ARTICLE III
Les paroles qu'on chante doivent toujours s'accorder avec l'office, et elles doivent être tirées du Missel, du Bréviaire ou de l'Écriture sainte. On ne peut que très rarement faire usage de la langue vulgaire.
OBSERVATIONS
Rien n'est plus juste que cette disposition, puisqu'il serait inconvenant de chanter, par exemple, au jubé des cantiques en l'honneur de la sainte Vierge ou d'un saint, pendant que le prêtre est occupé à adorer le saint Sacrement ou à prier pour les morts.
Aussi plusieurs papes ont-ils pris des mesures pour empêcher qu'on ne chante des motets ou d'autres pièces étrangères à l'office qu'on célèbre. Innocent XII a fait publier un décret concernant la Messe et les Vêpres, dont voici les dispositions : Sa Sainteté défend absolument de chanter dans aucune église des motets ou d'autres compositions ; seulement elle permet à la Messe V Introït, le Graduel et l'Offertoire, et aux Vêpres les antiennes avant et après les psaumes, sans la moindre altération, de manière que les musiciens se conforment entièrement au chœur ; car, comme le chœur ne peut rien ajouter à l'office ou à la Messe, lamême défense existe pour les musiciens. Sa Sainteté permet néanmoins qu'à l'Élévation de la Messe et pendant l'exposition du très-saint Sacrement, on chante des motets tirés des hymnes de saint Thomas, ou des antiennes du Bréviaire, ou de la messe de la fête du très saint Sacrement, sans cependant rien changer aux paroles.
Quant au Salut, les chantres doivent prendre pour règle invariable de chanter des psaumes, des hymnes, des antiennes ou des motets qui correspondent à l'oraison qui doit les suivre, et ils ne doivent jamais se permettre de remplacer l'Ave Maria par une autre pièce de chant quelconque. Ce serait pécher grièvement contre les prescriptions de cet article, que d'exécuter au salut des oratorios, des cantiques ou d'autres motets qui n'ont pas de rapport au saint Sacrement, à la sainte Vierge ou aux saints dont on fait la commémoraison.