‹ Variations sur la musique d'égliseChapitre 43 sur 48 · ARTICLE IX · texte numérisé non relu

ARTICLE IX

MM. les curés auront soin que ceux qui sont admis à chanter, à toucher l'orgue ou à jouer des instruments dans les offices divins et surtout dans les processions, mènent une vie vraiment chrétienne, et s'acquittent de leur charge avec piété et avec décence. On n'admettra les personnes du sexe que dans les chapelles et les églises des religieuses.

Nous ordonnons aux curés et aux recteurs des églises et chapelles d'expliquer avec soin tout ce qui précède aux organistes et aux maîtres de chant et de musique, et de leur recommander d'avoir constamment devant les yeux le but que l'Eglise veut obtenir par le chant et la musique.

OBSERVATIONS

Un auteur dit avec raison au sujet de ce dernier article du décret qu'il lui paraît pltis qu'étrange de rencontrer aux jubés des exécutants et même des directeurs d'orchestre du théâtre. Comment est-il possible, ajoute-t-il, que ces personnes aient le goût sévère et pieux de ta musique religieuse, elles qui s'occupent habituellement delà musique légère et profane '!

Les sociétés d'harmonie laissent quelquefois beaucoup à désirer sous le rapport de la conduite de leurs membres, ou de la manière dont ils se comportent pendant les offices ou les processions. Dans ces cas, MM. les curés ne peuvent pas les y admettre, et ils doivent se contenter du chant ordinaire, à moins qu'ils ne préfèrent employer dans les processions des chœurs de chantres avec accompagnement d'instruments à vent, ou des choeurs de jeunes gens, auxquels ils auraient fait apprendre des hymnes, des cantiques ou d'autres chants d'ensemble, écrits en style religieux sur les paroles du Processionnel.

L'excellent règlement du cardinal Sterckx pour la musique sacrée ne produisit pas, dès le début, tout le fruit qu'on en pouvait espérer. Il fallait que, peu à peu, les idées transformassent les habitudes : quid leges sine moribus 7

L'histoire de cette longue restauration est connue : depuis trois quarts de siècle, en Belgique, en Allemagne, en France, la lutte contre la routine, contre les idées fausses en fait d'art religieux, les efforts pour la restauration du chant liturgique, tout cela aboutit à la belle floraison actuelle.

Parmi les divers travaux et études publiés pendant cette longue période, il est intéressant de mettre à part, malgré ses quelques faiblesses historiques, l'opuscule publié, en 1880, par M. Edmond Monnier, membre de la Société Saint-Jean ', sous

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