‹ Variations sur la musique d'égliseChapitre 36 sur 48 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Si l'on fait usage du chant musical, ]\IM. les curés auront soin qu'il soit grave, décent, suave et religieux, et ils veilleront à ce qu'on n'j' mêle point des airs profanes ou qui respirent la légèreté, ni des pièces bruj-antes, plus propres à dissiper qu'à nourrir et à exciter les affections pieuses.

OBSERVATIONS

Dès que dans toutes les paroisses on exécutera exactement les dispositions de l'art. I, la force même des choses fera disparaître de nos solennités un genre de musique qui a donné lieu aux abus indiqués par l'art. II. Le bon goût des musiciens instruits sera là-dessus d'accord avec les sentiments pieux des fidèles.

On ne doit jamais remplacer le plain-chant par la musique, sans avoir tous les éléments nécessaires pour que celle-ci puisse être, au moins relativement, digne de nos temples, autant par le caractère des compositions musicales que par les qualités de ceux qui doivent les exécuter. Il ne faut point dans le lieu saint scandaliser, affliger l'oreille des fidèles, pour plaire aux caprices d'un petit nombre d'amateurs peu éclairés.

Quant aux pièces mêmes, les maîtres de musique n'ignorent pas que peu de compositeurs, parmi les modernes surtout, ont atteint le but que l'Église s'est proposé en permettant la musique dans les offices divins. Elles sont certainement bien rares les pièces dont l'exécution élève le cœur des fidèles à la contemplation des choses célestes et les excite à prier. Sans parler de tant de compositions d'un ordre inférieur, qui n'ont aucun caractère, presque toutes les messes solennelles, presquetous les grands motets s'éloignent du but. Écrits dans ce qu'on appelle le style dramatique ou descriptif, et comme tels passant et repassant sans cesse d'une nuance à une autre, du tendre au terrible, du calme au bruyant, loin de nourrir la dévotion et d'entretenir le recueillement, ils deviennent un sujet continuel de distraction.

Les maîtres de musique qui ont à cœur de se montrer dignes de la confiance des

curés, et de la charge à laquelle ils sontélevés, doivent donc être sévères et prudents dans le choix des pièces, et avoir constamment en vue de bien remplir les intentions de l'Église ; ils doivent s'entourer à cet effet de toutes les lumières et de tous les conseils dont ils peuvent avoir besoin.

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