ce rapport diriger les autres, et prévenir les abus.

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